Barbe au dessus ou en dessous ?

On peut le dire de façon légère, avec cette vignette tirée de "Coke en stock", album dans lequel nous découvrons pour la première fois le capitaine Haddock sous l’emprise de son second, Allan.

Mais il s’agit bel et bien de l’illustration d’un principe de logique qui nous vient de la Grèce antique, le principe de non-contradiction :

Il est impossible qu’un même attribut appartienne et n’appartienne pas en même temps et sous le même rapport à une même chose » (Aristote, Métaphysique, livre Gamma, chap. 3, 1005 b 19-20).

Et nous nous y heurtons à chaque instant, même dans les instants dramatiques de ces derniers temps.

Par exemple :

Quelqu’un peut-il se prévaloir des lois d’une société, prônant la liberté d’expression, pour user de cette liberté afin de répandre une propagande ou une idéologie dont le but est la destruction des valeurs de cette société ?

N’y a-t-il pas un paradoxe à utiliser la liberté d’expression pour appeler à entraver cette liberté ?

Vous voyez combien Aristote est encore d’actualité. C’est un principe très simple, que l’on retrouve en toute occasion.

Autre exemple :

Quelqu’un qui rejette la société au sein de laquelle il a été élevé, pour prendre les armes et perpétrer des actes de guerre contre elle, doit-il ou non être encore considéré comme faisant partie de ladite société ?

Vous vous dites que ce sont là des arguties bien hors de propos, n’est-ce pas ?

Alors je vais poser la question qui fâche : Doit-on continuer de considérer la lutte contre le terrorisme, ici, sur notre territoire, comme une affaire de police, diligenté par le parquet, ou bien comme une affaire militaire, relevant de la convention de Genève?

Selon la réponse, le traitement du "retour au pays" des "djihadistes français" n’est pas le même, n’est-ce pas ?

Vous voyez où nous mène la logique élémentaire… C'est une arme redoutable.

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