igpn complice

un policier lanceur d'alerte contre les violences policières de ses collègues placardisé . (+ fink )

https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2021/01/11/violences-policieres-quand-l-igpn-est-desavouee-par-la-justice_6065820_1653578.html

Violences policières : quand l’IGPN est désavouée par la justice

Un brigadier-chef de la police nationale de Pau, qui avait dénoncé des violences présumées commises par un collègue lors d’une interpellation, a été poursuivi au pénal puis relaxé à deux reprises.

Par Rémi Dupré

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« Ma carrière dans la police nationale est brisée. Pour moi, c’est terminé. » A 50 ans, le brigadier-chef JMC (qui a souhaité rester anonyme) le reconnaît sans fard : il a « creusé [sa] tombe » depuis qu’il a décidé de dénoncer « des violences policières illégitimes, ces coups qui ne laissent pas de trace lors des interpellations, des dysfonctionnements et autres agissements illégaux » au sein du commissariat de Pau, où il a exercé ses fonctions de 2013 à 2020.

Ses multiples alertes et rapports auprès de sa hiérarchie vont lui coûter sa carrière. « Il y a eu un effet de meute, les collègues se sont ligués contre moi : j’étais devenu l’homme à abattre », raconte-t-il, évoquant le « harcèlement moral » dont il a fait l’objet, avec son lot de changements de poste, « insultes, propos dégradants, provocations physiques, menaces, mise en quarantaine et placardisation ».

Lanceur d’alerte, JMC finira par être « chargé » par l’inspection générale de la police nationale (IGPN), poursuivi au pénal pour « dénonciation calomnieuse, dénonciation mensongère à une autorité judiciaire ou administrative entraînant des recherches inutiles » et « violence par une personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité ». Il sera finalement relaxé par le tribunal correctionnel de Pau, en juillet 2019, et par la cour d’appel, en décembre 2020.

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Après sa première victoire judiciaire devant le tribunal correctionnel, JMC a été muté à Lourdes (Hautes-Pyrénées) « dans l’intérêt du service » en mars 2020, et affecté à des missions subalternes. « Cette mutation est une sanction disciplinaire déguisée. Dans mon dossier, il n’y a eu aucune justification de ma hiérarchie », observe JMC, désormais délégué syndical (Vigi). En février 2018, soit quelques jours après avoir dénoncé ces faits de violence présumés, le brigadier-chef avait été affecté au service des fourrières du commissariat de Pau, sans poste de travail. Avec une chaise en bois pour s’asseoir.

Contactée, la direction générale de la police nationale n’a « pas de commentaire à formuler sur une décision de justice ». Avocate du confrère dénoncé par JMC, Me Emmanuèle Legrand-Bogdan n’a pas répondu à nos questions.

Rémi Dupré

 

 

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https://www.huffingtonpost.fr/entry/alain-finkielkraut-trahit-son-role-dintellectuel-dans-sa-defense-dolivier-duhamel_fr_60005b8bc5b66f3f79648923?

Alain Finkielkraut trahit son rôle d'intellectuel dans sa défense d'Olivier Duhamel

Alain Finkielkraut ne s’intéresse pas à ce qu’est l’adolescence. Il se contente de ses préjugés, ce qui est grave pour un intellectuel.

 

Denis Faïck Philosophe, maître de conférences, écrivain et critique littéraire, auteur du site philotude.fr


LCI - Extrait compte twitter @BalanceTonMediaAlain Finkielkraut réagit à l'affaire Olivier Duhamel dans l'émission de LCI 24h Pujadas le 11 janvier 2021. Chroniqueur régulier, il a été congédié par la chaîne le lendemain.

L’aveuglement du philosophe

Alain Finkielkraut récidive en défendant indirectement Olivier Duhamel, accusé de viol sur son beau-fils âgé alors de 14 ans. Pour lui, il faut poser la possibilité d’un consentement de l’adolescent.

L’intellectuel avait précédemment défendu fortement Roman Polanski accusé lui-même de viol sur une adolescente de 13 ans, défense appuyée sur la même raison, celle du consentement.

Or, on remarque ici les limites surprenantes de l’intellectuel. En effet, sa tâche, en tant que philosophe, est de conceptualiser, à savoir de mettre en évidence la connaissance de ce dont on parle. Ici, les deux termes essentiels sont ceux de consentement et d’adolescence. Avant de disserter il convient au moins d’essayer de savoir de quoi il est question.

Or, aussi surprenant que cela puisse paraître pour un philosophe, Alain Finkielkraut n’interroge pas ces termes. Aussi stupéfiant que cela puisse paraître, il ne fait aucune nuance dans ses jugements. Cela laisse penser qu’il est motivé par autre chose que par une analyse stricte des mots et des choses auxquelles ils se réfèrent.

 

Il pose par principe indiscutable que l’adolescence est compatible avec le consentement.

Essayons alors de clarifier ce qui est en jeu.

Qu’est-ce que l’adolescence? 

L’adolescence, du latin adulescens, signifie “ce qui est en développement, ce qui est en train de croître, ce qui se dirige vers…” Ainsi, cet âge est celui d’une croissance qui donc n’est pas encore achevée.

Il s’agit d’un âge qui est une interaction entre un ordre social, éthique et culturel, un développement physiologique et une évolution cognitive.

L’adolescence est donc une période de cheminement, d’évolution, d’apprentissage. Or on apprend ce qu’on ne sait pas encore.

