Confi-j5: c'est le printemps!

En ce cinquième jour de confinement du au Covid-19, c'est le jour du printemps. Nous l'attendions pour faire la rando qui ''ferme'' l'hiver et ''ouvre'' les chemins de la saison printanière mais le Coronavirus s'est interposé.

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Amapola, Coquelicot, Papoila...

Du coup on stop tout, on nous parle de l'effondrement de la bourse alors qu'il s'agit surtout de l'écroulement, pour des millions de personnes, de nos valeurs humaines et de nos vies. Et on se dit et on se répète, ''prenez soin de vous, saluons le personnel soignant à 20 heures, gardez la distance, au moins un mètre''.

Oui, la distance réglementaire pour ceux qui le peuvent, pour ceux qui ont aussi de l'espace chez eux, dans leur logement et dans leur tête.

Nous recevons plein de messages, de nouvelles, d'histoires, qui nous font rire ou sourire pour tenir bon, vivre moins mal le confinement et là, comme dans la vie d'avant, les inégalités de traitement et d'accueil persistent et signent. Et cela commence dès l'école à la maison dont se gargarise le ministre de l'éducation.

Le discours qu'on entend sur la protection tout azimuts distribuée par le gouvernement, laisse de côté bon nombre de professionnels, de citoyens soit qu'ils ne bénéficient pas d'un statut particulier de télé-travail soit qu'ils sont obligés de pointer envers et contre tout par la pression patronale.

Et il est utile de rappeler que les professions, aujourd'hui tant "choyées" par les autorités,  sont celles du service public, encore il y a peu disqualifiées et peu reconnues en termes de salaire par le pouvoir (à l'exception de son bras armé nécessaire pour garantir ce même pouvoir). Ceci me fait penser qu'une fois la "tempête du Covid-19" passée, ils nous feront la peau!

Et dans les messages du jour trois m'ont fait sursauter pour ce 21 mars, jour de printemps.

* Aux États-Unis la queue devant les magasins d'armes ;

* l’Aide sociale à l’enfance face à l’épidémie due au coronavirus ;

* La cour d'appel administrative de Marseille, le 16 mars annonce l'appel du fabricant des pesticides ''tueur d'abeilles''!

 

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* C'est par l'intermédiaire d'un immigré portugais à Los Angeles depuis 22 ans, José da Veiga, que j'ai appris l'augmentation de la vente d'armes qu'il avait constaté à travers les files d'attente devant les magasins d'armes de la ville, ce qui pour lui "reflète l'univers mental et culturel dans la tête des gens de ce qui est le pays où ils vivent et de leur société".

La course aux armes est visible dans plusieurs États, et surtout les plus touchés par la propagation de Covid-19. Un Portugais-américain Tony Lima, a du attendre à l'extérieur du magasin quand il a essayé d'aller acheter des munitions. "Le magasin avait pour la première fois une file d'attente à la porte, avec des gens à l'intérieur achetant sept et huit pistolets". Avec la fermeture des écoles, les organisations anti-lobbying-armes mettent en garde contre le danger accru de la présence d'armes dans les maisons où les enfants sont confinés toute la journée. Cette semaine un garçon de 7 ans, a abattu accidentellement son frère de 10 ans à Sacramento.

"Les gens d'ici ne font pas confiance au gouvernement pour maintenir la paix publique et achètent des armes parce qu'ils pensent que lorsqu'il n'y aura plus de nourriture, ils devront se défendre", a déclaré José da Veiga. Il a expliqué que "de nombreuses personnes de la classe moyenne" craignent que les habitants des zones les plus pauvres recourent aux vols et à la violence face à un scénario de "catastrophe économique".

* Aide sociale à l’enfance - ASE

Parmi les "oubliés" do confinement, il y a les enfants placés à l'Aide Sociale à l'Enfance ou suivis par la Protection Judiciaire de la Jeunesse. Les structures, foyers de l'enfance mais aussi les ITEP, Institut Thérapeutique, Éducatif et Pédagogique, qui accueillent des mineurs dans le cadre de la protection de l'enfance, sont confrontés aux difficultés des établissements que depuis des années fonctionnent avec des effectifs réduits, souvent mal ou pas formés pour accompagner ces enfants en grande difficulté sociale et souvent psychologique.

Depuis des années que les foyers de l'enfance, chargés d'accueillir les mineurs suite à une décision de la justice des mineurs, sont fragilisés par les politiques publiques qui observent l'enfance en difficulté comme une dépense peu lucrative. Les appels des professionnels éducatifs protection de l'enfance ou des Juges «lanceurs d'alerte»!* sont restés lettre morte.

La création -tardive- d'un secrétariat d’État à la protection de l'enfance n'a, pour le moment apporté les modifications nécessaires, ni la volonté politique de prendre cette question à bras le corps.

C'est que les mineurs qui sont ainsi laissés ''sur le carreau'' pendant la minorité, abandonnés par l'ASE à leur majorité, seront ultérieurement les plus fragilisés, souvent en détresse psychologique et patients en psychiatrie ou essayant de survivre dans des milieux de délinquance, faute de trouver une place dans la société.

«Nous avons demandé à Matignon de permettre aux personnels de ce secteur de bénéficier de modes de garde pour leurs enfants, comme le personnel médical, explique le cabinet du Secrétaire d’État Adrien Taquet, nous attendons les arbitrages». Ces arbitrages se font attendre alors qu'ils auraient du être prévus dès l'entrée en vigueur de ces mesures.

Cour d'appel administrative de Marseille,

Le marchand d'insecticides Dow Agrosciences, un des responsables de l'extermination des abeilles avait, suite à une procédure administrative à Nice,  perdu l'autorisation de mise sur le marché de deux insecticides "tueurs d'abeilles". Produits commercialisés par cette filiale de la multinationale de Dow Chemical (à l'origine de la catastrophe de Bhopal en Inde).

Lundi dernier [le 16 mars], en pleine période de confinement, Agir pour l'Environnement et l'Union Nationale de l'Apiculture Française, ont reçu un courrier de la cour d'appel administrative de Marseille, informant que DowAgrosciences faisait appel de la décision du tribunal administratif de Nice.

Dans leur communiqué, Agir pour l'Environnement souligne que "rien ne semble pouvoir venir à bout de l'entêtement du lobby des pesticides. Pas même le fait qu'en moins de 30 ans, ce sont près de 80% des insectes qui auraient disparu !!!"

Au moment où l'épreuve des faits du dérèglement climatique se fait sentir durement dans la planète, où les conséquences sanitaires de l'utilisation des pesticides sont connues, les lobbys agricoles type FNSEA et les marchands de "mort via les pesticides" ont toujours pignon sur rue. Et on sait que faire appel leur permet de poursuivre la vente de leurs produits.

On attend la réponse du gouvernement via son ministre de l'Agriculture!

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