Il n'a pas gagné, mais il a peu perdu!

Celui qui voulait en faire un «référendum anti-Macron» a échoué. L'autre qui voulait transformer cette élection en plébiscite pro-Macron n'a pas réussi, mais n'a pas vraiment perdu. Les écolos (une partie en tout cas) ont imposé leur thématique. Reste ce qui met en danger la démocratie, et qui me paraît la question principale, la victoire (car c'en est une) du Rassemblement-National.

Et quand au réveil on entend qu'ailleurs aussi, l'extrême-droite exulte... il y a de quoi s'inquiéter quand on a fui le fascisme pour venir en France et on est engagé pour la fraternité et la solidarité entre les peuples. Comme si on s'habituait à ces résultats, devenus presque “obligatoires”!

Et finalement, tout ça... pour ça!

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La tentation du "journal" unique!

Car pour un président qui s'octroie le pouvoir de s'imposer à cinq jours du scrutin dans la presque totalité de la presse régionale (à l'exception courageuse de la Voix du Nord et du Télégramme de Brest qui ne me semblent pas avoir été autant soutenus...) son résultat en second, après le parti qui nourrit le rejet et la haine, est le signe que sa parole ne convainc que son clan. Ceci d'autant plus qu'il s'est engagé pas en tant que Président de tous les Français mais en chef de parti (au point d'apparaître seul dans les affiches de campagne).

Si les autres listes pouvant s'apparenter de la gauche font des scores peu mobilisateurs, celle des écolos a sans doute bénéficié de l'élan pour la défense et préservation du climat, contre le réchauffement climatique. Les manifestations de jeunes les vendredis mais aussi une sensibilité de plus en plus grand vers la défense de l'environnement expliquent ce bon résultat, également exprimé dans d'autres payses.

Le score du PS, résultante d'un compromis entre “anciens” politiques et société civile, n'a pas fait progresser les socialistes ni bénéficié aux nouveaux venus. Le PCF, malgré la bonne prestation du jeune communiste Ian Brossat, et la surprenante liste de Générations, conduite par son chef, Benoît Hamon, font à peine 5 % additionnées. .

La déconfiture de la France Insoumise souligne l'erreur de se tromper d'élection. D'abord, selon Mélenchon "l'élection sera aussi un référendum anti-Macron". On pouvait attendre de ce mouvement de mobiliser pour une autre Europe, une Europe sociale. Le dire, l’argumenter, le faire, mobiliser l'électorat serait objectivement choisir une autre Europe que celle prônée par Macron. Poser la question en termes d'anti ou pro-Macron, c'est sortir de l'objet de ces élections et contribuer à la confusion dont le Macronisme s'en sert pour disqualifier tous les autres. Il est significatif qu'à Marseille terre d'élection Mélenchoniste, la France Insoumise arrive en 5ème position avec 8,23% des voix...

La bonne nouvelle, pas suffisante mais néanmoins symbolique, la progression de la participation qui a permis de dépasser très légèrement les cinquante pour cent.

La droite la plus réactionnaire du parti de Sarkozy-Fillon-Wauquiez, qui s'est présentée à cette élection confirme que son penchant vers l'extrême-droite ne paie pas, les électeurs préférant, comme on dit, l'original à la copie.

Les écologistes dont le résultat est encourageant, auront à renforcer le groupe vert au Parlement Européen et à clarifier leurs alliances. En attendant, au niveau nationale, après que Macron ait fait son numéro sur l'écologie lors des européennes, il n'a plus besoin de faire semblant jusqu'au prochaine coup de pub... ou démission du ministre-vert-converti-Macron.

L'Europe Écologie-les Verts “n'a pas la main” dans la politique pour l'environnement en France et aura à développer par son discours et l'action,  la défense de l'environnement et la défense d'une écologie politique et sociale. C'est la liste pour laquelle j'ai voté, dans la conviction qu'il serait important d'exprimer largement un engagement et une présence pour faire face aux profits et aux intérêts que la Macronie concède aux lobbys. Les chasseurs, l'agriculture intensive ou les fabricants de “poison” qu'ils s’appellent Monsanto ou Bayer..., nous pouvons être sûrs ils sont bien En Marche.

Il paraît évident, au moins c'est ce que le quinquennat actuel a donné à voir, que l'écologie n'est ni une priorité ni un engagement formel de ce gouvernement.

Et déjà on entend les tractations, les combinaisons, les accords de couloir pour l'élection du prochain président de la commission de Bruxelles soumis à un nouveau rapport de forces, dont bon nombre des primo-élus sont la frange hostile à l'Europe. Néanmoins elle leur sert de paravent et de tiroir-caisse bien fourni, comme le Front National semble avoir su en tirer profit.

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