Des personnes lambda se prenant pour des journalistes font une victime

ODPNews.com vient de faire une victime.

Ce site belge d’informations alternatives est composé de personnes lambda qui se prennent pour des journalistes. A l’heure d’Internet où tout le monde s’autoproclame journaliste, enquêteur, expert, politologue, etc. et où les fake news se multiplient ; Maïté Lønne, 29 ans, ancienne victime de traite, aujourd’hui écrivain s’est vu la cible d’un article mensonger qui heureusement, n’a pas fini par voir le jour.

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ODP news est un organe de presse citoyen indépendant situé à Bruxelles, qui s’engage à informer dans le respect de la véracité, menant des recherches et des enquêtes librement sur tous les faits d’intérêt général afin d’éclairer l’opinion publique. » Voilà ce qu’on peut lire sur le site d’une ASBL belge de citoyen(ne)s qui se disent journalistes engagés et tiennent un site de « presse alternative » sur Internet.

La nuit du 17 au 18 juillet, Maité Lønne, auteure belge, porte-parole d’ « Innocence en Danger Belgique », activiste engagée et jeune maman a vu un de ses post complètement détourné. Elle y explique que son garçon de 3 ans a été victime de crises d’épilepsie et a dû être hospitalisé plusieurs semaines. En outre, Maïté fait part du fait de certains manquements et certaines violences du milieu hospitalier qui a maltraité son petit garçon dans un hôpital, tandis qu'un second hôpital a confondu, dans un premier temps, les crises d’épilepsie de son fils avec de la maltraitance de sa part et a convoqué les services sociaux à tort.

En parallèle, Maïté vient de sortir un ouvrage intitulé : « Enfants abusés, enfants sacrifiés » aux Éditions Antidotes sur les violences du système de l’aide à la jeunesse belge.

Étonnée Maïté découvre sur Facebook, hier, à minuit, qu’un de membres de « ODP News » la prévient qu’un article intitulé : « Enfant maltraité : une maman a raconté toute l’histoire dans un livre» va sortir sur elle et son post. Or, le livre de l’auteure et la situation vécue par son fils sont deux choses totalement différentes. Bien que Maïté explique aux membres du site que leur futur article est faux, ceux-ci s’insurgent et lui répondent que « c’est la liberté de la presse », qu’ils « peuvent prendre des photos » d’elle sur le net et qu’ils « vérifieront les faits après ».

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Maïté, après s’être énervée de minuit à deux heures passées du matin, à juste titre longuement auprès des membres de ce site, visiblement peu sérieux, a fini par obtenir gain de cause : l’article n’a pas été publié.

Les faux journalistes du net ont encore un bel avenir devant eux.

Aurore Van Opstal

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