Incendies au Portugal: qui dit -ou fait- «mieux»...?

C'est le droit de chacun d'exprimer son regard critique y compris sur les drames qui chaque jour, un peu partout endeuillent le monde. L'article de Philippe Riès, sur Mediapart concernant les incendies au Portugal, ce n'est pas de l'information critique, c'est l'expression hargneuse sur le dos des victimes et du drame d'un pays qui exigerait plutôt de la compassion que des comparaisons «vaseuses».

Dans Mediapart du 20 octobre, le journaliste Philippe Riès "spécialiste du Portugal", dans son blog «Midi à quatorze heures», publie un article qui m'a indigné par l'amalgame et que j'estime blessant envers les victimes d'un drame. Je cherche, et nous sommes nombreux, à trouver dans Mediapart une information indépendante, respectueuse des personnes et de la vérité des événements. Ici ce n'est pas le cas.

L'auteur établi une sorte tableau 'd'honneur' comparatif entre les tragédies du fait des incendies vécues par la population Portugaise entre 2003, qui «avaient fait 21 victimes [] et juin et octobre 2017, plus de cents personnes (106 au dernier bilan) auront trouvé la mort».

En 2003 le premier-ministre s'appelait Durão Barroso, devenu Président de la Commission Européenne et actuellement collaborateur de la Banque Goldman Sachs, la banque américaine du réseau d'influence du monde..."! En 2017 c'est un premier-ministre socialiste, Costa, qui dirige le gouvernement, bénéficiant d'une majorité parlementaire (comprenant les communistes, verts (version PCP) et Bloc de Gauche version gauche non-communiste).

Et il conclue que l'actuel premier-ministre Costa «fait "mieux" que Durão Barroso». Comme s'il s'agissait d'une compétition macabre qui semble réjouir l'auteur!

La crise «incendiaire» au Portugal est grave et ancienne. Et les gouvernements successifs ont des responsabilités dans la lutte insuffisante -voire électorale et clientéliste- contre les risques d'incendies. Entre autres, la puissance du lobby eucalyptus destiné à la fabrication de la pâte à papier, donnant des profits rapides, participe de la politique à courte vue des différents exécutifs.

L'actuel gouvernement (depuis bientôt deux ans) n' pas pris des mesures indispensables pour la préservation de la forêt, déjà bien maltraitée par le précédent gouvernement, après une baisse budgétaire importante entre 2011 et 2015. Lequel avait par ailleurs décidé que l'incendie forestier n'était plus «un crime d'investigation prioritaire» (13 août 2015). Ce gouvernement de gauche n'a pas su ou voulu, rectifier la politique que la droite avait menée en la matière.

Cette tragédie et cette incompétence n'autorise pas l'auteur à faire un "loto" des meilleures ou moins bonnes performances!

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De même dans sa prose, le journaliste classifie «les "mélenchonistes" locaux du Bloco (Bloc de Gauche)». Le dire ainsi ce n'est pas de l'information mais de l'amalgame qui cherche par une association hasardeuse, à disqualifier les uns et les autres en fonction du lieu où chacun se situe. Le Bloc de Gauche a plutôt reçu Hamon à Lisbonne, pendant la campagne présidentielle (ce qui n'exclut en rien les "mélenchonistes").

Cette façon de chercher des ressemblances comme si le panorama français était la référence unique, m'ont toujours fait penser à la manière hautaine, doctorale, méprisante, dont les «observateurs-sachants hexagonaux» analysent et dictent leurs sentences sur les petits peuples!

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