Retour sur l'émission consacrée au Vénézuéla par LeMédia : Déception argumentée.

Le 9 février 2018, comme promis, LeMédia a consacré une émission entière sur le Vénézuéla afin de faire entendre « un autre son de cloche ». Si on s’en tient à ça, on a effectivement assisté à un tout autre discours, très différent de celui qu’on a l’habitude d’entendre. Sauf que cette émission ne permet absolument pas de comprendre la situation et élude une grande partie des critiques habituelles

Nicolas Maduro en haut à gauche, manifestation pro gouvernementale en bas à gauche, Leopoldo Lopez, Maria Machado et Henrique Capriles en haut à droite, manifestation de l’opposition en bas à droite © Montage réalisé avec des photos sur le net. Nicolas Maduro en haut à gauche, manifestation pro gouvernementale en bas à gauche, Leopoldo Lopez, Maria Machado et Henrique Capriles en haut à droite, manifestation de l’opposition en bas à droite © Montage réalisé avec des photos sur le net.
   

     Je trouve que le thème de l’émission à savoir « les sujets qui fâchent » est très intéressant en lui-même. Un article récent du Monde diplomatique avait d’ailleurs été relayé auparavant par LeMédia. Cela étant, la première émission m’a particulièrement déçu tant du point de vue de la forme que du fond. Peut-être en attendais-je trop, je veux bien en convenir surtout que le Média en est à ses débuts et n’a pas encore de grands moyens. Je souhaite toutefois souligner les points qui m’ont laissé perplexe et qui j’espère, seront abordés lors d’une prochaine émission comme l’a évoqué Gérard Miller.

I. Sur la forme :

          A) La durée

Comment peut-on faire une émission sur un sujet aussi important et aussi délicat que le Venezuela avec une durée de 30 min ? Franchement je ne comprends pas, il était évident qu’on aurait des informations partielles qui ne permettent pas de comprendre toute la complexité du dossier vénézuélien. Comment peut-on parler d’un pays dont la plupart des gens ne connaissent pratiquement rien en si peu de temps ? Car oui, on parle d’un sujet très complexe dans lequel se mêlent des puissances étrangères, des conflits en interne (entre opposants mais aussi entre partisans de Maduro), des problèmes économiques, sociaux etc… Nous ne savons pas non plus quelle est la culture de ce pays, le fonctionnement de ses institutions, son histoire etc... Je pense qu’il serait préférable à l’avenir de lancer, à la limite, un dossier en plusieurs émissions, documentaires, interviews et débats sur des thèmes différents qui, une fois assemblés, nous donnerait un aperçu global et complet de la situation (du moins le plus possible) afin que chacun puisse se faire son avis.

          B) Le problème de l’intervieweur.

Un second problème de forme selon moi, vient de l’intervieweur à savoir M. Miller. Je n’arrive pas à concevoir qu’on puisse faire ce genre d’émission avec une personne que l’on sait proche de la France Insoumise. Depuis la création du média, certains n’arrêtent pas de dire, et avec puissance que ce média est un « outil de propagande pour la FI » et qui met-on comme intervieweur sur un sujet, si ce n’est LE sujet, aussi délicat ? … M. Miller ! Je trouve ça hallucinant. Le but du Média n’est-il pas d’attirer un publique plus large et non FI justement ? N’aurait-on pas pu choisir une autre personne ? Sa simple présence suffit à créer une suspicion et peut orienter la perception… D’autant plus que l’émission allait être regardée par beaucoup de monde car très attendue (32 000 vues au 14/02/18 sur Youtube, ce qui est beaucoup si on compare à d’autres interviews du genre) …

Surtout que, (2e problème et le plus important), M. Miller n’est pas journaliste et cela s’est fortement ressenti. Ce qu’il a manqué dans cette émission pour moi, c’est une véritable interview avec des questions contradictoires qui permettent de mieux se rendre compte de la situation. L’impression que m’a donné cette émission, c’est la même que l’on voit sur d’autres médias mais en inversé. Comme récemment l’interview de l’opposante Patricia Gutiérrez de Ceballos par le journaliste Hugo Clément pour Konbini (absence totale de contradictions) où on ne va nous parler que des éléments à charge contre Nicolas Maduro alors qu’ici on ne nous a parlé que de ceux à sa décharge. En outre, on n’a toujours pas la totalité des faits au final (j’y reviendrai en abordant le fond). Maurice Lemoine le reconnait à un moment quand il dit qu’il se sent obligé de se faire « l’avocat de la défense » pour faire contrepoids en quelque sorte. Toutefois, je pense que le rôle du Média n’est pas celui-là : il se doit de présenter les faits dans leur globalité et dans leur contexte sinon c’est de la simple contre propagande et on tombe alors dans les mêmes travers que les autres médias.

