Corbière - la meute

En défense de d'Alexis Corbière : il se défend très bien tout seul ...

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rajout le 30 10 

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et ça bien sûr :

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Scandale ! Une élue qui n’est pas propriétaire de son logement !
Et non, je ne suis pas en logement social…

Le Parisien ressort l’info : je suis dans un logement à loyer libre géré par un bailleur social. Je ne m’en suis d’ailleurs jamais cachée. Aucun scoop là-dedans, le Parisien avait déjà traité le sujet en 2014. Mais bien sûr, dans leur article, ils déforment, diffament en laissant croire qu’il s’agit d’un logement social, sous conditions de ressources.
Les chiens sont lâchés sur les réseaux sociaux : je serais en logement social, que j’occuperais à la place d’une famille démunie. Et bien non. Sachez que ce logement n’est pas un logement social. Quand j’y suis rentrée en 2003, la RIVP était ravie car je laissais mon deux pièces qui lui, était en logement social pour entrer dans un loyer libre, sans conditions de ressources. Mon logement ne bénéficie pas d’un seul centime d’argent public. Mon loyer est certes inférieur aux loyers spéculatifs du secteur privé (mais pas tant que ça, jugez-en par vous-même à ce lien : http://www.seloger.com/…/paris-2…/saint-blaise/104492523.htm) mais il est au-dessus de ce que coûte son entretien au bailleur. Un logement en loyer libre est un ancien logement social dont les années de location en logement social ont amorti les aides publiques du départ. Ces loyers collectés contribuent de fait au financement du logement social. Si je louais dans le secteur privé, comme beaucoup sont contraints de le faire, j’enrichirais juste un propriétaire privé. Si je quitte ce logement loyer libre, la famille qui viendra l’occuper ne sera pas une famille éligible au logement social, mais une famille ayant les mêmes revenus ou même plus élevés que les miens. D’ailleurs, si mon logement faisait l’objet d’un re-conventionnement logement social en PLI, pour une famille de deux adultes et deux enfants, le plafond de ressources serait dans ce cas à 89 656€. (https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F869)
Mais peu leur importe. Leur objectif c’est de salir et de dénigrer, ma personne et derrière moi la France Insoumise.

En 2014, au début de la mandature, l’exécutif municipal m’a bien précisé que ma situation ne relevait pas du logement social, que je n’étais pas dans un HLM et que je n’avais donc pas à déménager. Aucun ne m’a alors dit, « rester dans ce logement auquel tu as droit en tant que citoyenne est immoral en tant qu’élue ». Alexis Corbière était d’ailleurs dans le même cas. Salauds d’élu-e-s qui n’avaient pas d’héritages, de « bonne naissance » leur permettant d’être propriétaire à Paris ! Salauds d’élu-e-s qui sont attachés à leur quartier populaire et ne veulent pas vivre comme la majorité des autres élu-e-s. Suis-je la seule parisienne qui bénéficie d’un logement loyer libre pour le montant de ce loyer et avec le niveau de mes revenus ? Non, bien évidemment et ma situation financière correspond à celle de l’ensemble des résidents en loyer libre. Il n’y a donc aucune « affaire » dans tout cela. J’entends être traitée comme toute autre citoyenne, ni plus, ni moins.

Pour certains, il faudrait donc à tout prix que les élu-e-s soient tous déconnectés du reste de la population ? Tiens, on ne demande jamais combien d’élu-e-s sont propriétaires de plusieurs logements et ont le privilège d’une rente en louant bien au-dessus de sa valeur d’usage…

Le scandale pour les tenants du système, et ces chiens de garde de nombre de médias, ce n’est pas la spéculation immobilière et le trop peu de logements sociaux et de logements publics, non. Le scandale, c’est qu’une élue insoumise soit en loyer libre.

Tiens, combien d’élu-e-s, alors qu’on bénéficie d’une indemnité plus que correcte, cumulent avec un autre salaire au lieu de se consacrer à plein temps à leur mandat. On en parle ?
Tiens, ils sont aussi très silencieux sur l’encadrement de direction de ces grands bailleurs sociaux, car à la RIVP et à Paris Habitat, les hauts salaires étaient autour de 15 000€ par mois encore en début de mandature et j’étais la première à le dénoncer. On en parle ? Ils ont été depuis « normalisés », mais à combien ? Et où vivent-ils ?
Tiens, le gouvernement Macron en exigeant la baisse des loyers consécutive à la baisse des APL va tuer le logement social encore plus rapidement que ne l’a fait Thatcher. On en parle ?
Évidemment, le fait que cette « non affaire » sorte le même jour de l’accusation d’emploi fictif à l’encontre d’Anne Hidalgo et de l’article du canard enchainé sur les problèmes de comptes de campagne de 300 candidats LREM aux législatives est très certainement un pur hasard et non une tentative de contre feu…

