“Un Consul de roman”, sacré Besson!

Les arrangements entre amis ne relèvent pas de la corruption à ceci près qu'il s'agit tout de même de s'approprier d'un bien commun, la démocratie, pour rendre service ou pour favoriser sa famille ou son entourage. Parfois des obligés, parfois des contreparties pour services rendus. Quelques fois le droit et l'éthique s'imposent. L'écrivain Philippe Besson vient de faire l'expérience.

Le décret du gouvernement d'août 2018 qui permettait de le nommer Consul général à Los Angeles, l'écrivain Philippe Besson, a été annulé par le Conseil d’État. Prise en séance le 15 mars 2019, la décision a été officialisé hier, 27 mars. Le texte, imposé par le président de la République, donnait la possibilité de nommer, hors cadre du ministère des titulaires à vingt-deux postes de Consul.

Très controversé dès sa nomination, l'écrivain Philippe Besson, hagiographe du couple présidentiel, voit ainsi s'évaporer ce poste auquel il tenait tant "… que je me retrouve à Los Angeles. J’en ai envie absolument". Son livre Un personnage de roman raconte la campagne et la conquête du pouvoir par Emmanuel Macron. et souligne l'admiration de l'auteur pour son objet d'étude... romanesque!

Le passe-droit de le nommer à Los Angeles vient confirmer la toute-puissance dont ce quinquennat affirme la maîtrise. Un grain de sable semble avoir grippé (temporairement) la machine... le Conseil d’État n'ayant accordé le droit qu'à la nomination du Consul Général à Jérusalem, «en raison du contexte local et du rôle qu’il est conduit à jouer dans les relations entre le gouvernement français et l’Autorité palestinienne».

Décret contesté par la section syndical CFDT, du ministère des Affaires Étrangères, c'est une victoire pour le droit et pour l'éthique qui discrédite complètement les nominations fait-du-prince!

Et cette décision "tombe" le jour où deux ministres s'en vont, avec frénésie car ils souhaitent se présenter comme candidats à la Mairie de Paris.

Il n'y a, évidemment, aucun lien entre les deux affaires. A ceci près que ces façons de faire viennent discréditer un peu plus l'action publique. D'un côté un président et un écrivain reconnu qui s'accordent à passer outre le droit, en le manipulant, et manigancent une petite notoriété consulaire. De l'autre, au moment où la rue manifeste depuis plus de trois mois, exprimant le malaise, la précarité, un futur bouché, voilà que deux jeunes ministres de la cordée-Macron s’escriment pour savoir qui des deux poussera l'autre pour s'approprier d'une campagne de conquête de la capitale.

L'intérêt public, le bien commun, ne semble pas être dans les cordes du duo Griveaux-Mahjoubi, pressés qu'ils semblent être de tourner la page, s'éloigner du pouvoir "Macrobien"... pour mieux assouvir leur ambition et élargir leur influence.

La contestation actuelle contre l’exécutif et la présidence Macron, montre à quel point nous ne sommes plus dupes de ces pratiques et au fond de ce détournement de la démocratie. C'est en quelque sorte une corruption des valeurs qui définissent la République dont le bien commun devient la proie dont les élus (une partie) semblent s'approprier, en user et abuser!

Voir L’anti-corruption se rétrécit...* et soutenons ces associations qui s'engagent "contre la corruption et pour l'éthique en politique".

 

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Philippe Besson à Paris Match (14 sept 2017) : “La popularité de Brigitte sera difficile à entamer. Je ne vois pas pourquoi le crédit de Brigitte s’amenuiserait alors que je vois bien pourquoi celui d’Emmanuel Macron diminue… Elle est aussi un excellent capteur de l’humeur française”.

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