Paris: “Macron, monsieur 13%”

La candidate du président à la Mairie de Paris, Agnès Buzyn, l'avait proclamé "S’ils votent pour moi, ils marquent leur soutien au président de la République et au gouvernement, qui fait un travail absolument remarquable, notamment face à la crise économique". Le résultat de ce dimanche, en suivant le message de Buzyn, marque le soutien des parisiens au président, 13,3%!

Bien sûr, c'est un peu réducteur et c'est bien plus complexe que cela. En plus, et la Macronie le sort comme argument, il y a l'abstention qui frôlerait les 60% (rappelons que Macron a été élu par 43,6% des électeurs inscrits).

L'abstention comme une des conséquences de la pression pour que ces élections aient lieu exprime et confirme l'aberration et les jeux politiciens qui ont fait que les municipales se sont déroulées "presque" comme prévu (le 15 mars) avec des records d'abstention... qui inévitablement se répètent voire s'amplifient. Même si beaucoup des résultats sont plutôt des bonnes nouvelles pour l'environnement et pour la perspective d'un tournant dans un mouvement d'ouverture à gauche.

Ces élections me semblent exprimer combien le calcul (pour gagner quelques “places fortes”) était l'objectif principal de la Macronie. Dans certaines municipalités leurs “alliances” avec la droite dite traditionnelle, ne visaient qu'à s'opposer au sursaut écologique, ce qui sonne comme un aveu sur le discours démagogique du pouvoir pour l'environnement, l'écologie.

La péripétie parisienne sera un cas d'école pour les futures analyses politiques électorales. Un candidat En Marche qui ne faisait pas l'unanimité mais était celui du président, Griveaux. Par une pirouette aussi vulgaire que médiocre il doit abandonner, remplacée par une autre ''obligée'' du président, Buzyn ministre de la santé, qui abandonne le ministère en pleine crise sanitaire pour la “bataille électorale”, qu'elle disait ne pas vouloir peu de jours avant. Après un premier tour peu reluisant (en 3ème position fait 17,26%), considère que cette élection était une “mascarade” , dans une déclaration faite au Monde. Pour le second tour, ses résultats sont encore plus flatteurs, 13,3%...

Peut-être qu'un des aspects “positifs” de cette séquence est le dévoilement pour celles et ceux qui ne l'auraient pas encore perçus, combien ce quinquennat est manœuvrier, autoritaire, utilisant le mensonge -comme la matraque- au gré de ses intérêts et de ses projets de clan ou de boutique.

Même si En Marche semble plutôt à l'arrêt ou "en panne", nous devons nous méfier et avons besoin urgent de rassembler autant que possible pour infléchir la politique de Macron et ses consorts. D'autant que l'extrême-droite, presque “tranquillement“ perce ici et là y compris dans la ville où, dans la version Dali, la gare a pour surnom le “centre du monde”, qui devient version Aliot, centre de son monde-labo du clan-lepeniste.

Et une pensée triste pour la ville de Moissac (Tarn-et-Garonne) où le FN-RN, par l'intermédiaire de l'ancien assistant parlementaire de Marion Maréchal-Le Pen a obtenu 62% de voix (avec une participation de 57%).

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