En pleine pandémie, la Martinique en état de mort cérébrale

Le drame de la Martinique face à son avenir. L'histoire n'attend pas.

Je ne connais aucun des bienfaits de la colonisation, phénomène anthropique, surtout au regard des graves séquelles que l’on constate encore. En revanche, je connais une conséquence anthropique majeure de la colonisation en général, et de la colonisation française en particulier. C’est d’avoir complètement (comme on dit en Martinique) pété la tête des Martiniquais. 

 La Martinique est actuellement au bord de l’explosion, tout peut arriver et face à l’État policier français, le sang pourrait couler à tout moment.

Trente-neuf ans après la proclamation par Césaire du moratoire (Césaire le voulait comme « …un temps d’arrêt, le plus court possible… »), soixante-dix ans après la loi d’assimilation de 1946, et en ce jour du 172e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, l’heure n’est plus à la tergiversation et aux contorsions mentales dont l’objectif et le résultat ne sont que le maintien du statu quo institutionnel.  Un changement radical s’impose.

 Plongeons un peu dans la psyché des Martiniquais. La fameuse assimilation de 1946 assise sur les séquelles déjà bien profondes de l’esclavage, n’a conduit le peuple Martiniquais qu’à une situation d’assimilation-aliénation totale.

Voici un pays où l’on parle encore de bons et de mauvais cheveux, où la pigmentation noire est encore synonyme d’infériorisation et de dévalorisation. Pour décrire une personne noire, souvent l’interlocuteur répétera trois ou quatre fois l’adjectif noir, telle femme rencontrée «…était noire, mais elle était belle », etc. Et pan sur la négritude ! Acte parfait, parfaitement inconscient et terriblement grave d’autodénigrement, à l'insu de son plein gré pourrait-on dire !

 Ou encore une dame qui décrit un bébé de quelques jours en soulignant la laideur de ce petit être. Et qui termine ainsi : « voire encore s’il était noir »! Ouïe ! Et pan sur l’estime de soi !

 En Martinique, on travaille comme un nègre, ou alors on est fainéant comme un nègre. Vive la schizophrénie.

 Pour ce qui est de la relation avec la France, avec l’assistance des autorités politiques, le mimétisme est devenu une manière de vivre. Le peuple Martiniquais a été à bonne école. Dans sa lettre du 17 mai 1981 adressée aux candidats à l’élection présidentielle française, Césaire déclarait :

 « Le Parti Progressiste Martiniquais (…) pourrait proposer des départements d’Outre-mer en régions fédérales. Si nous faisons cela, nous aurons réussi à allier notre double souci de rester liés à la France et d’être de bons Martiniquais ; et, sans tomber dans le séparatisme qui nous serait mortel, nous aurons triomphé d’une autre séparation qui, elle aussi, à la longue, peut s’avérer mortelle, la séparation de l’homme d’avec lui-même.»

 Le mimétisme va jusqu’à ne plus parler de la France, mais de la métropole. Est-ce un progrès par rapport à la mère-patrie ? Assimilation-aliénation réussie.

 Quelle idée de construire dans une commune de l’île toute une place en l’honneur de Christophe Colomb (centaines de milliers d’euros) ! Et ce, alors qu'aux États-Unis (oui, aux États-Unis), au moins 8 États, 10 universités et plus de 130 villes dans 34 États observent maintenant la Journée des peuples autochtones pour remplacer la Journée de Christophe Colomb, qui était reconnue à l'échelon fédéral. Surtout un Christophe Colomb qui n’a rien découvert du tout. Regrettons simplement qu'il ait fallu un mouvement de protestation, suivi d’actions judiciaires contre les manifestants, pour que la municipalité en question accepte enfin de débaptiser la « Place du débarquement de Christophe Colomb ».

 Certains Martiniquais se battent pour être des relais locaux de partis politiques français. Ils se disent fiers d’être européens. Parallèlement à cela, certains d’entre eux sont offusqués, voire insultés, lorsqu’à l’étranger ou ailleurs, on leur demande s’ils sont africains. Quelle horreur, comment pouvoir imaginer qu’un antillais bien français, un bon Franco-Caribéen,  puisse être africain! Symbole du repli sur soi, que refusait Vincent Placoly ! Hélas, ces mêmes personnes vont défiler aujourd’hui, le 22 mai, pour commémorer la libération des esclaves. Mais pas la libération des esprits. Sans commentaire!