II. Sur le fond :

   Ma critique précédente sur la durée de l’interview et son absence de contradictions expliquent les deux problèmes principaux de fond selon moi : le survol de certains sujets et l’absence d’informations essentielles. En effet, j’en ai déjà un peu parlé dans la partie « durée » mais on ne fait que toucher du doigt des sujets comme le Chavisme ou encore la question économique. Le Chavisme, c’est quand même une période allant de 1999 à 2013, qu’on ne peut pas résumer (et encore très vaguement) à la mise en place de programmes sociaux et à la participation des citoyens. Tellement de questions se posent : qui a réellement compris les raisons de l’effondrement de l’économie ? Qui sait que les militaires tiennent une place majeure dans le système politique chaviste ? Quel est leurs rôles ? etc… Mon texte étant déjà long, je préfère me centrer sur le 2 point : l’absence de contradictions, en prenant les choses chronologiquement. Je précise également que je ne parle ici que de la situation politique interne au pays, il y aurait en effet aussi beaucoup à dire sur les relations internationales.

          A) L’élection de l’Assemblée Nationale

Pour une personne ayant un minimum de connaissances sur le sujet, cette absence de contradictions fait que de nombreux points ont été complètement effacés ou bien sont restés sans réponses. Par exemple, où est passée la tentative par l’opposition de réaliser un référendum révocatoire contre Maduro ? Quelqu’un qui ne connait pas trop le sujet du Venezuela passe directement de l’élection de l’Assemblée Nationale (fin 2015) à celle de la Constituante et des manifestations provoquant des morts (été 2017). Or entre ces deux périodes, il se passe énormément de choses très importantes (assez confuses car je n’en connais pas tous les détails) pour comprendre en partie comment on en arrive à la convocation de la constituante. Certes, comme le rappelle M. Lemoine, au moment où l’opposition remporte les législatives, le fait que 3 députés prêtent serment alors que leur élection a été invalidée (celle d’un chaviste aussi soit dit au passage) pour « achats de votes » est un problème (le fameux « Outrage » évoqué par l’invité), mais lorsque le président de l’Assemblée Nationale (social-démocrate) déclare (consultable ici à 13:40) : « Nous proposons d’ici 6 mois, la création d’une méthode dans le but de changer le gouvernement par voie constitutionnelle » (qu’il avait déjà dit ici auparavant en septembre à 8min25 ici tout en sous entendant un appel au meurtre il faut le souligner à 8min45), est-ce que son intention n’est pas tout simplement de le destituer via le référendum révocatoire, ce qui est tout à fait légal ? De plus, ce qu’il faut savoir, c’est que si ces 3 députés avaient eu l’autorisation de siéger alors l’opposition aurait eu la majorité des 2/3 et aurait pu changer les membres du Tribunal Suprême de Justice. Sauf que comme on élude volontairement ou non (je ne sais pas) ce point et la période qui suit, cela renforce l’idée d’une opposition complètement anti démocratique et dans l’illégalité (ce que répète M. Miler à 19:00). On n’aura pas de réponses à ces questions.

          B) Après les élections législatives de décembre 2015

Entre l’élection de l’assemblée nationale et de la constituante, il se produit 3 évènements dont on n’aurait aimé un approfondissement :

  1. L’opposition réfléchit à une façon de destituer Maduro et débat longuement sur la méthode : loi constitutionnelle visant à réduire son mandat pour les uns, mise en place du référendum révocatoire pour les autres. En parallèle, elle vote une loi visant à amnistier tous les prisonniers dits « politiques » (selon elle).
  2. Août 2016 : Puisque l’opposition décide de maintenir les 3 députés dont l’élection a été invalidée pour fraudes, le Tribunal Suprême de Justice déclare « l’outrage » (desacato), et va au fur et à mesure annuler des décisions du parlement avant de s’octroyer carrément certains pouvoirs constitutionnels si j'ai bien compris. On peut avoir deux positions : se demander si ces 3 députés n’ont pas été jugés pour fraude afin d’empêcher l’opposition d’avoir la majorité des 2/3 ? Ou alors se dire : effectivement la fraude est avérée et alors la décision du TSJ semble « normale ». Pour ma part, je n’en sais rien et comme on n’aborde pas le sujet, la situation reste confuse.
  3. La décision et mise en place du référendum révocatoire.             

