Pourquoi tant de... N?

N comme propos Négatifs, Nulles, Nauséabondes... ou comme haine! Qui s'expriment dans les pages de Mediapart. C'est le «coup de gueule salutaire» de Fabrice Arfi dans le fil des commentaires de l'article à la Une de Mediapart du 23 septembre, «Dans la rue, les Insoumis prennent date contre Macron», qui m'a suggéré ce billet.

Devant une intolérance politique et une violence qui se institutionnalisent, une extrême-droite qui s'organise ici et ailleurs et nous n'arrivons pas à coordonner efforts et discours pour une gauche alerte et rassemblée! Une gauche davantage soucieuse, dans ses différentes composantes, à imposer un avis, une orientation, une vérité-intouchable, un slogan «en dehors de moi, pas de salut».

Commentaire de Fabrice Arfi, «Ce fil de commentaires dérape totalement à certains endroits et c'est absolument inadmissible, en plus de contrevenir à la charte à laquelle chaque lecteur de Mediapart adhère. Que les opinions divergent — tant mieux ! — et s'expriment de manière vive, c'est le rôle d'un forum de discussion pluraliste. Mais qu'on puisse y lire des agonies de « connard », « fils de pute », « mouche à merde » et autres « trou du cul » n'est tout simplement pas digne de ce qu'une conversation doit être. Merci de considérer que celui qui ne pense pas comme vous, que ce soit dans un sens ou dans l'autre, demeure un être humain digne de respect». In Dans la rue, les Insoumis prennent date contre Macron . article collectif par Manuel Jardinaud, Dan Israël, Mathilde Mathieu et Elsa Sabado.

Il paraissait en effet nécessaire de rappeler que le principe des commentaires, dans un média comme Mediapart c'est d'échanger, de partager, d'exprimer son engagement ou sa compréhension sur les événements, les faits, sur le déroulement de l'information et de l'opinion.

Au long de certains articles ou billets, les commentaires sont devenus une «bataille» sans envergure ni grand intérêt mais qui occupent beaucoup d'espace et parasitent les échanges et le débat.

La moindre référence critique concernant J-L Mélenchon suscite une «déferlante» de noms d'exclusion contre ceux qui osent exprimer un autre angle de vue. Il serait peut-être plus astucieux que ses adeptes, cherchent à comprendre pourquoi son évocation soulève, ici et ailleurs, des critiques voire des oppositions. De même que d'autres, à chaque opportunité semblent au coin du bois pour dézinguer, directement ou par allusion et disqualifier la France Insoumise. Là aussi il serait peut-être plus utile de chercher à comprendre, ceux qui sont critiques pourquoi un tel mouvement rassemble autant de nouveaux supporters. Comme si le label de gauche n'était "légitime" que selon les contrôleurs du clan!

L'exclusion versus Macron

Et ces façons de faire, de dire, d'écrire me font associer à l'attitude du nouveau Président qui use de la même démarche par rapport à tout ce qui puisse ressembler à une critique de sa politique ou de ses déclarations.

Les paroles intempestives du fougueux président, avec des tirades qui ne sont peut-être pas préparées mais qui reflètent bien, au fond de lui le peu de considération voire le mépris pour ceux qui n'ont pas «envie de devenir milliardaires». «Les gens qui ne sont rien» et traînent dans les gares, «l’alcoolisme» dans le Pas-de-Calais, les ouvrières «illettrées» en Bretagne... les «fainéants» sa dernière trouvaille assumée.

Dans les empoignades sur Mediapart entre des lecteurs-blogueurs-abonnés, on peut se rendre compte de cette même façon d'exclure, de jeter, de déconsidérer, de mépriser tout ceux qui, à leur manière expriment une opinion différente.

Le commentaire de Fabrice Arfi a le mérite, me semble-t-il, de rappeler que pour rendre sa parole audible ou ses écrits lisibles il est indispensable qu'on soit disposé à entendre et à lire ce qui nous dérange, ce qui nous questionne, ce qui risque de soulever des doutes.

Ce sont peut-être des «paroles verbales» bien intentionnées, mais je suis décidément tourné vers un média qui nous questionne et un rapport dans le débat qui soit de reconnaissance réciproque de nos «vérités et de nos doutes». En quelque sorte une «communication non violente!

Résultat de recherche d'images pour "mafalda images"

Parfois on a l'impression que certains aimeraient disposer de cette «baguette magique» pour dire comment bien penser...!

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.