 Voici donc un peuple dont une partie non négligeable ne veut même pas sa propre langue, ne veut même pas être référencée par rapport à l’Afrique, juge le succès d’une fête au nombre de caisses de champagne (caisses, pas bouteilles) consommées et est fière d’alterner avec la …Guadeloupe comme premier ‘département consommateur de champagne de … France.  

 Une station locale de radio que j’aime bien diffuse une publicité dans laquelle l’annonceur trompette que la plage du Carbet fait penser à la Croisette en plein été ! Je me demande quelle clientèle est visée. Pas mal pour attirer le touriste !

 Ce n’est qu’en 1981 qu’a été supprimée des règlements scolaires en Martinique l’interdiction de parler le créole. Cependant, même en dehors du cadre juridique et institutionnel, le créole ne jouit toujours pas du même statut que le français.

 Un compatriote me dit, tout à fait tranquillement et sans état d’âme, que nous devrions nous débarrasser du créole, que nous n’en avons pas besoin, puisque nous avons déjà le ...français ! Et pan sur notre langue ‘nationale’.

L'oppression par le langage est souvent méconnue ou sous-estimée. Pourtant, comme l'explique Jean‑Paul Sartre dans la préface du livre de Fanon Peau noire, masques blancs, elle va conduire à une pétrification dépersonnalisante, ainsi qu’à une assimilation-aliénation totale du colonisé. Le racisme, l'ostracisme, la subordination, l'aliénation et l'oppression sont essentiellement entretenus par le langage. La langue fait partie d'un véritable système culturel d'oppression. Le résultat : peau noire, masques blancs.

Impossible d’avoir une vraie discussion entre amis sur la situation politique de la Martinique. Le mot indépendance est presque sorti du vocabulaire politique Martiniquais. D’ailleurs dès que vous prononcez le mot indépendance, vous pouvez être certain qu’on vous jettera à la figure le nom d’Alfred Marie‑Jeanne. Celui-ci est le reductio ad Hitlerum (Point Godwin) martiniquais.

Les Martiniquais vont vous embarquer en revanche dans une discussion sur le fameux grand remplacement (sauce Renaud Camus), sans se rendre compte que le vrai grand remplacement (le génocide par substitution dont parlait beaucoup le PPM à une certaine époque!) se fait non pas en France, mais sous leurs yeux, en Martinique, où nous avons déjà des ‘bantoustans blancs’ dans le sud de l’île.

Bon nombre de Martiniquais, victimes du syndrome de Stockholm, sont déjà en situation de servitude volontaire, de dépendance-assistanat assumée, désarçonnés par un fatalisme dévastateur et incapables de s’imaginer hors du cadre français. Ils demandent à être traités comme des Français, sinon ils ne se ‘sentiront plus français’.

Ils sont pourtant voisins de pays qui ont choisi purement et simplement la voie de l’indépendance et ne s’en portent pas plus mal. La Martinique n’est qu’à dix minutes de vol de Sainte‑Lucie ou de la Dominique, trente minutes de vol de la Barbade, etc. Je n’ai pas conscience que nos voisins de la Caraïbe ne sachent pas ce qu’ils sont ! Et leurs pays se développent mieux et plus sainement que la Martinique. Il ne faut pas avoir peur des mots, ni de reconnaître qu’il y a en Martinique, dans certains milieux, surtout au sein des élites politiciennes, une mentalité d’assisté chronique. Qui le niera ?

Pour en terminer avec cette plongée dans la psyché des Martiniquais, je ne fais que mentionner la question du racisme, car c’est en fait une question très simple.

Entendons-nous bien. C’est bien beau de "lutter contre le racisme". Il faut cependant comprendre, comme l’explique très bien Reni Eddo-Lodge, que le racisme n’est pas un problème de noirs. ‘Le racisme est un problème de blancs’[1], et c’est le titre d’un des livres de Reni-Eddo-Lodge. Ce sont les blancs qui ont un problème dans leur tête. Les blancs pensent qu’ils n’ont pas d’identité raciale, explique-t-elle, et c’est donc à eux et non aux noirs de régler leur problème de blancs. Les noirs n’ont pas à lutter contre le racisme, mais à réagir. Nous en parlerons dans un autre texte.  