          C) Le référendum révocatoire     

De même, on aurait pu se demander comment s’est déroulé ce pré référendum révocatoire ? Je n’ai pas suivi dans les détails cette période mais je sais qu’il n’a pu aboutir faute de signatures suffisantes (et un bon paquet invalidées par le CNE). La critique à ce moment-là fut que le pouvoir a tout fait pour empêcher l’opposition de faire ce référendum. Qu’en est-il ? Est-ce vrai ? Est-ce que ce référendum était légal ? Pas de réponses à ces questions.

Entre temps, les élections régionales qui devaient avoir lieu en fin 2016 sont reportées par le CNE (Conseil National Électoral). Encore une fois, pourquoi ? Est-ce que cela ne vient pas renforcée l’idée que le CNE est à la solde du pouvoir ? Pas de réponses.

          D) L’étrange Tribunal Suprême de Justice

Début 2017, alors que le nouveau président de l’assemblée (Julio Borges) décide d’exclure les 3 députés fraudeurs dans le but de se conformer au tribunal suprême de justice, ce dernier décide malgré tout de garder les pouvoirs de l’assemblée. Pire, en mars, il donne les pouvoirs de l’assemblée nationale au président Maduro et se garde des pouvoirs constitutionnels de la chambre ; il reviendra sur sa décision quelques jours plus tard tant la polémique prit de l’ampleur (décision notamment contestée par une chaviste désormais célèbre : Luisa Ortega Diaz, ancienne procureure générale). La première chose qu’on se demande : qu’est-ce que c’est que ce bazar ? Comment cela est possible ? Vu depuis la France, cela parait quand même très étrange. C’est donc une fois de plus, un point qu’on ne peut pas éluder tant il parait important.

          E) La convocation de l’Assemblée Constituante

Sur son origine : Les questions qu’on se pose : pourquoi en convoquer une ? Est-ce à cause de l’impasse institutionnelle (vu que le parlement n’a plus de pouvoirs si j’ai bien compris tellement tout semble compliqué), de l’échec de l’opposition à convoquer le référendum révocatoire, ou s’agit-il d’autre chose ? Pourquoi ne pas rappeler qu’une partie du camp chaviste y était opposée ?

Sur son déroulement : L’opposition décide de ne pas y participer, pour quelles raisons ? Que se passe-t-il du côté du pouvoir ?

Sur sa fonction : Comment se fait-il qu’elle puisse se substituer entièrement à l’Assemblée Nationale ? Que devient cette dernière si elle n’a plus aucun pouvoir ? Pas de réponses.

Auparavant (fait là encore non évoqué), l’opposition organise une « consultation populaire » dont le résultat (7 millions de participants) aboutit à un rejet massif de la constituante et au rétablissement des pouvoirs de l’Assemblée Nationale. Cette consultation était-elle légale ? Que vaut-elle ? N’est-ce pas ce résultat qui conduit aux manifestations qui surviennent après coup, ce que M. Lemoine appelle « 2e phase insurrectionnelle ? ». A noter que l’ONU a appelé le gouvernement à respecter cette consultation. Pas de réponses.

          F) Sur les manifestations et leurs violences

M. Lemoine rappelle qu’une partie de l’opposition est armée et violente alors qu’une autre non. Il rappelle qu’il y a eu « 125 morts » à mettre en partie sur le compte de « bavures » policières (et élude la question des « Colectivos », point abordé plus bas). Mais la question qui se pose est : Comment peut-on en avoir la certitude qu’il s’agit bien de bavures ? Mais pour avoir la réponse à cette question, encore faudrait-il savoir comment fonctionne la police au Venezuela (on se doute que ce n’est pas aussi carré qu’ici et encore il y aurait beaucoup à dire chez nous) et surtout quel est le contexte culturel du pays (il me semble que c’est un pays beaucoup plus violent que le nôtre de manière générale). Ensuite, M. Lemoine nous dit que ceux qui sont accusés de bavures sont emprisonnés ou recherchés. Sur quoi se base-t-il pour l’affirmer ? Puis sur la question de la responsabilité du nombre de morts, il affirme que c’est du « 50/50 ». Mais c’est à ce moment-là qu’il faut parler du rapport de l'ONU qui contredit totalement ce qu’il vient de dire. On pourrait enchainer par une autre question : Que pensez-vous de ce rapport ? Pas de réponses et c’est très gênant.

