Sarcelles cherche son “Maire”

Cherche Maire “désespérément” à Sarcelles, voilà la petite annonce qu'on ne verra pas sur le Bon Coin mais qu'on serait tenté, ironiquement, de souscrire, tant les péripéties municipales de la ville de Sarcelles (dans le Val d'Oise) suggèrent qu'on y songe. Un quatrième Maire pour une seule mandature, qui dit mieux?

combo - inauguration coexist

Et pourtant ça «coexiste», œuvre de Combo à Sarcelles.

 

C'est la ville que DSK a dirigé (pour peu de temps en 95/97, 1 an, 11 mois et 11 jours), qu'il a légué à son adjoint au nom chantant Pupponi (qui l'a gardé pendant plus de 20 ans 1997/2017) et depuis c'est la “cata”.

Obligé de quitter son fauteuil de Maire, devenu député, c'est un jeune et prometteur, presque son dauphin, Nicolas Maccionni (PS) qui a été élu mais qui n'a tenu que six mois (sept 2017/mars 2018). Il a été “amené” à démissionner pour des “raisons personnelles et familiales”.

Casse-tête résolu, non sans mal, grâce à l'élection d'Annie Péronnet (PCF). Moins jeune mais aussi prometteuse pour la ville, grâce à son engagement politique et civique. Patatras, la nouvelle Maire a tenu sept mois et a également été “amenée” à démissionner le 19 novembre 2018, pour des “raisons de santé”.

Cette fois-ci le casse-tête trouvera plus rapidement une issue avec l'arrivée aux commandes (si on peut le dire ainsi pour être Maire de Sarcelles... après l'ancien) d'un autre camarade, Patrick Haddad (PS), adjoint chargé de l’éducation et nouveau président du groupe majoritaire socialiste et apparenté.

Mr le Député qui a toujours la main (ce qu'on comprend, “on ne lâche rien”) a affirmé, selon le Parisien, “J’aurais déjà souhaité qu’il succède à Nicolas Maccioni mais ça ne s’est pas fait. Cette fois-ci, nous avons réussi à le convaincre”. Pratique d'une démocratie “exemplaire” et pas très fair-play pour la Maire précédente, mais puisqu'elle est “fatiguée physiquement et moralement”..., (toujours selon le Parisien du 20 novembre 2018).

Mais ô surprise, deux jours après on apprend par la presse que Mr le député, ex-Maire et toujours membre du Conseil Municipal a été renvoyé en correctionnelle pour “abus de biens sociaux” et “faux et usage de faux ” dans une affaire concernant la SEM Chaleur (société d'économie mixte Chaleur), il aurait eu quelques libertés avec la Carte Bancaire de la société et des dépenses peu en rapport avec la chaleur des Sarcellois!

On ne sait pas si la Directrice de cabinet (Mme Chabé) du et de la Maire précédents, restera toujours en fonction, ce qui serait de nature à rassurer Mr le Député sur le bon déroulement de la politique municipale. C'est que M Pupponi a décidé de lever le pied se mettant “en congé de la vie municipale”.

Avec cet aveu touchant, rapporté par Romain Chiron dans l'édition du Parisien du 22 novembre 2018, “Ça fait deux ans que je ne veux plus être simple conseiller, mais on me retient à chaque fois par la manche. Je veux retrouver ma liberté”,  mais il n'est pas question d'abandonner “la vie politique sarcelloise, je reste député”.

Des mauvaises langues et esprits mal tournés se laissent aller pour critiquer les pratiques peu orthodoxes des subventions aux associations qui assurent la bonne entente sociale dans la commune. La Chambre régionale des comptes (CRC), dernier rapport déc 2017, et les services comptables de la Préfecture de l'Oise (à supposer qu'ils jouent leur rôle), sont censés veiller au bon fonctionnement des finances publiques sans que les curieux d'Anticor aient à y “fourrer le nez”...

Et pour les démissions, par une pirouette, François Pupponi a trouvé le coupable... “La connerie, c’est le non-cumul des mandats”. Peut-être que la question de la “réduction des mandats dans le nombre et dans la durée” n'est pas adaptée à Sarcelles, va-t-on savoir!

Au fond, c'est une banale péripétie de la vie d'une commune, bien sous tous rapports, sans l'ombre d'une quelconque corruption! Et peut-être que l'exemple de Sarcelles est plus répandu qu'on ne le pense, les démissions en moins.

 

Sarcelles  Ville Etape du Chemin de Compostelle

Inauguration en mai 2017, par François Pupponi, qui plante symboliquement le premier clou jacquaire de la ville, premier clou de tout le nord de l’Île de France, Sarcelles devenant une étape du chemin de St Jacques. Peut-être que la coquille lui portera chance, car le chemin ça va être long!

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