 La Martinique se trouve donc dans un schéma : assimilation-aliénation-autodénigrement-folklorisation.

 Il y a dix ans, Cheick ANTA DIOP[2] déclarait:

 « …le mal que l’occupant nous a fait n’est pas encore guéri. Voilà le fond du problème. L’aliénation culturelle finit par être partie intégrante de notre substance, de notre âme, et quand on croit s’en être débarrassé, on ne l’a pas encore fait complètement. Souvent, le colonisé ressemble un peu, ou l’ex colonisé même, à cet esclave du XIXe siècle qui, libéré, va jusqu’au pas de la porte et puis revient à la maison, parce qu’il ne sait plus où aller... depuis le temps qu’il a perdu la liberté, depuis le temps qu’il a acquis le réflexe de subordination qu’il a pensé, comme appris à penser à travers son maître. C’est un peu ce qui est arrivé aussi à l’intelligentsia africaine.»

 Il faut prendre toute la mesure de la magnifique chanson de Jimmy Cliff ‘Poor Slave’, sortie en 1973, soit onze ans après l’accession de la Jamaïque à l’indépendance, et dans laquelle il nous dit : « Un esclave reste un esclave s’il ne peut penser de manière indépendante » (A slave is still a slave if he can’t think independently).

 En pleine réflexion sur l’avenir du pays, je tombe sur une interview récente du Président du Parti progressiste martiniquais (PPM)[3].

 Retenons ici certains propos du président du PPM lors de cet entretien:

 « Le PPM a déjà résisté 20 ans, il devra résister encore vingt ans…

Césaire a fait le choix d’une politique d’émancipation complexe et longue. Il n’a pas fait le choix de l’indépendance, …il n’a pas fait le choix de s’arrimer à une départementalisation vouée à nous assassiner, parce qu’une départementalisation sèche (sic) aurait fait disparaître tout ce qui est la fierté des valeurs purement martiniquaises… On serait assimilé complètement ……il a fait le choix d’une lutte longue pour assurer le droit à l’égalité d’un côté l’égalité avec la République française …Nous sommes français, nous le revendiquons. Mais en même temps nous sommes martiniquais quelles que soient notre couleur de peau et notre origine……Et le droit à la différence que nous exigeons n’est pas l’ennemi du droit à l’égalité…C’est la fusion des deux qui peut nous permettre de construire le nouvel homme qu’il a souhaité, le Nouvel homme antillais. Et c’est ce combat, je pense, au-delà des différences, que nous partageons. »

 Nous sommes vraiment dans un monde fou. Il nous est proposé encore vingt ans de soi-disant assimilation ? Mais alors il ne restera plus rien, ni de martiniquais, ni d’européen (?), ni d’africain ! Ayen ! Lè ou fè an féros, koté ou ka ouè zaboka-a enkô ? Magré tou sa i di, farine changé koulè douvan zaboka. Mé zaboka changé koulè tou! Allez, pour les non-créolophones, imaginons un bon petit punch, dans lequel nous avons bien assimilé notre rhum, le sirop et le zeste de citron. Est-ce que l’un de ces trois ingrédients existe encore en soi ?

 Certains, manifestement, se complaisent dans une certaine atemporalité.  Comme si l’histoire nous attendait. Il faut bien voir ce qui arrive aux peuples qui temporisent et, pour des raisons diverses, laissent passer la fenêtre d’opportunité. Il est vrai aussi que, selon ce fou de Fukuyama, l’histoire a pris fin en 1989.

  Certains passages de l’entretien mentionné ci-dessus sont véritablement inquiétants. Prochain mot d’ordre : la différence dans l’égalité, ou alors l’égalité dans la différence ?

 Vu que j’ai un petit côté Rip Van Winkle, je vais au-delà de la personne du président du PPM et je me dis que, sans m’en rendre compte, j’ai dû laisser passer un épisode important de la vie politique de la Martinique, avec des tables-rondes multipartites, des discussions dans les médias, des sondages, etc., sur le nouveau concept de construction du nouvel homme antillais, chantier qui aurait été confié par le peuple au PPM.

 D’ailleurs, le peuple martiniquais a-t-il été consulté pour ce véritable programme qu’offre le président du PPM, d’abord pour vingt ans (c’est lui qui le dit) puis pour l’éternité, à savoir la construction du nouvel homme antillais ?