L’adolescence est une période de transition où apparaissent une vulnérabilité, du latin vulnerabilis “qui peut être blessé”, où, avec la puberté, la jeune personne vit un bouleversement, une mutation qui la fragilise.

Il s’agit d’une période de crise. Or, une crise est une situation de perte de repères, de mutation d’un ordre qui se modifie, qui porte à un sentiment d’être perdu et impuissant dans la gestion des modifications et des problèmes qui en résultent. 

Le développement, la constitution du chemin dont il est question, est la construction de son identité et de la place de la personne dans le collectif. C’est l’édification de la relation à soi et de sa relation avec les autres.

L’adolescent vit alors des changements physiques et psychiques importants. 

On relève ainsi des caractéristiques essentielles:

1/ Le développement qui est en train de se faire. Ainsi l’adolescent doit être considéré comme n’étant pas encore en pleine possession de son jugement.

2/ La vulnérabilité: il est facile de le blesser et il ne sait pas toujours comment se protéger.

Ainsi, l’adolescence est un moment transitoire de la vie dans lequel une personne fragile se construit, vit des mutations difficiles, cherche des repères, n’a pas encore le jugement pour évaluer ses actes, ses pensées et ceux et celles d’autrui, puisqu’il est précisément en train d’apprendre.

L’adolescence est une période où l’on ressent le besoin de trouver des repères avec l’aide des autres (parents, famille, école, etc.).

C’est une période où l’on peut se blesser soi-même (scarification, jeux dangereux, abus excessif d’alcool, etc.).

C’est donc à l’adulte de lui apprendre, de l’orienter, de l’aider en comprenant ce qu’est cette période de transition. Il semble qu’Alain Finkielkraut ne s’intéresse pas du tout à ce qu’est l’adolescence. Il se contente de ses préjugés, ce qui est grave pour un intellectuel.

Il faut aussi rappeler au philosophe qu’un adolescent ayant le corps d’un homme, qu’une adolescente ayant le corps d’une femme, ne sont pas pour cela des adultes. L’aspect physique ne s’identifie nullement à la maturité cognitive (référence à l’affaire Roman Polanski). Il est regrettable d’avoir à le rappeler à quelqu’un qui est censé expliquer le sens du monde. 

Venons-en à présent au consentement. 

Qu’est-ce que le consentement?

Au sens étymologique il s’agit “d’être du même sentiment que”, autrement dit de partager le même sentiment. Je sens comme l’autre. On est ici dans l’ordre du sentiment, mais le consentement est aussi d’ordre intellectuel: je pense comme l’autre. On donne son assentiment.

Consentir, c’est être d’accord avec la réalisation d’un projet, d’une décision, d’un acte, etc. C’est approuver une idée, une théorie. Le consentement engage deux concepts essentiels: la liberté et la raison. Le consentement a en effet des conditions pour être valide.

Le consentement exclut la violence physique et psychologique utilisée pour forcer quelqu’un à accomplir un acte. La contrainte est l’antonyme du consentement.

 

Consentir est exercer sa liberté qui n’est effective que si la personne a une maturité intellectuelle et psychologique suffisante pour avoir conscience de ce qu’elle fait, évaluer la finalité de l’acte ainsi que ses conséquences.

 

Il exclut aussi la tromperie. Tromper quelqu’un par ruse, par mensonge, par séduction, etc, ne peut s’apparenter en aucune façon au consentement. Il exclut de surcroît l’acceptation par obéissance à l’autorité, quelle qu’elle soit.

Consentir est exercer sa liberté qui n’est effective que si la personne a une maturité intellectuelle et psychologique suffisante pour avoir conscience de ce qu’elle fait, autrement dit pour connaître et pour évaluer les moyens qu’elle utilise, la finalité de l’acte ainsi que ses conséquences. La personne prend ainsi conscience des effets sur elle-même et sur les autres.

Le consentement implique ainsi d’évaluer le bien et le mal que l’on cause à l’autre et à soi-même. Le consentement pose ainsi l’aptitude à comprendre, à donner sens.

La contradiction entre le consentement et l’adolescence

Ainsi, on constate, selon cette analyse, que l’adolescence est une période où le consentement doit être considéré en amont comme nul et non avenu. Alain Finkielkraut fait le contraire.

Une adolescente, un adolescent, dont la personnalité est en train de se construire, qui n’a pas encore l’autonomie intellectuelle, éthique, psychologique suffisante et qui a en ce sens besoin de l’adulte, ne peut être considéré comme consentant, a fortiori quand il s’agit d’être abusé par une personne qui a une autorité et qui peut en user pour faire pression.

Si un adolescent peut se faire mal, se scarifier, pratiquer des jeux extrêmement dangereux pour sa propre vie, se droguer, se faire mal, etc, il est clair qu’il ne le fait pas par ce consentement que nous avons défini. Ainsi, il peut fort bien donner les signes apparents d’un consentement sans qu’il soit question, une seule seconde, d’un assentiment de sa part. L’âge adulte se définit entre autres par l’aptitude à évaluer les risques d’un acte, les siens et ceux des autres, ce qu’un adolescent ne peut faire pleinement.

Je crains qu’Alain Finkielkraut, qui par ailleurs peut être très perspicace sur d’autres sujets, ne s’égare ici totalement en s’accrochant à des préjugés d’un autre temps, à moins qu’il n’y ait une autre raison qui m’échappe.

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