Vote debout!

Oui, nous avons empêché que la «peste brune» soit en tête à l'issu du premier tour des Présidentielles. Mais à quel prix? 2002 * Le Pen-père (4 804 713 d'électeurs)/ 2017* Le Pen fille (7 679 493). Trois quinquennats, Chirac, Sarkozy, Hollande voilà où leur politique nous a mené. Une extrême-droite banalisée, s’engouffrant dans le corps social et politique. Alternative pour le second tour?

Ce qui nous est proposé, c'est le créateur du MacronBus*. Sans ressemblance directe avec le dilemme de 2002 (Chirac/Le Pen), il s'agit du sortant d'un gouvernement dit de gauche. Il l'a quitté pas parce qu'il ne menait pas une politique de progrès social, mais parce qu'il n'était pas suffisamment réformateur dans le sens d'une économie libérale. Par ailleurs deux questions essentielles (entre autres) sont mineures dans son engagement. La transformation en profondeur de la vie politique et des bases de la démocratie. La politique de l'environnement qui semble l'intéresser est vue par le prisme du marché.

La tentation du blanc nous assailli car des deux concurrents, pour des raisons différentes, leurs propositions sont contraires à l'intérêt des citoyens et du pays. D'une part la fermeture sociale et politique, l'exclusion et la régression culturelle. De l'autre l'économie comme priorité, la politique servant d'accompagnement. Un discours ni de droite ni de gauche ou plus précisément un discours de bonnes intentions et de paroles verbales, pour mieux asseoir une classe politique qui court derrière un changement pour que rien ne change en réalité.

Et dans cinq ans, vraisemblablement sous d'autres formes, les inégalités, les exclus d'hier et d'aujourd'hui, ajoutés à ceux du prochain quinquennat seront bataillon et seront la proie facile car «Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde».

Le vote blanc, (qui me parait autrement politique que l'abstention) soulève le risque de permettre à la dynastie Le Pen de s'installer à l’Élysée. Le vote Macron c'est probablement contribuer aux conditions pour qu'un nouveau quinquennat poursuivre la politique (avec un autre aréopage) des prédécesseurs. Même si l'étape des législatives permettra de «rectifier» ou en tout cas d'ébranler les petites baronnies installées, un Président élu détient presque toutes les clés. L'abstention en Seine St Denis sera toujours aussi élevée et les 11% des citoyens non-inscrites sur les listes électorales n'auront pas diminué... La politique restera toujours affaire des "sachants et des professionnels du suffrage universel. 

 Vote debout? Je ne sais pas encore ce que je voterai, mais je crois que nous sommes nombreux à nous demander, encore aujourd'hui, sur le bien-fondé du vote Chirac (82,21%) en 2002!...

 *  *  En attendant, ça vaut la peine de lire La Lucidité de José Saramago * La tentation du «blanc»* Il ne donne pas de consigne mais interroge notre comportement en démocratie.

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