sujet de bac SES

les candidats libres passait les epreuves de spécialité bac le 7 juin le sujet de sciences économiques et sociales vaut malheureusement le détour

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Olivier Tonneau

 

Après Enthoven votant Le Pen et l'autre ahuri de BFM qui met à égalité Le Capital et Mein Kampf, l'avalanche se poursuit avec ce sujet de bac en Sciences Economiques et Sociales (sic) de pure propagande. Un truc pareil, c'est le coeur de la dictature contemporaine.

Dictature? Il y en aura encore pour dire que le mot est exagéré. C'est qu'ils n'imaginent d'autres formes de dictature que la Corée du Nord. Il y a pourtant bien longtemps qu'on sait que le meilleur moyen de neutraliser une opposition n'est pas de la faire taire ou de la tuer, mais de la marginaliser et de la diaboliser. C'est ce que la CIA avait déjà théorisé pendant la Guerre froide sous le nom de "long leash" (la longue laisse).

Une opposition diabolisée n'est pas seulement neutralisée, elle est encore très utile puisqu'elle permet, d'une part, de défendre le pouvoir contre toute accusation de despotisme ("voyez comme nous sommes ouverts, les livres de Lordon sont en vente libre!") et, d'autre part, d'entretenir la guerre perpétuelle façon 1984. Que deviendrait Macron sans les islamo-gauchistes?

Un sujet de BAC comme celui-ci a plusieurs effets. D'une part, il fait du néolibéralisme la bonne pensée, celle qu'on apprend à l'école. D'autre part, il permet de la manière la plus simple de soumettre les volontés: si tu veux avoir ton bac, dis ce qu'on te dit de penser. De ce fait, il garantit que les pensées contraires, réduites à des délires contestataires, n'attireront que les esprits les plus réfractaires, ce qui réduit le nombre des opposants au minimum nécessaire et garantit que ces enragés auront un profil propre à la diabolisation.

Et nous voilà condamnés à faire avancer la machine dans le fait même de la critiquer. "Dictature? Ce Tonneau a décidément perdu le sens commun, qu'il aille vivre en URSS pour comprendre le sens des mots!"

Heureusement, les dictatures, si difficiles à renverser, finissent à la longue par s'effondrer sur elles-mêmes après avoir épuisé toutes les énergies dont, parasitaires, elles se nourrissent. Malheureusement, on ne peut pas faire grand chose sinon attendre et espérer, et s'agiter en attendant, pour garder un minimum de dignité

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