Cela devient kafkaien et ubuesque

Une polyarthrite réactionnelle suite à une première dose du vaccin Pfizer me fait renoncer au rappel 1 mois plus tard. Quid du passe sanitaire dans mon cas ? Prendre des corticoïdes, être de ce fait immunodéprimée et enfin rentrer dans les catégories de l'ARS et être éligible à recevoir trois doses vaccinales au lieu de deux !

Je m'appelle Sylvie, j'ai 57 ans et je suis vétérinaire. Mon fort penchant pour la phytothérapie fait de moi une thérapeute qui doute de l'intérêt des grands laboratoires pharmaceutiques à développer des molécules qui nous soignent sans nous rendre malades.

J'émettais déjà des commentaires suspicieux sur ces vaccins développés en 2 à 6 mois, au lieu de 10 ans normalement. Ben oui, 10 ans pour constater des effets secondaires à moyen terme, c'est mieux ! Aussi je ne pensais pas vivre ces effets secondaires aussi rapidement.

Début mai 2021, on disait dans les médias que l'idéal serait d'arriver à 70 % de vaccination dans la population. Je me suis dit que même si j'avais des effets dans 20 ans, au moins ma vie était derrière moi et que cela éviterait peut-être que mes enfants soient obligés de se faire vacciner. J'ai attendue d'être éligible au vaccin Pfizer, il paraissait, aux dires des experts, plus efficace sur les "nouveaux variants". Et j'ai reçu la première dose dans un vaccinodrome dans lequel on se serait cru dans un décor du film "1984".

Je suis héritière, comme de nombreuses femmes, d'une arthrite des articulations interphalangiennes distales. Merci maman ! Déformations disgracieuses rarement douloureuses, évoluant assez lentement et par poussées. Et là, deux jours après le vaccin, je l'ai faite la poussée ! 

Recrutement de nouvelles articulations, atteinte des articulations proximales, perte de force dans les mains, anesthésie de l'extrémité des doigts. La douleur étant modérée, j'ai essayé sur moi ce que j'utilise déjà en tant que vétérinaire : des gélules de champignons d'un laboratoire de phytothérapie humaine. La mycothérapie soulage quelques-uns de mes patients chiens ayant des polyarthrites immunes,  je suis juste une espèce différente !

J'attendais juste d'avoir un rendez vous chez mon généraliste. Quand on travaille les mêmes jours que lui, ce n'est pas évident. Deux semaines plus tard, j'étais stabilisée mais celui-ci a pu constater l'état de mes articulations. Assez pour me proposer des corticoïdes et une recommandation pour la rhumatologie. Toutefois pas de signalement de cet effet secondaire à l'ANSES. On n'a pas le temps !

La rhumatologue, à qui je racontais ma misère, s'est exclamée "ça ne m'étonne pas !". Radios : ras. Bonne pour l'IRM (recherche d'une "Réaction Inflammatoire Chronique"), ma petite dame, rendez vous dans deux mois. Ca ne m'étonne pas non plus !  "Ah ben oui mais si vous ne voulez pas prendre de corticos... Prenez du paracétamol. Les plantes, je ne suis pas contre."

 Le président Macron a dit dans son discours du 12 juillet :"les gens précocement vaccinés et qui voient leurs défenses immunitaires baisser auront droit à une troisième dose." Donc je vais faire faire une sérologie, Euréka ! Et hop si mon taux d'anticorps est suffisant, je pourrais peut-être couper au rappel de vaccin.

Mais nooon, parce qu'en fait, d'une personne vaccinée à une autre, d'une personne ayant été malade à une autre, "l'état actuel des connaissances ne permet pas de dire, à la lecture de votre sérologie,  si vous êtes protégés ou non."... Quand c'est flou c'est qu'il y a un loup et là le loup il est gros. 

Donc ne pouvant  dignement faire la seconde injection, je me retourne vers mon médecin afin de lui demander qu'elle est la démarche à suivre pour faire valoir que je ne peux faire la seconde injection au risque de faire une poussée bien plus grave. Et là arrive le sommet de la pensée kafkaïenne et ubuesque de l'ARS, du grand art, dans la bouche de mon médecin : "Si vous êtes gravement atteinte, vous devrez prendre des corticoïdes et, les prenant, vous serez considérée de fait comme immunodéprimée et dans ce cas il est recommandé de pratiquer une troisième injection vaccinale." 

CQFD ! On vit une époque formidable ! Merci à tous ces grands humoristes sans lesquels je risquerais la dépression. 

 Bon mais le huit août c'est mon anniv et pas question d'aller au restau sans Passe Sanitaire... M'en fiche, j'ai pas faim : je ne prends pas de corticoïdes ! 

Bonjour les gens

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.