Et le grand gagnant est... l'environnement!

Et le vrai gagnant est... Vinci! Sans doute, il ne sera pas perdant, mais le vrai gagnant est l'écologie, la préservation de l'environnement. Que ces terres ne soient pas transformées en bitume et que le tout-vitesse ne bouleverse encore plus la vie des populations et des lieux. C'est ce gagnant là qui me semble devoir nous mobiliser contre les intérêts qui minent l'environnement et notre avenir.

Résultat de recherche d'images pour "notre dame des landes images"        A Notre Dame des Landes, gagnants et perdants se réjouissent ou se plaignent, selon qu'ils estiment avoir eu raison ou avoir été trahis par l'arrêt du projet d'aéroport. Et ses adeptes de souligner, ce qui leur permet d'avoir toujours raison: c'est une décision qui fait reculer l’État de droit (face aux zadistes) et qui méprise le vote des citoyens.

L'État de droit n'a pas reculé face aux zadistes mais on doit saluer l'action et l'attitude déterminée de tous ceux qui se sont engagés pour contester l'implantation d'un aéroport que les gouvernements successifs, depuis cinquante ans, n'ont pas pu réellement justifier, expliquer ni su évoluer dans la prise de conscience du temps sur l'environnement. Et on peut aussi contester le détournement de démocratie qui a conduit à un référendum en circuit réduit, au département, excluant toute la région directement concernée.

Quand le président (PS) du conseil départemental de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet, accuse le président de la République, déclarant qu'il "piétine les procédures et décisions de justice, piétine nos collectivités locales, piétine le vote des habitants" (selon le journal Le Monde) on peut se demander si ce n'est pas sa rhétorique qui "piétine" l'environnement. Car il renverse les priorités entre "gros projets / gros intérêts" et la qualité de vie et la préservation des terrains agricoles qui contribuent à des alternatives de production et de consommation.

De même l'ancien trésorier de la Sarkozie, Eric Woerth, s'insurge contre le fait que "quelques dizaines de zadistes ont réussi un tour de force : faire reculer l'Etat de droit". En réalité, les zadistes ici ont alerté, avec les leurs moyens et l'audience qu'ils ont pu créer, l'inutilité de ce projet, sa démesure, ses conséquences pour l'environnement et le futur de la région. Et il somme le "gouvernement de rendre publics les coûts directs et indirects de l'abandon du projet d'aéroport, incluant les indemnités financières à verser à Vinci.". Quand on sait que les procédures de partenariat public-privé (qui n'est pas tout à fait le statut ici) ont toujours été défendues et promues par l'ancien ministre de l'économie, on devine l'opportunisme politique du trésorier de l'ex-UMP, se servant des conséquences, qui portent réellement préjudice aux contribuables,  dont le gouvernement auquel il appartenait y a également contribué.

Reste l'après, et une opportunité pour réfléchir aux expériences innovantes qui semblent avoir fructifié dans cette zone. Aussi l'occasion de lever le camp là où la circulation libre ne se fait pas, tout en préservant les lieux que la population et les nouveaux résidents ont su créer. Cette expérience est, aussi, de ce point de vue positive, car des nouvelles formes d'échange et de vie sociale et économique ont pu émerger dans cet îlot de contestation voire de résistance.

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