Un gouvernement «radicalisé»!

Pour le président il faut “savoir repérer à l’école, au travail, dans les lieux de culte, près de chez soi” ces “petits gestes qui signalent un éloignement” des valeurs de la République. Eh bien nous y sommes. La radicalisation atteint les “hauts lieux de décision de l’État”. Un gouvernement "radicalisé" qui réprime, qui menace, qui stigmatise, qui exclue. Contraire aux valeurs de la République!

La dernière séquence est significative. Un accident entre un train régional et un gros camion. Le conducteur du train, blessé, seul agent à bord doit s'en inquiéter de la sécurité des passagers, appliquer les consignes, vérifier l'état du train dont il est responsable, et accessoirement s'occuper de lui-même. Cela se passe en Champagne-Ardennes. La direction de la SNCF, avertie, donne comme instructions de ne pas faire de vagues, considérant qu'il ne s'agit que d'un ''incident régional''. N'anticipe rien, laisse courir espérant que personne n'en parlera, estimant que l'affaire s'éteindrait d'elle-même.

C'est ce qui révèle le site d'échanges ''Durandal'', un lien interne à la SNCF : Pas de prise de parole ni ce soir ni demain, sauf polémique, le sujet va s'éteindre. Message aux élus factuels, sans photo.

Mais voilà, la Macronie se radicalise et nous sommes tous en alerte, comme le souhaite le président : non, on ne se laissera pas faire, monsieur le président.

Et aujourd'hui le pays découvre que les cheminots depuis des mois mettent en cause cette aberration-dangereuse qui est de faire rouler un train avec le conducteur seul. Ce qui peut survenir comme problème, malaise d'un passager, difficulté d'une personne âgée ou d'un enfant, agression, accident... ''on a rien à cirer, pourvu que le train roule''.

On peut discuter sur le plan juridique du droit de retrait, de grève, de protestation... la question reste qu'une seul agent SNCF à bord ne permet ni de traiter une difficulté imprévue ni, et c'est aussi important, d'assurer une présence, une relation humaine entre le transporteur et le transporté.

Dans la ligne Toulouse-La Tour de Carole (Ariège), les "usagers" sont dans cette même situation de l'agent unique (le conducteur). Le nombre de trains annulés ou remplacés par car est important, les gares sont souvent fermées et la population est obligée de se tourner vers la voiture faute de service au public. La SNCF va conclure rapidement qu'il n'y a pas assez de voyageurs pour réduire encore ses prestations. Sommes-nous si incapables de mettre un terme à ce gaspillage d'énergies...?

Pas de réponse ni politique ni sociale depuis 47 samedis

Et ce gouvernement ''radicalisé'', qui n'a pas su trouver de réponse ni politique ni sociale au mouvement de protestation qui depuis 47 samedis cherche à lui faire entendre la difficulté de la France profonde, s'évertue à maintenir un déploiement des forces qu'il appelle de l'ordre, comme seul interlocuteur. Et dans cette logique il vient de menacer les ''cheminots-rebelles'' qui considèrent que ni les usagers ni eux ne sont pas en sécurité dans un train à agent unique.

Fort entre autres de ses déclarations concernant l'affaire Steve (on se souvient de son discours approximatif et démenti depuis) le voilà qui à la gare de l'Est de Paris montre sa compétence et son autorité: J'ai demandé à la SNCF d'examiner toutes les suites, y compris judiciaires. On ne cherche pas à comprendre et résoudre l'origine de la difficulté, mais on menace de poursuites pénales des empêcheurs de démanteler en rond.

Au-delà de cette nouvelle ''péripétie ferroviaire'' c'est tout l'édifice social que la Macronie cherche à détruire, qu'il s'agisse du personnel de santé, des enseignants (rendons hommage à la mémoire de Christine Renon), des pompiers, des policiers, des agents publics des finances...

Et pourquoi faire? pour réduire les dépenses publics, en défigurant et stigmatisant le service publique, incapable de ce fait de rendre service au public, favorisant ainsi l'entreprise privée qu'il s'agisse des hôpitaux, de l'enseignement privé (cher au ministre actuel), des plate-formes internet obligatoires pour les démarches administratives...

La radicalisation de ce gouvernement est évidente contre les populations les plus défavorisées, contre l'instruction des élèves les plus en difficulté (baisse du nombre d'effectifs dans l'enseignement), contre les structures hospitalières qui accueillent les personnes âgées en perte d'autonomie, ou les services d'urgence qui répondent de moins en moins aux besoins des populations, contre tout ce qui structure une vie sociale, l'émancipation des classe laborieuses et la liste est déjà bien longue.

Et on pourrait ajouter le discours du président sur l'immigration et l'application par ses préfets dans les départements, qui n'ont de cesse qu'à chercher de lever des obstacles au traitement digne et humain des demandeurs d'asile ou de régularisation de leur situation dans ce pays. Entre autres, le Débat immigration* analysé et commenté par La Cimade .

Et encore cette société de vigilance, chère au président. Pas la vigilance dans l'attention ou l'accompagnement de l'autre, mais de dénonciation de celle ou de celui qui laisserait percevoir un quelconque signe de ne pas être trop catholique.

Est-ce que nous serons toujours aussi peu mobilisés, collectivement, pour dire à ceux qui nous gouvernent BASTA!

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