Le discours laïque et le discours médiatique - modalisation du discours politique.

Le discours laïque et le discours médiatique - sur l'idée qu'ils modélisent à deux voix et l'un l'autre les normes du politique et de l'espace public.

Penser la laïcité, c'est penser instinctivement à une conception politique typiquement française, matérialisée dans l'espace public avec un idéal, celui de la neutralité dans la pratique du culte. On ne peut pas envisager cette réflexion sans réfléchir à la manière dont ce concept a été modelé, transformé et adapté à des fins d'hégémonie politique.

La fin ? Renforcer un message universaliste qui n'a plus - et ce depuis un temps passé bien inscrit - en ligne de mire le rassemblement d'individus de différentes confessions. Comment la notion pivot extrêmement forte de laïcité a nourri le discours politique universaliste ? Comment le discours politique universaliste a nourri la laïcité telle qu'on la connaît aujourd'hui ?

Comment l'ensemble de cette démarche, de ce programme, à des fins biens précises, a orienté la conception française d'universalisme ? Quel rôle jouent les médias dans ce qu'on pourrait vulgairement appeler ce "projet" politique ? Comment les limites et les transformations du contenu de la structure hégémonique laïque ont permis de dévoiler l'inachèvement structurel du projet porté en 1905 ?

Comment les limites et les transformations du contenu de la structure hégémonique laïque ont permis de dévoiler les faiblesses conséquentes de ses instrumentalisations contemporaines ?

Comment réfléchir les situations de double-contrainte de femmes, objets et sujets du discours, qui voient leur corps devenir un champ d'affrontement et l'enjeu des volontés de puissance de la classe politique française ?

L'universalisme tel qu'il est entendu en France se déploie à travers une injonction permanente à suivre un modèle de pensée bien circoncis. Toute sortie, tout écart à ce modèle de pensée par la dissonance des mots, des termes conduit à l'exclusion plus ou moins dite, plus ou moins marquée, de l'espace de parole. 

Jusqu'à quel point la culture française a t-elle été établie sur un système occidental de domination ? Jusqu'à quel point cette structure de pensée influe sur l'autodétermination des individualités ? Comment de facto un rapport de pouvoir s'est établi entre ce système de pensée hégémonique et toutes les individualités à la superficie ?

Qui par leur genre, par leur culte, par leurs origines ont dû mettre en place des stratégies, conscientes ou non, affirmées ou non, d'assimilation à ce modèle ? Pourquoi a t-on longtemps parlé d'intégrer le modèle ? Pourquoi faut-il plus justement évoquer une assimilation réelle, tangible, où l'autre doit être partie du tout ?

Quels ont été et restent aujourd'hui les enjeux induits par la religion musulmane et sa pratique en France ? Comment la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905 s’est-elle transformée en prétexte, en moyen pour évincer, distancer, diviser et rejeter les populations minoritaires ?

Encore une fois : quel rôle ont les médias ? Quelle implication ont-ils dans ce phénomène ?

En 2017, au moment de la rédaction de mon mémoire, une importante question animait le débat politique, celle de la déchéance de nationalité. Comment ce projet législatif s'est-il incarné comme un parfait exemple de la hiérarchisation citoyenne ?

Si le principe d'universalité démocratique est sous-tendu par l'intégration des différences avec leur pacifique coexistence, il implique qu'il n'existe aucune civilisation supérieure à une autre. De quelle manière ce principe s'est transformé en procédé raisonnable et réfléchi de gradation voire de suppression d'autres systèmes de pensées ? Par suppression, j'entends très clairement et peut-être plus subtilement disparition, omission, démolition ?

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