          G) La situation actuelle

On en arrive enfin à la situation actuelle et je passe l’épisode des élections régionales et municipales pour en arriver à l’élection présidentielle (qui aurait aussi nécessité un développement sur les contradictions de l’opposition qui se met finalement en partie à reconnaitre la constituante) où il se passe une chose étrange :

L’élection devait avoir lieu fin 2018 et on a appris qu’elle aurait lieu le 22 avril 2018 sur décision du CNE après une « demande » de l’Assemblée Constituante (qui réclamait qu’elle ait lieu avant le 30 avril), ignorant le processus de discussion ayant lieu entre l’opposition et le gouvernement en République Dominicaine. Comment ne pas se poser une nouvelle fois la question de la dépendance du CNE vis-à-vis du pouvoir étant donné que cela arrange fortement Maduro puisque l’opposition n’a pas le temps d’organiser des primaires pour choisir un candidat unique. C’est à ce moment-là qu’on aurait pu rappeler le système de l’élection présidentielle vénézuélienne pour comprendre en quoi cela arrange Maduro, à savoir : 1 tour, celui qui arrive en tête devient Président. Donc si on a deux candidats de l’opposition au lieu d’un, Maduro a de très grandes chances de gagner même s’il est minoritaire comme le rappelait ce sondage américain indépendant. D’un autre côté, comment arriver à comprendre que l’opposition, qui demandait un référendum révocatoire il y a tout juste un an (ce qui témoigne de sa volonté d’en finir au plus vite avec Maduro), soit embêtée par des élections anticipées ? Une fois de plus, nous resterons sur notre faim. Pas de réponses.

III. Autres questions sur le Venezuela qui se posent si on veut comprendre les critiques habituelles :

          A) La question des opposants emprisonnés.

De nombreux opposants « politiques » aux yeux de l’opposition, sont dans l’incapacité de se présenter à l’élection présidentielle de 2018 tout comme ses deux leaders : Henrique Capriles (Primero Justicia) et Leopoldo Lopez (Voluntad Popular), le premier inéligible, le second assigné à résidence (il me semble). Je me demande comment ne peut-on pas aborder cette question étant donné qu’elle fait partie des critiques récurrentes dont se servent certains pour affirmer que le pouvoir bolivarien est anti démocratique. On parle de l’opposition, mais on ne nous donne pas plus d’informations sur ceux qui la représentent. Par exemple, on sait que ce Leopoldo Lopez est un personnage trouble : présenté comme centriste mais ayant participé au coup d’état de 2002. Il circule beaucoup d’informations sur lui, mais sont-elles fiables ? Pour ma part, j’ai vu que certains opposants ont été condamnés pour des faits de corruption ou de détentions d’arme etc. et dans ce cas, on comprend tout à fait les condamnations mais on peut aussi se demander quand on lit certaines ONG ici et ici, ou encore ici, si les procès étaient équitables ? N’y a-t-il pas d’abus ? Comment fonctionne la justice au Venezuela ? Y a-t-il une indépendance vis-à-vis du gouvernement ? etc.. Bref, le flou demeure une nouvelle fois.

          B) Les « Colectivos »

M. Lemoine n’a pas du tout évoqué le rôle trouble des « colectivos ». C’est d’ailleurs un des sujets dont les défenseurs de Maduro ne parlent pratiquement jamais. Il s’agit de groupes d’individus armés et financés par le régime à qui des missions de police sont déléguées (outre la mise en place d’actions sociales, culturels etc..), comme la surveillance de quartiers, par exemple, pour lutter contre la criminalité. On pourrait les apparenter à une sorte de « milice » du pouvoir. Or, il me semble que leur existence est quelquechose de tout à fait extravagant et inquiétant au point qu’on aurait aimé avoir plus d’informations. Comment ne pas se demander s’ils n’intimident pas des opposants ? Ce qui est d’ailleurs dénoncé par certains rapports d’ONG. Quel contrôle exerce le gouvernement sur eux ? Pas de réponses.