 En fait, n’en déplaise à beaucoup, Césaire le politique a échoué, d’abord parce qu’il n’a jamais été un politicien, du genre politicien professionnel que nous connaissons en Martinique, et ensuite parce qu’il n’a pas voulu, pu ou su couper le cordon ombilical.

 On se rappellera toujours les références à la mère patrie, l’attachement inaliénable, etc., l’autonomie de gestion dans le cadre de……, etc. et autres mots d’ordre des années cinquante.

 C’est dans ce contexte que l’on peine à comprendre ce que Césaire entendait par émancipation. Un exercice littéraire, sans lien avec la réalité, et sans jamais envisager la rupture avec la France. Césaire, à mon avis, n’a jamais voulu ou pu se défaire de sa ‘francité’.

 Notons avec plaisir, (Montray Kréyol du 22 août 2019), comment, sur Twitter, l'écrivain martiniquais Patrick CHAMOISEAU, a réagi à l'indignation du député guyanais Gabriel SERVILLE quant au non-rangement, par la FNAC, des livres antillais et guyanais dans la littérature française... :

    « La Fnac a raison. Il faut avoir une mentalité de colonialiste ou une pathologie, assimilationniste pour considérer sans précautions que les nations sans État, dites "d'Outre-mer", sont intrinsèquement la France. »

 Indépendamment du facteur de temporalité, sur le fond on ne peut déduire de ce ‘programme PPM’, au mieux, qu’une forte méconnaissance des écrits ou paroles de Césaire, et, au pire, un détournement de ces écrits ou paroles.

 Césaire est reconnu à l’échelle internationale comme un écrivain exceptionnel. Est-il reconnu comme politicien du même acabit ? Non. Le même Césaire qui déclarait que «toute île est veuve», dit aussi (1980): «Je peux me tromper, mais je dis : ou bien la Martinique sera indépendante ou bien elle disparaîtra» , ou encore : « À titre personnel, en tant qu’Aimé Césaire, si vous me posez la question, je vous répondrai que, oui, je crois que la Martinique sera indépendante. ». Il y a chez Césaire tout un bouillonnement littéraire d’idées, et c’est tout à son honneur. C’est le rôle du poète et de l’écrivain de nous faire penser, pas de penser pour nous.

 C’est ainsi que François Mitterrand a multiplié les attentions en direction d’Aimé Césaire, davantage à mon avis vers le poète et l’écrivain que vers l’homme politique : 1982, Grand Prix national de la poésie ; juillet 1989, hommage du Festival d’Avignon ; juin 1991, La Tragédie du Roi Christophe entre à la Comédie-Française ; 14 juillet 1991, dévoilement par le Président Mitterrand d’une plaque au fronton du ministère des DOM-TOM.

 Toute évolution du statut institutionnel de la Martinique devrait se faire dans l’égalité. Et Fanon fait de la disparition du statut colonial un préalable incontournable.

 Or, nous avons d’un côté un parti, le PPM, qui ne peut, ne veut ou ne sait pas rompre le cordon ombilical et veut rester français, et de l’autre les anciens colonialistes ou néocolonialistes Français, qui sont incapables de faire disparaître le statut colonial dans leurs faits et dans leurs têtes, car ce statut sert de fondement à leur paralysante conscience suprématiste. Ce n’est certainement pas la politique africaine actuelle de la France (Françafrique) sa politique ultra‑marine néo-impérialiste qui infirmeront ce constat.

 Césaire n’était pas, à mon avis, un politicien, et il a eu le tort de croire la France et les gouvernements français successifs, d’avoir cru en eux et de leur avoir fait confiance. D’où par exemple ce fameux moratoire du PPM avec le gouvernement de François Mitterrand, demandé et proclamé par Césaire ! Si Mandela avait signé un moratoire avec l’Afrique du Sud de l’apartheid, celui-ci serait encore bien vivant. Si Patrice Lumumba …, si Thomas Sankara …, si Sylvanus Olympio, si… La liste est longue !

 Césaire n’était donc pas un politicien, d’où cette difficulté à savoir vraiment ce qu’il voulait. Le savait-il lui-même ?

