«La République inaltérable», qui l'altère?

Oui, «La République est inaltérable» dès lors que la presse rempli sa fonction d'information, révélant aux citoyens des événements que le Pouvoir cherche à cacher, dès lors que le Parlement exerce son rôle de contrôle en créant une commission pour élucider des faits qui touchent le gouvernement et la présidence, dès lors que la justice se saisi d'une affaire et ouvre une procédure d'enquête.

La République est inaltérable, quand les contre-pouvoirs sont alertes et peuvent remplir leur mission contre les abus, les détournements, les appropriations de la démocratie!

C'est par un mot hautain et condescendant que le Président, tout tourné vers la Marianne-timbrée, a lâché avec dédain, «La République est inaltérable», sans répondre aux interrogations des journalistes sur son attaché de sécurité. Oui, «La République est inaltérable» mais à l'évidence le Pouvoir (Présidence et gouvernement) a voulu l'altérer, la dénaturer, la falsifier!

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Et cette attitude méprisante et d'enfermement sur son pré-carré, est significative de la façon dont l’exécutif aborde le travail parlementaire. Alors qu'une loi importante, qui touche à la Constitution et aux fondamentaux de l’État, est en discussion au parlement, le Premier-ministre accuse les élus de vouloir faire de l'obstruction au travail parlementaire, car ils lui demandent des explications. Non, il ne répondra pas aux questions des députés avant la séance du mardi, « comme d'habitude ». Comme si rien ne se passait qui pose justement la question sur un des fondamentaux de l’État de droit, sa pratique et son devenir.

Et dans cette affaire Macronalla, peut-être que Madame Macron, qui adore les feux de la rampa, viendra éclairer la Commission parlementaire

Le mensonge, qui se glisse entre les différentes déclarations des ministres est révélateur de la confusion, de l'amateurisme mais surtout du système que la présidence Macron cherche à imposer au pays, avec une zone d'ombre dont l'affaire Benalla a permis de soulever, un tout petit coin... «Dites la vérité c'est la seule façon de ne pas se tromper», disait le commissaire lors de l'interrogatoire d'un malfrat. Le Pouvoir "ministres, hauts fonctionnaires..." se trompent beaucoup ces derniers jours... comme le malfrat!

Et finalement la question, si la presse n'avait pas découvert que le «flic-cogneur» était l'observateur de Macron, les séquences de violence vues dans la vidéo, auraient été comptabilisées dans la liste habituel des bavures, jamais reconnues par les autorités.

Combien y-a-t-il des Benalla en vadrouille ou de badges dans la poche des fidèles macroniens? Qui a intérêt à altérer la République, Monsieur le Président?

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