Dépublication, ce jour, 25 mai 2021, de mon article du 18 mars - Message à Mediapart

Message du Club Mediapart : « Le 25 mai 2021 10:29 Dépublication "JUSTICE CONTRE-NATURE - Lettre ouverte à Mme PAUTRAT, Présidente du TJ de Nanterre". »

Bonjour à tous, 

J'ai eu la surprise, aujourd'hui, 25 mai 2021, de recevoir un message privé du Club Mediapart, m'informant, sans fournir aucune explication, de la dépublication de l'article "JUSTICE CONTRE-NATURE - Lettre ouverte à Mme PAUTRAT, Présidente du TJ de Nanterre", que j'avais publié le 18 mars dernier et dans lequel je racontais la façon dont s'était déroulée l'audience du 4 mars et livrais les réflexions qu'elle m'avait inspirées. 

Je ne comprends pas les raisons de cette dépublication.
Je viens donc de répondre à la notification reçue sur ma boîte mail pour leur demander d'avoir l'obligeance de me les expliquer brièvement, en m'indiquant, notamment, si elles tiennent au fait que l'article concerne une instance judiciaire ou si elles tiennent au contenu du témoignage lui-même. 

Il est important de préciser que, parallèlement à sa publication en ligne, j'avais envoyé cette Lettre ouverte directement à Mme PAUTRAT, Présidente du Tribunal de Nanterre, par courrier postal. (L'accusé de réception porte la date du 22 mars 2021.) Elle en fut donc informée dès le départ et pouvait y répondre par tous moyens légaux – ce dont la demande de faire supprimer l'article, sans autre forme de procès, ne fait pas partie. 

Je doute d'ailleurs que la dénonciation ayant motivé la dépublication de l'article soit le fait de Mme PAUTRAT elle-même. Elle est davantage caractéristique des façons de faire de l'avocat du Dr BAUJAT, Grégory KAGAN, qui s'était enorgueilli, à l'audience du 4 mars, d'avoir fait supprimer, début juillet 2018 – sans plainte préalable ni décision de justice, en faisant pression directement sur les hébergeurs – tous mes blogs-témoignages restants, qui avaient survécu aux campagnes de dénonciation orchestrées par les chirurgiens et les experts en 2009 et 2010 et aux suppressions massives auxquelles elles avaient donné lieu. Cette atteinte injustifiable, non seulement à ma liberté d'expression mais, encore plus gravement, à ma liberté de parole et d'action, qui me réduisait à l'impuissance en me privant de toute possibilité de me défendre contre les attaques des chirurgiens (ou de dénoncer les irrégularités commises par les juridictions) n'a suscité aucun commentaire de la part des juges. 

Le Service des Abonnés, qui a réceptionné le message, m'a dit qu'il le transmettait aux Responsables du Club. 
J'attends leur réponse avant de republier l'article sous la même forme ou une forme différente.
Il est consultable à cette adresse : https://azureine.blogspot.com/2021/03/catherine-pautrat-presidente-tribunal.html

En revanche, il n'y a pas de raison que je ne republie pas dès à présent la transcription que j'ai faite de certains extraits de l'interview du magistrat Georges DOMERGUE que j'avais mise à la suite de l'article, et qui illustre parfaitement mon propos.

Anne BUCHER
Azureine

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https://www.youtube.com/watch?v=VvioXoPv31Y  
28 avril 2018 - Entretien avec le magistrat Georges Domergue : L'intégrale
DIM Production - Le Réveil citoyen

# Le système judiciaire français sur le divan
Entretien avec Georges DOMERGUE, magistrat français

(...)
(20:50) « La justice tourne en rond. (…) Le système… on fait bouger une machine mais est-ce qu’elle produit quelque chose – de la justice ? Une vérité, de temps en temps ! (…) Je vais vous parler d’une affaire dans laquelle je n’étais pas mais j’ai entendu les suites, les réactions de mes collègues de la Cour d’appel de Versailles, totalement horrifiés, que des dossiers vides, vides, en terme de preuves, franchissent toutes les étapes, de l’enquête, du contrôle de l’enquête par un magistrat du parquet, qui décide ou ne décide pas, mais, là, qui décide des poursuites, enfin, qui ouvre une instruction en l’occurrence ; puis un juge d’instruction qui est censé apporter un nouveau filtre, contrôler les conditions de commission d’une infraction ; contrôler la décision finale de renvoi ou non de renvoi devant une juridiction. Ensuite on voit arriver un tribunal qui est quand même là pour vérifier une nouvelle fois qu’il y a des preuves réelles… Et ça arrive devant la Cour d’appel et tout le monde se regarde et on se dit : "mais il n’y a rien dans ce dossier. Y a pas les éléments." Et l’un des avocats généraux (…), qui n’est pas du tout critique à l’égard de la justice d’une manière générale mais (…) il a dit : "Ça fait peur ! " (…)
Il n’y a aucune protection intellectuelle, aucune rigueur. Dès lors que l’on a envie que quelque chose arrive, qu’on a le désir que quelqu’un comparaisse devant un tribunal, ça suffit à le faire arriver devant un tribunal. Et si le tribunal a envie qu’il soit condamné, ça peut suffire à le faire condamner. (…)
Donc, voilà : Ça fait peur ! (…) Donc, ça, c’est le système pénal français. C’est-à-dire qu’il tourne à vide. A la rigueur, on pourrait dire, comme on le disait à l’époque de l’affaire Dreyfus, quelqu’un le disait, pour dire que pas besoin de réviser le procès d’Alfred Dreyfus : "finalement, que Dreyfus soit coupable ou innocent, quelle importance ? " Ben oui ! Parce que les enjeux sont ailleurs, vous comprenez ? C’est l’image de l’armée, l’union nationale, etc. "Bon, écoutez, que Dreyfus soit innocent ou coupable…" Des phrases comme ça, on pourrait les dire tous les jours dans les tribunaux français. Eh, ben, oui ! Ça fait peur ! »

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(0:05) « La question se pose aujourd’hui. Compte tenu de la dégradation du système judiciaire, la question se pose de savoir si, aujourd’hui, on parviendrait à innocenter le capitaine DREYFUS. Je ne suis pas sûr qu’on obtiendrait ce résultat. Je pense qu’on est arrivé à un niveau de cynisme tel que le capitaine DREYFUS ou l’équivalent – son équivalent musulman, son équivalent de n’importe quelle origine – risquerait de rester coupable malgré son innocence. » 

https://de-de.facebook.com/fannybauermotti.officiel/videos/entretien-avec-le-magistrat-geoges-domergue/765355926998211/ 
Fanny BAUER-MOTTI
29 mars 2018
Le système judiciaire français sur le Divan, entretien avec le magistrat Georges Domergue (1:03)

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