 Voyons les faits :

 Discours de Césaire en juillet 1980, au VIIIe Congrès du PPM : « L’autonomie pour la nation martiniquaise, étape de l’histoire du peuple martiniquais en lutte depuis trois siècles pour son émancipation définitive ». À ce même Congrès, Aimé Césaire dira : ‘l’indépendance n’est pas un but, mais un moyen de l’émancipation de l’Homme Martiniquais.’

Lettre de Césaire du 17 mai 1981 adressée aux candidats à l’élection présidentielle française

 « Le Parti Progressiste Martiniquais (…) pourrait proposer des départements d’Outre-mer en régions fédérales. Si nous faisons cela, nous aurons réussi à allier notre double souci de rester liés à la France et d’être de bons Martiniquais ; et, sans tomber dans le séparatisme qui nous serait mortel, nous aurons triomphé d’une autre séparation qui, elle aussi, à la longue, peut s’avérer mortelle, la séparation de l’homme d’avec lui-même.»

  Il est certain que Césaire s’amuse avec la littérature, avec génie, il prend plaisir à écrire, mais il n’y a toujours pas de politicien en lui, ni de cohérence politique dans ses écrits. Il a eu des moments de désespoir, mais aussi d’espoir et d’ambition. Ne nous arrêtons pas au désespoir.

 Il est vrai que, comme je l’ai entendu de la bouche de plusieurs membres du PPM, que «le peuple n’est pas mûr». Cette expression en elle-même est un acte d’accusation. Comment ces politiciens peuvent‑ils se permettre de dire une horreur pareille ? Césaire n’a donc pas réussi, plus de soixante ans après avoir porté sa loi sur l’assimilation, à faire mûrir la population ? Et ses successeurs non plus ? Mais non, comprenons bien, ne mélangeons pas tout, c’est que ces gens se croient supérieurs ‘au peuple’ et au‑dessus de lui. Ce sont eux qui décideront du moment où le peuple sera mûr ! Il vaut mieux en rire. C’est la logique parfaite d’une dictature intellectuelle et politique annoncée.

 Croyez-vous, chers Martiniquais, que l’actuel PPM (devrait-on dire Parti du permanent moratoire ?), saura résister à la France, sans doute la plus vicieuse et la plus magouilleuse des puissances coloniales ? Ou alors le PPM va-t-il, lui aussi, signer avec la France un Pacte pour la poursuite de la colonisation ?

 C’est à cette France, dont les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, que le peuple Martiniquais veut rester arrimé ? Voyez avec quels stratagèmes l’actuel locataire de l’Élysée essaie de recoloniser l’Afrique, tout en faisant mine de jeter le CFA et en renouant avec l ’impérialisme le plus crasse, en voulant accaparer quelques îlots de Madagascar, en violation d’une résolution de l’ONU. Toujours l’argent, la cupidité et la lâcheté de n’attaquer que les plus faibles. Encore une des ‘valeurs occidentales’. Vous allez négocier avec cette France-là ? Pour la France et ses comparses occidentaux, mondialisation signifie subordination de ceux qu’ils considèrent comme les inférieurs. Pour eux, l’universel c’est eux et ils mettent carrément à l’écart plus d’un milliard et demi d’humains. Pure folie.

 Le fait même de croire la France est une abomination. N’oublions pas que la fameuse déclaration des droits de l’homme, dont les Français et Franco-Caribéens se gargarisent, est proclamée alors que l’esclavage et la traite négrière battent leur plein ! À cette occasion on ne peut pas reprocher à la France d’avoir ignoré l’homme noir, puisqu’à l’époque l’homme noir n’existe pas, il n’est alors qu’un bien meuble, et n’est pas (encore) entré dans l’histoire, selon certains.

 Nous avons plein de politiciens professionnels, mais qui pour la plupart ne sont que des gérants locaux. Il n'y a aucun leader naturel pour former une pensée politique au pays, à la grande satisfaction de l'État français. Le peuple verra un jour la vérité. On dirait qu’il existe au sein du PPM une conspiration du silence, qui ne fera que conduire ce parti à sa perte.

 "La langue est l'habit de la pensée", a superbement dit Samuel Johnson. Quelle pensée pourrait‑on habiller en Martinique actuellement ? La construction de ce nouvel homme antillais ? L’État français aurait-il déjà promis au président du PPM de faire naître ce nouvel homme avec lui ? Cela témoignerait de la part du PPM d’une méconnaissance totale de l’histoire coloniale et néocoloniale des Occidentaux et de la France en particulier. Le PPM le ferait tout seul, par l’Immaculée conception ?

