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Billet de blog 30 avr. 2022

Une affiche... qui la fiche mal !

Saurons-nous tirer des leçons politiques pour les législatives? Oui disait-on au soir du second tour. Toutes les ‘‘gauches’’ sont légitimes, pas de marque déposée. Il y a des multiples nuances, des différents degrés d’engagement, des prismes divers d’analyse des objectifs de la mobilisation, des pertinences variées sur le combat à mener. Pour réussir il faut qu’elles soient partagées!

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L’élection que nous venons de vivre, ‘‘quoi qu’elle nous en coûte’’, nous apporte à la fois des perspectives et nous alerte sur nos limites. Ce sont donc les élections législatives qui nous permettront de mobiliser toutes les nuances de gauche, et surtout dans les communes et départements où les candidats se présenteront avec leur programme, mais aussi leur ancrage local et leurs appartenances. Les limites c’est que nous ne soyons pas, collectivement, en capacité d’accepter les difficultés pour y arriver de ceux qui nous sont proches.

Et si les négociations, les échanges, les confrontations se font sans hégémonies ni diktats, nous pourrons sinon arriver en tête tout au moins compter effectivement dans l’Assemblée.

J’étais dans cette réflexion quand j’ai découvert l’affiche du ‘‘candidat premier-ministre’’. J’avais trouvé astucieux, entre les deux tours, la tirade de Mélenchon (quoique il aurait fallut distinguer clairement que ce n’est pas la même chose d’être premier-ministre d’un extrême-centre ou d’une extrême-droite).

Or, là il s’agit de rassembler toutes les forces qui pourraient faire basculer ou limiter la majorité Macronienne de l’Assemblée. Et pour que le slogan « élire un/une premier ministre » ait de l’intérêt il faut qu’il soit compréhensible largement par les électeurs éloignés de ces artifices de langage et surtout qu’il explicite que l’enjeu c’est d’imposer par les urnes une majorité aux législatives qui soit un contre-pouvoir au projet Macronien, créant les conditions pour un changement profond social, économique, institutionnel dans le pays. C’est dire haut et fort que la légitimité d’une politique vient aussi du Parlement.

merci Coco pour ce dessin... en attendant qu'ils disent "la gauche c'est nous"... et nous avec!

« Élisez-moi Premier ministre. »

L’affiche que Mélenchon2022.l’union populaire à fait placarder sur les murs de France et les 2 millions de ‘flyers’ avec son image et son titre ‘‘premier ministre’’ ne me semblent pas de nature à rassembler, à jouer collectif mais à exclure, à sélectionner, à donner le sceau de la légitimité à celles et ceux qui prêteront allégeance.

Pour intelligent, bon orateur, brillant qu’il soit ce n’est pas la personnalisation qui mobilisera la majorité des électeurs ou électrices des présidentielles qui ont voté pour les gauches au premier tour, qui sont allés au second avec un vote (blanc ou Macron) pour faire barrage à la dynastie Le Pen ou qui comptent parmi les abstentionnistes.

Personnaliser ainsi l’enjeu politique c’est créer dès le départ une orientation exclusive voire un clivage dans une élection dont le but, la nécessité, l’urgence c’est le rassemblement le plus large.

Personnaliser l’enjeu politique des législatives c’est comme si nous avions à plébisciter un face à celui qui a été élu, alors qu’il s’agit de soutenir 577... de compter collectivement le plus possible dans les urnes (puisque c’est là que cette démocratie se joue) contre ce clan (Macron, Kholer, Mckinsey...) installé à l’Élysée. Mais aussi contre le danger, qui reste réel, d’un score élevé de l’extrême-droite (rappelons que la dynastie Le Pen est passée de 4,5 millions de voix en 1995 pour le père, à 13 millions aujourd’hui pour la fille).

Si par un changement des institutions nous cherchons à mettre fin à ce ‘faux-républicanisme et vrai-pouvoir personnel’ dont Macron est l’exemple, ce n’est pas en affichant un ‘sauver’ d’une gauche éperdue!

Nous le savons, de tout temps on a souvent mis à l’index des voix en disgrâce. Nous aussi avons beaucoup exclu au cours de nos combats politiques... pas assez à gauche ou trop à l’extrême-gauche, pas très écologique ou trop lutte de classes, pas assez en colère ou trop consensuel, moi-même je l’ai vécu, exclu car trop radical ou dans d’autres séquences trop médiateur...

Ce qui m’intéresse ou ce qui m’engage c’est qu’une fois écarté (temporairement) le danger d’une extrême-droite fascisante, nous arrivions à faire front au système libéral Macronien. Lui, qui par certains accommodements ou compromissions contribue à ce mouvement En Marche vers l’exclusion, les inégalités, l’installation durable d’une classe possédante et d’une police répressive à ses ordres. Pour cela ce n’est pas la personnalisation d’un scrutin qui concerne 577 candidates et candidats mais la mobilisation la plus large des forces politiques déjà organisées ou sans parti ni cercle d’étude, comme /une-opposition-forte-l-assemblee-nationale-ne-se-construira-pas-sans-celles-et-ceux-qu dont Mediapart a publié une tribune.

Changeons l’affiche et sa symbolique et mettons ensemble ce qui rassemble un programme pour la justice sociale, pour l’environnement, contre la répression, contre les corruptions... des idées et pour le bien commun.

Et qu’il soit dit à M Hollande et ses congénères, qu’il n’y a pas de risque de ‘‘disparition’’ des idéaux du socialisme mais de ceux qui s’en servent et qui ont dénaturé la boutique...

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