Chronique d'une maltraitance institutionnelle

Je relais ici un article écrit par un membre de ma famille confronté à une situation très délicate.

CUGNAUX – Haute-Garonne (FRANCE) : le 29 décembre 2019 : un frère (70 ans) et une sœur (80 ans) sont découverts dans leur maison insalubre dans une détresse sociale, sanitaire, médicale et psychologique avérée.

 

  • Dès le 7 janvier un médecin constate l’urgence d’une aide médicale et sociale. Signalement est fait le même jour auprès des services sociaux du département.
  • Le 21 janvier visite sur le site d’une infirmière et d’une Assistante Sociale de la Maison des solidarités de FROUZINS (Haute-Garonne,
  • Le 28 janvier signalement auprès du Procureur de la république,
  • Le 2 mars le dossier complet avec les certificats médicaux du médecin spécialiste (pessimiste) arrive sur le bureau du Procureur.

 

Depuis et malgré des courriers aux : Maire de Cugnaux, Président du Conseil Départemental de la Haute Garonne, Préfet du département, Directeur de l’ARS et une relance auprès du Procureur,

 

  • Le 21 mai décès du frère des suites d’un cancer généralisé à l’Oncopole de Toulouse, le seul endroit où s’est manifestée une réelle humanité.

 

La sœur est toujours dans sa maison insalubre, aucune solution sérieuse n’a été proposée.

 

  • Le 28 mai le secrétariat du Juge des Tutelles s’est manifesté pour indiquer qu’il avait reçu leur dossier le 20 mai et réclamer l’acte de décès du frère pour clôturer son dossier.

 

Pour le dossier de la sœur rien.

 

  • Le 4 juin URBANIS (Une entreprise privée au service de l'intérêt public ?) mandaté par on ne sait quel service territorial doit se présenter pour évaluer une éventuelle rénovation de la maison dévastée. On croit rêver.

 

Jusqu’à quand devrons-nous supporter l’inefficacité dévastatrice des services de l’Etat, du Département et de la Commune qui se retranchent derrière les manques de moyens et le confinement (hormis de rares individualités conscientes de leur mission, qui s’épuisent à faire avancer les dossiers).

Cela dure depuis 5 mois. Qu’est-ce qu’on attend ? Un nouvel acte de décès pour clôturer le dossier ?

 

Cet exemple concret circonstancié, illustre l’incapacité des services sociaux à porter un secours rapide et adapté aux personnes fragiles et en danger : les femmes battues pour lesquelles une solution est d’ouvrir des « Hotspot » dans les supermarchés et les enfants maltraités laissés aux mains de leur tortionnaire.

 

Si ce n’est pas de la maltraitance institutionnelle, qu’est-ce ?

 

QUILEZ André – quilez.andre@orange.fr - 06 08 37 86 79

 

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