“Les surprises (vraiment?) de la primaire écologiste !”

C’est peut-être le succès majeur de cette primaire, le fait que ‘’tout le monde en parle’’. Et l’écologie, l’environnement, le climat méritent, exigent de la part des citoyens ce sursaut. Et s'il y a “surprise”, comme disent les commentateurs, c'est le nombre de participants à cet effort de départager des postures différentes sur la façon de parler et de traiter des questions de l'environnement.

En 2016 (dont Yannick Jadot est sorti victorieux) la primaire n’a eu que 17 000 inscrits. Cette fois-ci ils étaient 122 670 (7 fois plus), et il y avait cinq candidats. Dont les quatre en tête ont eu des résultats très proches, Yannick Jadot, 27,7% des voix, Sandrine Rousseau, 25,14%, Delphine Batho à 22,32%, Eric Piolle à 22,29% et Jean-Marc Governatori à 2,35%.

On peut dire que les quatre premiers partagent quelques points essentiels sur le diagnostique et le projet tout en considérant qu’il y a des positions plutôt social-démocrates dans la vision de l’écologie jusqu’à des engagements radicaux nourris de décroissance et de refus de compromis qui puissent amoindrir des décisions nécessaires face à l’urgence climatique.

Dès maintenant, la déferlante critique -presque lynchage- contre Sandrine Rousseau montre bien le discours anti-écolos’’ qui manifestent ainsi le sectarisme à l'envers qu'on lui reproche...!

Le second tour Jadot-Rousseau, sera sans doute passionnantpour départager entre une conception plus consensuelle de l’écologie teintée de social-démocratie et l'autre plus exigeante dans un combat à la fois pour l’environnement, pour une écologie version lutte des classes et une détermination féministe qui signe le parcours de la candidate.

Dans l’état de la gauche et des forces progressistes dans ce pays, le résultat des courses (tout au moins le pronostic au vu du rapport de forces actuel), sera qu'au second tour d'avril 2022, le "duel" qui s’annonce est entre une droite (Macron) et l’autre droite (issue des nuances de leurs intérêts économiques, de classe et de maintien aux divers pouvoirs qu’elle occupe)...où l'écologie a peu de place étant utilisée comme une variable opportuniste d’ajustement! L’exemple de la Convention citoyenne dont la Macronie s’est longtemps gargarisée est l’exemple du cynisme et du mépris sur l’engagement citoyen.

La récente nomination au poste de chargée de la biodiversité dans les Hauts-de-Seine est un exemple de la définition même de la-biodiversite-selon-xavier-bertrand, au sein de l’autre droite.

S’il est important que les citoyens soient inscrits dans ces différents combats il me paraît nécessaire que nous soyons lucides sur le contexte et la campagne que la Macronie mène, sans le dire et sans contrôle démocratique depuis un certain temps.

Le MacronPass les autorise à tout ! La primaire écologiste occupe l’actualité pendant ce temps sans bouleverser ni le calendrier ni le dispositif de McKinsey d’encadrement de la présidentielle pour Macron. Et ils sont En Marche avec un gouvernement dédié au maintien au pouvoir et une information (radio, télé, presse) qui suit avec "sympathie et entrain" cette mise en route qui ne dit pas son nom!

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Voir le billet de /albin-wagener/blog/200921/sandrine-yannick-et-les-autres*,  qui me paraît apporter une analyse pertinente de cette séquence démocratique.

https://www.publicsenat.fr/sites/default/files/styles/pse_contenu_entete_16_9/public/thumbnails/image/sipa_01034249_000037.jpg

Ça paraît un peu compromis, en tout cas pour avril/mai 2022

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