Maintenant, profitons de cette polémique nauséabonde pour parler du fond, des politiques en matière de Logement. Mon engagement politique a toujours été de lutter pour le droit au logement et contre la spéculation immobilière. Depuis le début de la mandature, je dénonce les programmes de la ville qui privilégient les logements en PLS au détriment des logements très sociaux en PLAI et PLUS. Le fait est que ces politiques discriminent les familles les plus dans le besoin. Quand il faut 10 ans d’attente pour accéder à un logement réellement social, l’accès aux logements intermédiaires et aux loyers libres est très rapide, comme mon exemple d’ailleurs en atteste. J’ai demandé en vain jusqu’ici le nombre de logement en loyer libre qui restent vacants. L’exécutif a toujours contre argumenté au nom de la « mixité sociale », terrible concept qui vise à mépriser les classes populaires et faire croire que leurs conditions de vie changeraient si on virait une partie d’entre elles pour mettre à la place des familles de couches moyennes à élevées du salariat. Autre argument plus pertinent souvent avancé, il ne faut pas réserver le logement social aux plus démunis mais défendre également une politique de logement public. Bien sûr, je suis favorable au logement public, c’est pour cela que j’y habite. Mais j’ai toujours défendu, et souvent bien seule au sein du conseil, qu’en matière de nouveaux logements à créer, la priorité au social devait être accordée. Les pourcentages entre les différentes catégories de logements créés devraient reprendre les pourcentages des natures sociales des demandes. Hors, sur tout nouveau projet, on assiste en moyenne à un tiers de logements privés spéculatifs, un tiers de logements intermédiaires ou PLS pour seulement un tiers de logements réellement sociaux. Évidemment, les élus du conseil de Paris, républicains qui se sont toujours opposés au logement social dans leurs quartiers de riches privilégiés ont toujours refusé cette position. Mais les élus de la majorité PS et PCF et actuellement LREM également. Seul le groupe EELV et moi-même défendons ce refus d’un tiers privé et un tiers PLS pour seulement un tiers réellement social.
Ce qui est le plus pervers dans les attaques que je subis aujourd’hui, c’est que le discours de celles et ceux qui s’y engouffrent, journalistes et élu-e-s, vise à culpabiliser celles et ceux qui sont en logement loyer libre et logements sociaux, comme s’ils étaient responsables des nombreuses familles sans logement ou mal logées. Que ne dénoncent-ils pas les politiques qui sont, elles, responsables, comme je ne cesse de le faire ? Comment se fait-il qu’il y ait une bien plus grande couverture médiatique pour cette non affaire dont je suis l’objet, que pour les déclarations du responsable du Samu social qui nous alertait la semaine dernière sur le fait que chaque nuit 500 enfants avec leur famille dorment à la rue ? Les journalistes me somment de considérer ma situation comme immorale, je le refuse. Il ferait mieux de relayer la proposition que les bâtiments non occupés à l’Hôtel Dieu permettent d’accueillir ces familles à la rue !
Quand enfin les politiques en matière de logement considéreront que le droit au logement doit l’emporter sur le droit de spéculer sur le logement ? Que la justesse d’un loyer serait qu’il corresponde à sa valeur d’usage et à son coût et non à la loi du marché et des logiques spéculatives ?
Les profiteurs et les assistés du système ne sont pas ceux que l’on croit. Ce ne sont pas celles et ceux qui sont en logement social et en loyer libre, mais celles et ceux qui sont multipropriétaires, relouent et spéculent leurs propriétés, comme celles et ceux qui défendent leurs intérêts. Des gouvernements Sarkozy, en passant par Hollande puis Macron, et malgré la loi Duflot qui a été de suite vidée de sa maigre substance, rien n’a réellement été fait pour encadrer à la baisse les loyers et le foncier. Par contre, tout est fait et le pire se prépare pour asphyxier et privatiser le logement social et le logement public. Tout est fait pour vider les caisses de l’État en cadeaux par milliards aux plus riches, aux actionnaires, aux entreprises du CAC40 pour dans le même temps assécher tout financement public.
Mais la priorité d’une majorité des médias, c’est de salir celles et ceux qui combattent ce système spéculatif. Ceux qui les financent y ont intérêt. Nous leur faisons peur. Ils cherchent à nous mettre à terre. Mais nous restons debout et la bataille continue.
Merci à toutes celles et ceux qui m’ont témoigné de leur soutien.

 

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