ugo bernalicis

sécurité , propositions complètes larges et cohérentes (+ thomas legrand france nter sur la manif des policiers )

https://www.youtube.com/watch?v=E3ORSSiUW5s     ugo bernalicis

++     edwy plenel     https://www.facebook.com/Zoomsmedias/videos/287299659784854

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https://www.liberation.fr/checknews/2019/10/10/marche-de-la-colere-des-policiers-d-alliance-se-sont-ils-moques-des-gilets-jaunes-eborgnes_1756660/

réponse  : oui .

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https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-politique/l-edito-politique-20-mai-2021

Vous revenez sur la journée politique d’hier.

Une journée d’affaissement démocratique à cause de tous les élus qui sont allé (et sont resté) avec leurs écharpes tricolores, écouter sans broncher des responsables syndicaux policiers, demander en chœurs des peines minimales automatiques pour tout agressions contre les forces de l’ordre. Le principe même de la peine automatique est tout simplement une négation de la justice et aucune démocratie au monde n’en produit. Le principe de base, d’après lequel une peine prononcée par un tribunal doit être individuelle, personnalisée, établie selon des faits précis, tenant compte des antécédents et de l’histoire de l’accusé, après un procès contradictoire, est une règle intangible, encore rappelée par le Conseil Constitutionnel en juillet 2005. Une peine peut être automatique, quand par exemple, il s’agit de dresser une amende de 135 euros pour non-respect du couvre-feu. Parce que cette amende forfaitaire, d’un faible montant, pour un évènement extraordinaire, est de toute façon inferieure à ce que prononcerait un tribunal. Tous les élus qui ont écouté ces discours sans broncher savent pertinemment (espérons-le, du moins) que, jamais ils ne voteront une telle proposition. Quand Xavier Bertrand ou Marine Le Pen disent qu’ils changeraient la Constitution pour pouvoir la voter, ils s’avouent donc au début d’un parcours de dé-tricotage de l’état de droit par effacement du juge. Seuls JL.Mélenchon,  Julien Bayou et Éric Dupont-Moretti, hier ont fait preuve d’assez de sang-froid, de profondeur historique et juridique pour oser s’inquiéter de ce qui se disait devant l’Assemblée nationale. 

Mais Nicolas Sarkozy n’avait-il pas fait adopter des peines planchers ?

Eh bien non justement. En 2007, il s’agissait de peines minimales pour les récidivistes et (la précision change absolument tout) ‘sauf décision particulière et motivée du juge’, bref sauf si le juge était contre. C’était, comme souvent avec les lois d’affichages sécuritaires, du flan ! Du matamorisme creux ! Droite et gauche adorent ce jeu de rôle. La gauche s’étrangle d’indignation devant, en réalité, une non mesure et comme ça la droite à l’air dur et forte ! Il faut faire attention avec l’intitulé des lois. La loi étant maintenant un objet de communication plus qu’un instrument de fabrication du droit, on s’intéresse plus à la polémique autour de son annonce qu’à son effet réel. Les peines planchers de Rachida Dati n’en n’ont simplement jamais été et c’est tant mieux. Revenons à hier. Comment en arrive-t-on à ce que le ministre de l’Intérieur adoube des syndicalistes qui exigent des réformes inconstitutionnelles ? Des policiers qui n’ont pas les moyens d’arrêter les gros bonnets et qui donc s’usent à attraper des guetteurs de point de deal qu’ils retrouvent quelques temps après, en viennent à formuler des propositions d’arbitraire, de toujours plus de sévérité, ça a toujours existé. En revanche, que toute une génération de responsables politiques les écoutes sagement, l’air contrit (en fait la peur au ventre) ça c’est nouveau et dénote une baisse de niveau de conscience démocratique préoccupante. Aborder une présidentielle avec le trouillomètre dans le rouge  ce n’est pas bon.

L'équipe

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https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-politique/l-edito-politique-19-mai-2021

Gérald Darmanin ira saluer les policiers manifestants...manifestant ainsi contre lui-même puisqu’on y réclame un changement de politique ! Et il y aura aussi presque toute l’opposition (sauf LFI et une partie des écologistes).

À l'appel des syndicats de forces de l'ordre, des milliers de policiers prévoient de se rassembler ce mercredi 19 mai 2021 devant l'Assemblée nationale © AFP / Patrick Fouque / Photo12

Pourtant, l’appel de l’intersyndical n’est pas un hommage aux victimes policières. Il est question de revendications. Le rendez-vous est devant l’Assemblée Nationale. Ce n’est pas du tout un lieu de recueillement ! 

La situation traduit, non pas la solidarité du gouvernement et des oppositions à l’égard des forces de l’ordre, mais leur incroyable soumission, leur panique face aux exigences de ce que l’on peut appeler "le pouvoir de la police". Une telle démonstration souligne une perte d’autorité du politique au profit de l’un de ses instruments.

Quelle est la réalité sécuritaire de la police ? Incivilités grandissantes, agressions dans les manifestations, vétusté des certains locaux et matériels, état exécrable des relations avec les jeunes dans certaines cités gangrénées par le trafic. Le sentiment de n’être plus craint, qui n’est compensé que par une "robocop-isation" croissante … qui ne fait qu’alimenter l’ambiance générale belliqueuse. 

Mais la vérité du bilan humain n’est pas celle généralement véhiculée

Il y a deux sources fiables s’agissant des victimes policières : L’Observatoire National de la Délinquance et de la Réponse Pénale et le collectif Mémorial des policiers victimes du devoir. Si vous croisez ces données : 

Un policier, en 2020, avait près de quatre fois moins de risques de mourir au travail qu’il y a 30 ans, et deux fois moins qu’il y a 20 ans. 

Pour les blessés c’est du même ordre, les études criminologiques attestent que le ratio morts/blessés est toujours corrélé. 

Le sentiment anxiogène d’évoluer en milieu hostile, lui, c’est vrai, n’est pas quantifiable ! Mais les vieux policiers, les vieux reporters spécialistes police, le disent : le métier n’était pas plus sûr avant ! Au contraire ! 

Les ministres de l’Intérieur successifs qui affirment l’inverse tentent s’acheter la paix sociale. Souvent en vain. Il est plus facile d’accréditer le discours victimaire de certains syndicats (validées par la partie de la presse ‘Cnewisées’ et les réseaux sociaux), ou comme le dit Gérald Darmanin lui-même, par le ‘bon sens boucher-charcutier’, que de refonder la politique de maintien de l’ordre ou de s’attaquer aux racines de la ghettoïsation et du trafic. 

Le caractère insupportable de crimes terroristes, comme à Magnanville (qu’on ne peut décemment pas compter au titre des risques du métier admissibles), n’aide pas à l’appréhension sereine du débat sur le malaise policier. Mais la vérité des chiffres des victimes policières ne peut pas être une réponse suffisante à leur sentiment d’abandon, aux zones de non-droit (où même les pompiers sont agressés), à l’impression d’écoper la mer, de rattraper toujours les mêmes délinquants, au sentiment que la société en elle-même est, sinon plus violente, du moins toujours plus agressive et défiante ! 

Pourtant le courage politique serait celui de la complexité et de la nuance.  Mais nuance et complexité sont-elles encore efficaces contre le RN en 2022 ? Ce sera l’incessante interrogation des 12 prochains mois.   

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