hollande explosif

François Hollande propose de renommer le PS en «Les Socialistes». Problème : le nom a déjà été déposé en 2016 par la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, qui a quitté le parti en 2018.

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«Quand ils sentent un malaise entre la société et eux, ils ressortent le coup du changement de nom parce qu’ils pensent que c’est juste un problème de communication», souffle la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. L’ancienne socialiste – elle a quitté le parti en octobre 2018 – s’amuserait presque de voir ses anciens compères, François Hollande en tête, s’agiter pour trouver un nouveau nom au PS, comme l’a suggéré le premier secrétaire, Olivier Faure, mardi sur France Inter. Hier, l’ancien président a fait une proposition ô combien révolutionnaire : changer le PS en «Les Socialistes», soit exactement la même idée que celle formulée en 2017 par son ami Stéphane Le Foll.

A l’époque, déjà, un problème s’était présenté : le nom «Les Socialistes» a été déposé à l’INPI par Marie-Noëlle Lienemann, justement, en 2016. «Cambadélis voulait changer le nom et proposait quelque chose comme "Les progressistes". J’ai hurlé. J’avais prévenu les copains qu’on ne resterait pas dans un parti qui s’appellerait ainsi. Alors comme l’UMP avait changé son nom en "Les Républicains" et qu’on ne pouvait pas déposer "le PS", on a acheté "Les Socialistes"», raconte-t-elle, des notes d’amusement dans la voix. 

En haut lieu socialiste, certains ne sont pas non plus très favorables à un changement de nom, du moins pas dans ces conditions. «Je ne vois pas pourquoi gommer le mot "parti". Contre la hype, la mode, le vent, je préfère le vintage. Un bon vieux poing et la rose, ça dit aux gens ce qu’on est. On est socialistes parce qu’on pense que le commun est le seul moyen de construire une société décente, on est un parti parce que dans nos institutions on a besoin de partis et pas d’écuries», commente Charlotte Picard, secrétaire nationale adjointe du PS et élue d’opposition à Metz, tout en précisant que cette opinion n’engage qu’elle. La même ajoute : «Toute cette histoire de changement de nom me passe au-dessus : on a besoin de changer la vision que les Français ont de nous, j’en suis consciente, d’être à nouveau pleinement dignes de leur confiance, certes. Mais l’étiquette n’est pas un leurre, c’est un signe : on changera en changeant, c’est tout. Ou alors il faut m’expliquer en quoi le RPR d’antan n’existe plus…»

Si Olivier Faure veut que «la question du nom soit posée» prochainement au parti et pourquoi pas à l’occasion du prochain congrès – reporté –, il faudra de toute façon aller plus loin que la proposition de François Hollande. Car Marie-Noëlle Lienemann ne compte pas céder son bien. «Hors de question ! Surtout à eux, prévient-elle. Je ne confierai pas à Hollande le début d’un commencement d’une union des socialistes. Personne ne pense qu’il est socialiste. Il a tout fait exploser. Il n’a qu’à s’appeler "Les explosifs".»  

Sébastien Tronche , Sylvain Chazot

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