Succès du combat des femmes Djiboutiennes! Le combat continue

Après le succès de la grève de la faim des femmes Djiboutiennes à Arcueil (94) en février 2016, le mouvement s'est poursuivi en Belgique le 25 avril, avec dix femmes qui ont de nouveau rendu public leur détermination, entamant une nouvelle grève à Bruxelles, qui s'est terminée le 14 mai. Le Parlement européen a adopté une résolution reconnaissant les viols commis par les soldats.

Les femmes Djiboutiennes qui avaient commencé leur grève de la faim en France au moment des élections présidentielles à Djibouti, ont  continué leur combat et, pendant vingt jours,  dans la commune de St Josse à Bruxelles, faisant une nouvelle grève de la faim qui souligne leur persévérance. Comme ce fût le cas à Arcueil, elles ont reçu de nombreuses visites. «Soutiens parlementaires, tant au parlement Bruxellois qu’au parlement flamand, et des députés européens, un ancien ministre, des associations et des personnalités de la société civile en Belgique», qui ont ainsi exprimé leur solidarité.

Le Comité de suivi des plaintes France et Belgique s'est constitué en comité européen de suivi. Au sein de ce comité européen, Aïcha Dabalé, assurera la coordination pour le Cofedvi France, Belgique et Suède.

Résolution du Parlement Européen

Une Résolution du Parlement européen du 12 mai 2016 sur Djibouti évoque pour la première fois les violences et les viols, notant dans le point C des attendus: «considérant que dix femmes djiboutiennes réclamant une enquête internationale sur le viol des femmes djiboutiennes ont entamé une grève de la faim à Paris, quatre d’entre elles affirmant avoir été elles-mêmes victimes de viols, tandis qu’une autre, Fatou Ambassa, âgée de 30 ans, a jeûné en mémoire de sa cousine, Halima, décédée à l’âge de 16 ans des suites d’un viol collectif en 2003; que huit de ces femmes ont poursuivi leur grève de la femme pendant dix-neuf jours, du 25 mars au 12 avril 2016, et que dix autres femmes ont également entamé une grève de la faim à Bruxelles; que les autorités djiboutiennes contestent les affirmations de ces femmes; que des femmes ont été prises en otage dans le cadre du conflit entre l’armée djiboutienne et le FRUD-armé; que le comité des femmes djiboutiennes contre le viol et l’impunité (le COFEDVI), créé en 1993, a recensé 246 cas de viols par des soldats, contre une vingtaine de plaintes introduites».

Dans les décisions, le Parlement Européen, dénonce (point 3) «avec fermeté les viols qui auraient été commis par des soldats djiboutiens contre des civils et qui ont été signalés par diverses ONG, ainsi que les ont mis en évidence les grèves de la faim, et demande aux autorités djiboutiennes de mener une enquête approfondie sur les actions de l’armée en particulier et de mettre un terme à l’impunité; invite les Nations unies à enquêter sur la situation des droits de l’homme à Djibouti, en particulier la situation des femmes dans ce pays; exprime sa profonde solidarité avec les femmes djiboutiennes actuellement en grève de la faim en France et en Belgique». In le site de l'Alliance Républicaine pour le Développement. *  Résolution du Parlement européen du 12 mai 2016 sur Djibouti (12

La résolution, qui évoque toutes les questions soulevées par l'attitude de toute puissance de l'actuel pouvoir, ne suffira pas pour modifier le sort des ces populations. C'est néanmoins un apport important à leur combat, à travers cette reconnaissance internationale. Puisse-t-elle, également, servir de prise de conscience des citoyens de nos pays qui continuent à bénéficier et utiliser la place stratégique que représente pour l'Occident la géographie de Djibouti. "Nous sommes victimes de notre position géostratégique, alors qu’elle aurait pu être un atout", explique Aïcha Dabalé, gréviste de la faim et coordinatrice du comité de suivi. "Nous nous retrouvons face à un mur de silence de la part des pays étrangers, un silence complice. Les militaires étrangers s’entraînent dans les villages où sont commis les viols!".

Cette initiative du Parlement Européen est néanmoins une avancé à soutenir. En attendant un hashtag #stopvioldjibouti , a été crée pour sensibiliser l'opinion publique. 

Billet précédent:   *  *  Femmes de Djibouti: la grève de la faim s'arrête mais le combat continue!

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