Ce 29 février... et dans quatre ans?

Un 29 février suscite souvent la question, et le prochain où en sera-t-on? Les parents se demandent toujours “et les enfants quel avenir, comment seront-ils“? Un de mes fils m'a dit hier, il est dans la trentaine, qu'il (et elle, sa copine) n'envisagent pas de “faire un enfant”. Si le désir d'enfant leur vient, l'adoption leur paraît aussi une façon de “transmettre”.

L'angoisse du lendemain? Peut-être, mais surtout la volonté de ne pas en rajouter à l'état du monde, tout en étant engagés dans un projet, peut-être utopique et qui les mobilise:

“[…] Il est clair qu’il nous faut réduire notre usage d’énergies fossiles, de matières issues de minerais, tout en accordant nos vies à une cohabitation avec la vie sauvage. Il nous faut construire ensemble d’autres façons de vivre. L’avenir est peut-être un peu sombre, mais c’est encore le moment de prendre le temps d’expérimenter, de tester et de chercher une forme de société compatible avec le vivant, l’épanouissement personnel et collectif. Ce n'est pas renverser le système, mais construire, vivre, participer à des utopies et alternatives possibles.

[…] Je pense très sérieusement à monter en collectif un lieu en forme de village, un lieu permettant la vie individuelle et collective, un lieu d’accueil pour vivre à plein temps, à mi-temps ou de passage, un lieu où la première forme de militantisme est de ne pas agir sur le vivant hors nécessité, un lieu où la seconde forme de militantisme est d’user de ses mains, un lieu pour expérimenter et développer une autre façon de vivre pour nous tous, un lieu d’où l’on peut lutter, créer, élever.”[extrait de son projet].

Ce texte pour son demain, qui m'interpelle (et sur lequel je pense revenir),  m'alerte aussi sur le ici et maintenant!

Ce n'était pas mieux avant et ce n'est pas pire aujourd'hui, mais nous sommes bien dans une phase et sous un quinquennat qui nous démontrent que demain ne va pas s'améliorer, bien au contraire!

Après un “coup de vote utile” qui a beaucoup illusionné des bonnes volontés, la “table rase” dont se vante le président, est surtout au détriment des plus démunis et de tous ceux qui ne rentrent pas dans les critères de sa start-up-France, dirigée par un président-contrôleur qui régit tout sans état d'âme, avec un exécutif soumis et une majorité parlementaire aux ordres (*) voir un extrait d'un article de Julia Cagé dans le premier commentaire.

Et en attendant, “son nouveau monde” dans deux ans...

Un fort mouvement social né spontanément en novembre 2018, auquel le pouvoir répond depuis 67 samedis par un dispositif policier, “bras-armé d'une politique” qui frappe et tire. Dès lors les chiffres ne l'intéressent guère: selon le journaliste David Dufresnes, à ce jour il y a eu “880 signalements; 2 décès; 325 blessures à la tête; 26 éborgné·es; 5 mains arrachées”... Violences policières ou mauvais endroit au mauvais moment pour les “648 manifestants dont 121 journalistes, 49 mineurs et lycéens, 33 assistants médics, 29 passants”.

Un pouvoir qui assume les mesures de démantèlement du statut et du réseau ferroviaire, la réforme des droits pour les chômeurs, le passage en force de la réforme du Bac, la réforme des retraites qui ne finit pas d'être contestée dont même un des anciens-conseillers macronistes vient d'alerter sur l'absence de confiance (Pisani-Ferry). Il vient de dégainer son 49.3 ce qui confirme que son “navire-amiral” des réformes prend l'eau. Sans oublier l'état du cadre hospitalier en voie d’écroulement et que la ministre super-compétente, abandonne le bateau pour combler le trou de Paris du team du président... et on pouvait continuer!

C'est aussi à marquer d'une pierre noire ce samedi 29 février 2020 où l’exécutif à l'issu d'un conseil des ministres exceptionnel décide l’activation de l’article 49.3 de la Constitution pour faire passer, sans vote, la réforme des retraites à l’Assemblée nationale.

Le “nouveau monde”, promis et que la Macronie prépare est celui qui a élu Trump, Bolsonaro, Orban, Johnson... Et si en 2022, l'impétueux et hautain président est au second tour face à Le Pen, on peut dès maintenant se dire que son “coup de vote utile” ne passera pas... et probablement Macron ne sera pas réélu.

Ainsi, le prochain 29 février risque d'être celui d'une démocratie muselée dont il aura été aussi l'artisan!

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