Diamantino, le foot comme on ne l'a jamais vu!

Comme si c'était du foot, mais pas tout à fait. Pourrait être Ronaldo, mais ce n'est pas lui non plus. Gloire du Portugal-du-foot qui rate le penalty décisif... C'est Diamantino, au sommet de sa gloire, et faute de devenir le ballon d'or il s’entremêle les pieds... ou les pinceaux de l'artiste qui est aussi le cinéaste Gabriel Abrantes un des réalisateurs. Film dans les salles ce mercredi.

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Il adoptera un réfugié africain, deviendra la proie d'un projet de clonage fasciste, utilisé pour une campagne contre l'Europe, et c'est le jouet de ses deux sœurs (pas celles de Ronaldo...) qui ouvrent des comptes off-shore pour rentabiliser ses superbes coups de pied qui nourrissent les comptes en banque et son patrimoine...

Présenté à la Semaine de la Critique à Cannes, premier long métrage de Gabriel Abrantes, jeune cinéaste luso-américain qui a déjà fait des nombreux courts métrages. Cette fois, avec Daniel Schmidt, c'est leur premier, bien reçu à Cannes, salué par Charles Tesson qui l'a accueilli avec le maillot du footballeur et un 00 au dos... (double zéro?)

L'interprétation athlétique, inspirée et bien à propos du 'génie' du foot portugais est de Carloto Cotta, cheveux courts et boucle d'oreille. Jeune acteur portugais, habitué des films de Miguel Gomes comme Tabou ou Les mille et une nuits.

Comment le situer, c'était la question posée lors de la présentation du film à la Cinémathèque Française. Cette icône du foot lusitanien, dont “sa seule pensée c'est le foot”, l'opium du peuple dans le pays de la vierge de Fatima!, découvre dans son yacht qu'il y a des “fugiés” (n'avait jamais entendu parler de réfugiés et méconnaissait le mot) et qui est bouleversé par le regard de cette femme africaine qui refuse d'abandonner le zodiaque car elle vient de perdre son bébé dans les eaux de la Méditerranée.

Il ne comprend pas non plus ce qu'on lui fait, ce qu'on lui fait faire, cette bataille du roi Dom Sebastião, contre les maures (épisode de l'histoire portugaise de 1578). D'ailleurs il s'appelle Matamouros. Et pleurniche quand ses sœurs le maltraitent pour qu'il reste “vaillant et aux ordres”. Mais surtout il rêve de dribbler des “cachorrinhos peludos” (petits chiens poilus...)

On découvre la verve impertinente et provocatrice du ou des réalisateurs (notamment d'Abrantes) avec des touches très justes en même temps que loufoques qui font beaucoup rire... L'histoire qu'ils nous racontent finit par s'étendre trop et se confondre tant le burlesque s'épuise. Mais à coup sûr une autre variante, et salutaire, sur le foot, ce qu'il fait et ce qu'il fait faire. Au fond, un film puzzle où chaque spectateur rassemble, en toute liberté, les pièces sur ce que Diamantino lui suggère du ballon rond...

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