          C) Les rapports d’ONG humanitaires sur les droits de l’Homme.

Que penser des rapports d’ONG humanitaires tels que Human Right Watch (2014 et 2017) ou Amnesty International qui dénoncent de manière récurrente des atteintes aux droits de l’Homme : maltraitances, tortures etc… Est-ce parce que les forces de l’ordre ont une trop grande autonomie et donc certains abusent ? Le pouvoir est-il au courant ? Ferme-t-il les yeux ? Est-ce qu’ils agissent sur son ordre ? etc… Cela fait partie des choses qui laissent à penser qu’il y a bien une forme d’autoritarisme du côté du pouvoir mais comment en être sûr si on n’aborde pas ce point ? Pas de réponses.

          D) La fille de Chavez, un exemple typique de problème caché sous le tapis

Enfin, et c’est le dernier point que j’aborderai car il y en aurait bien d’autres, puisque le début de l’émission était consacré à la présidence de Chavez, une critique persistante m’interpelle : le cas de la fille d’Hugo Chavez qui serait milliardaire. Je ne sais pas si c’est vrai mais il me semble que c’est un sujet légitime qu’on ne peut pas éluder tant il revient souvent et dessert fortement l’action de Chavez. Car si cela est avéré, comment a-t-elle pu devenir aussi riche ? Cela renverrait alors à la relation de Chavez avec l’économie pétrolière. Si cela est faux, alors cela voudrait dire qu’elle doit sa fortune à sa réussite personnelle ? Et dans ce cas, comment ? Ou alors rien de tout ça : elle n’est pas milliardaire et c’est un pur mensonge ? Bref, voilà encore un sujet très louche qui laisse à réfléchir et pour lequel on reste sans réponses.

 

Conclusion

   En résumé, cette interview vient évidemment contrebalancer toutes les informations à sens unique qu’on a l’habitude d’entendre dans d’autres médias (pas tous évidemment) et, d’une certaine manière, cela fait du bien. J’ai aussi lu certaines critiques de socios (comme ici) expliquant qu’il s’agissait d’une introduction, d’un moyen de susciter de l’intérêt pour ce sujet. Sauf qu’à partir du moment, où il manque des informations nécessaires à la compréhension de l’ensemble de la situation, je ne suis pas d’accord car ce qui nous est présenté est un trompe l’œil. D’autant plus qu’à mon sens, cela ne permet ni de répondre aux critiques habituelles, ni d’attirer de nouvelles personnes (puisque les erreurs des autres médias sont reproduites ici), ni enfin de développer son sens critique (à cause de l’absence de la globalité des faits). En fait, l’émission a abordé LE sujet qui fâche mais elle a complètement oublié d’aborder les questions qui fâchent.

A la fin, pour moi, tout reste totalement confus. Je ne sais toujours pas s’il y a un abus de pouvoir du régime ou non. Je ne comprends toujours pas comment l’économie du pays peut être aussi ravagée. Le problème ne vient pas tant de Maurice Lemoine qui fait ce qu’il peut avec un format aussi court, ce qu’il l’a sans doute obligé à raccourcir certains évènements et donc à endosser le rôle de « l’avocat de la défense » comme il dit, mais du Média qui a fait un choix hasardeux avec ce format.

J’attends donc du Média, et je ne pense pas être le seul, un travail réellement approfondi avec la prise en compte des éléments dans leur globalité en interne (fonctionnement des institutions, explication des rapports culturels et sociaux, système économique etc..), en externe (je n’en ai pas du tout parlé mais quelles sont les relations avec certains pays : Cuba ? le reste des pays d’Amérique latine ? l’Europe ? la Turquie ? les USA ? ; avec certains organismes : FMI ? Banque Mondiale ? ONU ? …) et sourcés un maximum (un point que je n’ai pas non plus abordé mais pourtant majeur tant d’un camp à l’autre on s’accuse de propager de fausses informations). Sinon, je ne vois pas l’intérêt de traiter le sujet si c’est pour avoir des informations partielles ou complétement survolées comme ailleurs.

Merci à ceux qui auront lu en entier !

 

PS : J’ai également publié cette critique au sein du Média et je vous prie de bien vouloir me pardonner pour ce montage photo. innocent

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