Primaire écologistes, des alliances incontournables : lesquelles ?

Jadot ou Rousseau : ces choix sont surtout ceux des alliances incontournables pour gagner la présidentielle.

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Par conviction ou opportunisme, certains soutiennent Jadot au motif qu'il est en capacité de gagner la présidentielle. Par conviction ou déni, ils formulent les choses de sorte qu'on pourrait croire qu'un candidat ou un parti, seul, peut remporter la présidentielle.

Ça n'a jamais été le cas, que ce soit en 2012 ou en 1981. Le choix du second tour de la primaire des écologistes n'est donc pas qu'entre Jadot et Rousseau mais aussi et surtout entre les potentielles alliances pour 2022.

Jadot lorgne depuis longtemps vers le PS où il est peu probable qu'Hidalgo, candidate, s'efface derrière lui. Si Jadot gagne, il est donc fort possible qu'il soit un candidat supplémentaire à gauche, avec les résultats qu'on voit déjà venir. Il est en outre sur une ligne prétendument centriste que nous avons déjà vu, et voyons trop souvent à l’œuvre pour le plus grand malheur du plus grand nombre. 

Rousseau lorgne plutôt vers LFI et Génération.s. Sont-ce les nombreux points de communs ces programmes dits de rupture que je souhaite voir unis pour la présidentielle ? Oui.

Est-ce qu'il est possible pour une telle alliance de remporter l'élection ? Peut-être. Ce qui est certain, c'est que les leaders de ces partis sont d'accord non seulement sur le fait qu'il existe de très nombreux points communs entre leurs programmes, mais aussi sur la nécessité d'une candidature commune. Bien sûr, de l'eau a coulé sous les ponts depuis cette convergence affichée il y a plus de 4 mois, et il en coulera encore d'ici la présidentielle.

Rousseau, bis repetita d'Hamon 2017 ?

En outre, il ne faut pas sous-estimer l'effet Hamon-PS qui menace Rousseau. Fort d'un très faible soutien du parti à la rose en 2017, il s'est retrouvé marginalisé mais a néanmoins fait le choix d'aller jusqu'au bout de sa candidature, avec les résultats qu'on connait : 6% et la création de "son" propre parti qu'il vient d'ailleurs de quitter.

Les Verts passent d'ailleurs une partie de leur temps à répéter sous anonymat médiatique que Rousseau n'a quasiment pas de soutien interne. Comme une prophétie de terre brulée si Jadot ne l'emporte pas...

Par ailleurs, le désaccord sur la stratégie européenne entre le PS représenté par Hamon d'un côté, et LFI de l'autre, est du même acabit que celui entre Rousseau et la ligne officielle de LFI. Ce désaccord stratégique de fond et de taille avait été un des prétextes officiels au refus d'union en 2017.

Il est de plus illusoire de penser possible l'union des Verts sur une alliance commune penchant vers LFI ou le PS.

En attendant le dénouement de ces intrigues, ce qui est sûr c'est que sans l'offre politique de Rousseau, la crédibilité et la constance qu'elle incarne pour l'instant, je n'aurais pas participé à cette primaire, comme beaucoup d'autres qui le font pour la première fois, dont certains que j'ai pu motiver grâce à elle.

En politique comme dans beaucoup d'autres domaines, il est souvent dit que les promesses n'engagent que ceux qui y croient. Espérons qu'elle fasse mentir cet adage. Pour cela, une des nombreuses étapes est de remporter la primaire.

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