Benalla, “précieux” révélateur de la Macronie!

Il est “précieux” ce Benalla! Pas dans le sens de l'objet cher, rare ou des manières affectées de salon, mais dans celui de l’utile, d'un révélateur-exemplaire et démonstratif de la Macronie et du quinquennat qu'on nous a “vendu” en mai 2017.

Ce que malgré lui -mais de son fait- a été dévoilé sur l'intérieur de l’Élysée c'est bien le résultat du travail des journalistes. Autrement la pareille Macron-Benalla & Consorts se couleraient des jours tranquilles à l’Élysée, faits de mensonges et combines en haut-lieu!

Si on résumait ses états de service dans le sillage de Macron (connus à ce jour), tout commence par une virée violente, déguisé en policier-d'exception, lors du 1er mai 2018 dont le Monde a fait état le 18 juillet 2018.

Depuis, les révélations se sont poursuivies, dès les à peu-près sinon mensonges du cabinet du Président jusqu'à son éloignement 'officiel' du Palais de l’Élysée.

On apprend une perquisition, peu 'regardante' de la police, les commissions du Sénat et de l'Assemblée. Le fiasco de celle de l'Assemblée grâce à la présidence de la députée Yaël Braun-Pivet, dont la prestation lui a valu une récompense bien méritée, de l'Association Anticor. La casserole de la figure emblématique du parlementarisme godillot: La Cérémonie 2019 Anticor

Grâce à Benalla et aux prestations du ministre et du Préfet de Police de Paris, devant la Commission on a constaté que le ministre de l'intérieur d'alors ne savait pas grand chose du rôle de “l'ange gardien de Macron”, pendant que le Préfet mentait clairement devant les élus, laissant entendre qu'il connaissait à peine Benalla. Quelques jours plus tard le Canard publie le fac-similé d'une carte chaleureuse du Préfet adressée quelques mois plus tôt au nouveau “pestiféré”.

Depuis c'est un festival, les badges spéciaux dont il disposait pour rentrer par une porte privilégiée à l'Assemblée Nationale, les passeports diplomatiques dont les ministères concernés (intérieur et affaires étrangères se “mélange les pédales” sur la responsabilité). Les multi-voyages (grâces à ces passeports-sésames) dans le monde et notamment en Afrique quelques jours avant la visite officielle d'Emmanuel Macron.

Et le clou vient avec les révélations de ces petites mais profitables affaires avec les russes dont un ressortissant qu'on soupçonne de liens actifs mafieux (tout ceci négocié pendant ses fonctions à l’Élysée).

Interdit, du fait d'une procédure judiciaire de rencontrer son camarade de jeu, Vincent Crasse, gendarme et salarié du parti du Président, voilà que Mediapart révèle quelques échanges, plutôt compromettants et surtout illégaux. Cette révélation ayant suscité la tentative de perquisition de la rédaction de Mediapart.

Pour qu'elle soit légale il faudrait encore que la victime des supposées attentes à sa vie privée se plaigne. Ce qu'il vient de faire en déposant plainte contre X (certains journaux ne se sont pas trompés sur l'intention, disant qu'il avait porté plainte contre Mediapart). Il continue à être précieux, ici pour le pouvoir. La possibilité de mettre le nez dans la rédaction de Mediapart, de fouiller dans ses ordis et les multiples collaborations dont le journal en ligne dispose, est un rêve Macronien (et à coup sûr pas seulement chez lui...)

Plutôt l'état de la démocratie qu'affaire d’État...

Le cas Benalla, affaire d’État ou pas affaire d’État, en tout cas un scandale d’État, révélateur de "la cuisine" où se fabrique le pouvoir d’État, et bien celui de l’État-Macron. On dit que l'ancien conseiller spécial bénéficie de la sympathie du couple Macron et la journaliste Ariane Chemin, à l'origine du scoop du Monde, affirmait sur Canal Plus dimanche 10 février, dans l'émission Clique que «Emmanuel Macron s'est encanaillé avec Alexandre Benalla, mais il sait aussi qu'Alexandre Benalla peut raconter des choses».

Quelques proches collaborateurs du Président sont partis, forcément pour d'autres raisons disent-ils, et à Matignon aussi la commissaire divisionnaire qui dirigeait le groupe de sécurité du Premier ministre, a présenté sa démission et son mari, militaire a été suspendu mercredi dernier par le ministère des Armées.

C'est en cela que le “protégé” du Président n'est pas un accident de parcours, mode bavure . Il me semble qu'il s'agit de l'application d'une méthode de rapports politiques au plus haut niveau de l’État et de pratiques qui contribuent à la corruption du pouvoir et au détournement des valeurs de la démocratie.

Ce qui nous a été donné à voir, ce qui nous est donné à comprendre, nous autorise à attendre ce que la Macronie, à l'épreuve Benalla, pourra encore nous donner à découvrir! Qu'on ne s'étonne pas des dérives que le ras-le-bol citoyen, avec ou sans gilet, peut provoquer...

Et en fait  «MacroNalla: c'est moi!»

Spécial "Benalla a parlé de son recrutement à l'Élysée..." - Image n° 2/2 !...

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