Une «négligence» par convenance politique

Ce n'est pas qu'une honte la décision ambiguë dont a bénéficié Christine Lagarde, c'est surtout un déni de justice, un accommodement avec le droit, une manœuvre contre l'éthique, une convenance, un arrangement politique. En quelque sorte de la corruption version "négligence"!

 Le pouvoir de la Sarkozie était inspiré par les méthodes de la délinquance politique, son chef et un nombre important de ses proches collaborateurs sont aujourd'hui mis en examen ou en cours d'instruction par la justice. L'affaire de l'arbitrage en faveur de Tapie, un homme en affaires également suivi par la justice depuis 1993, prolonge cette dérive, ces pratiques mafieuses dont nous n'avons pour le moment qu'un timide lever de rideau.

L'intervention de la ministre Christine Lagarde ce n'était pas de la négligence , ni de l'erreur, ni de l'incompétence, c'était bel et bien de la convenance politique favorable au pouvoiren place.

Les propos presque élogieux et les félicitations du procureur général, Jean-Claude Marin; l'absence de la "prévenue" le lundi lors de la lecture du verdict; le refus de son ancien directeur de cabinet, chef d'orchestre avec l'Elysée, Stéphane Richard, de venir réponde aux questions de la Cour; l’empressement du ministre Michel Sapin, à peine le verdict connu, pour exprimer le maintien de la confiance du gouvernement Hollande à l'action de Mme Lagarde. Tout ceci démontre bien le mépris que ces acteurs de la vie publique manifestent pour la justice et la vie publique.

Et cette "parodie de justice" a lieu dans le contexte d'une Cour (de Justice de la République) que l'actuel Président se faisait fort de supprimer (encore un engagement non respecté) à la suite de son élection en mai 2012.

On peut toujours souligner qu'on est mis en prison si on vole «un œuf» pour prévenir qu'on ne vole pas «un bœuf», alors que les «puissants» y échappent.  Mais c'est plus grave qu'une question de justice entre ceux du haut et ceux du bas.. Il s'agit bien de corruption,  et corruption de la vie démocratique: pour les convenances de son clan, Mme Lagarde a contribué qu'un délinquant de la politique «vole avec consentement» l’État et les contribuables.

"Quand le désordre/la corruption devient l'ordre, une attitude s'impose,  affrontement"!

Voir communiqué de l'Association Anticor et une pétition dans le fil des commentaires.

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