Arriération mentale et intégration dans la modernité

Le fait religieux serait expliqué par les penseurs d'aujourd'hui d'un revers de main par l'expression d'une faiblesse de l'esprit dont les personnes croyantes ne peuvent se détacher et sont condamnées à porter.

La religion et les archaïsmes qui lui sont liés seraient l'authentique expression d'une arriération mentale collective où est convoqué le vocabulaire médical pour la critiquer.

Le fait religieux serait expliqué par les penseurs d'aujourd'hui d'un revers de main par l'expression d'une faiblesse de l'esprit dont les personnes croyantes ne peuvent se détacher et sont condamnées à porter.

Ce couple idéologique antithétique accompagne les manifestations néo-raciales qui sont devenues des normes d'application politique et sociale.  Les normes, les seules, d'application politique et sociale aujourd'hui sur le discours sur l'islam de France et son "peuple", les musulmans.

Le discours sur la laïcité se déploie dans le discours politique comme un chantage, une pression idéologique qui ferait valoir certaines valeurs et certains principes comme des normes suprêmes d'application sociale.

La laïcité est cette clef qui permettrait un passage symbolique entre l'arriération mentale vers l'intégration à la modernité par les valeurs républicaines universalistes.

Ses potentiels candidats doivent l'intégrer, la comprendre, l'accepter et la valider. S'assimiler, quitte à perdre de leur individualité en chemin en tant qu'ils représentent un élément méritant de cet ensemble autre.

Plus philosophiquement, on se rend compte que la population européenne possède une culture qui la rend capable de faire de l'objectivation religieuse. Si je me permets un peu de jargon spécialiste, leur praxis culturelle leur permet d'objectiver leur subjectivité.

Cette praxis permet l'ouverture d'un champ où se maintiennent toutes ensembles la religion (dans sa pratique républicaine, bien sûr), la politique et la culture.

Il est admissible dans un contexte européen sécularisé d'avoir empiriquement des convictions religieuses mais elles resteront toujours inférieures à la transcendance culturelle. La transcendance culturelle, qui offre la possibilité de critiquer la religion tout en conditionnant ses modalités d'existence.  La praxis culturelle, qui a comme force par rapport au culte religieux de pouvoir en déterminer sans passion, d'un point de vue intellectuel, les limites.

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