 Il me semble que s’impose un changement d’approche, aussi bien de la pensée que de l’expression en faveur désormais d’un vrai langage d’émancipation, en vue de l’indépendance du pays Martinique, pas dans cent ans, mais le plus vite possible. La temporalité est essentielle. Regardez ce qui est arrivé à Porto-Rico. À force de tergiverser, le pays n’existe pratiquement pas. Regardez la Palestine, qui est purement et simplement en train de disparaître, au terme d’un soi-disant processus de paix, dans le cadre duquel la France s’est contentée de parler, en n’y manifestant qu’un intérêt de pure forme.

 Seul un peuple uni, fier de lui-même et conscient de sa vraie identité pourra faire preuve de la détermination nécessaire pour résister à la vocation néocolonialiste de la France. Le chantier doit démarrer. 

 Je veux bien que Césaire ait été un défenseur du Cosmos[4], mais je lui laisse le Cosmos pour lui tout seul. Dans le monde réel dans lequel nous vivons, la planète aura disparu bien longtemps avant l’avènement de « l’humanisme universel »! Car Césaire lui-même s’exaspérait des fois : « germeras-tu une tête tienne sur tes épaules renouées ».

 Il ne faut cependant pas désespérer. Il y a en ce moment un mouvement de jeunes, et de moins jeunes, qui sont très décidés à ne plus accepter cette situation néocoloniale dans laquelle se trouve la Martinique. On peut parler d’ébullition, en espérant que le sang ne coulera pas. Les jeunes notamment ne peuvent pas compter sur nos politiciens fonctionnaires professionnels dont le gradualisme affiché n'est qu'un appui au statu quo. Celui-ci se caractérise, comme le dit Raphaël Confiant, par « une situation de discontinuité et ethnique et géographique et historique et linguistique et culturelle avec la France. ». Prenons exemple sur l’Afrique, qui connaît actuellement un bouillonnement sans fin et se révolte contre l’Occident, pas seulement contre la France et aussi contre d’autres, comme la Chine. Cette pandémie aura été l’occasion, espérons-le, pour les Martiniquais, d’ouvrir les yeux. Debout la Martinique, au travail Matnik !

 « quand donc cesseras-tu d’être le jouet sombre

au carnaval des autres

ou dans les champs d’autrui

l’épouvantail désuet

 ( dans Hors des jours étrangers, Recueil « Ferrements »Ferrements)

Je reprends dans son intégralité, en fin de texte, pour plus de commodité (http://latribunedesantilles.net/article/cesaire-et-lindependance-par-r-confiant  ) l’article suivant: A. CÉSAIRE ET L'INDÉPENDANCE PAR R. CONFIANT, Vendredi, décembre 4, 2009 - 18:06

cesaireconfiant2.jpgChronique du temps présent.[5]

 

[1] Le racisme est un problème de blancs, de Reni Eddo-Lodge, publié chez Autrement. Essais et documents

Paru le 26/09/2018 Genre : Essais. ISBN : 9782746747371.

[2] Vidéo du 22 octobre 2010, intitulée  «La Cécité intellectuelle» (https://youtu.be/7pligq76dB4)

[3] https://www.youtube.com/watch?v=ctyomebXa7o

Libre Antenne du Mardi 05 Mai 2020 avec Serge Letchimy (Zouk TV)

 [4] Repris de Soleil éclaté (Mélanges offerts à Aimé Césaire à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire par une équipe internationale d’artistes et de chercheurs, édités par Jacqueline Leiner).

[5] (http://latribunedesantilles.net/article/cesaire-et-lindependance-par-r-confiant ) l’article suivant: A. CÉSAIRE ET L'INDÉPENDANCE PAR R. CONFIANT, Vendredi, décembre 4, 2009 - 18:06

cesaireconfiant2.jpgChronique du temps présent.

 

  1. CÉSAIRE ET L'INDÉPENDANCE PAR R. CONFIANT

Vendredi, décembre 4, 2009 - 18:06

Chronique du temps présent
Aimé Césaire (1980) : « Je peux me tromper, mais je dis : ou bien la Martinique sera indépendante ou bien elle disparaîtra »

   Il y a quelque chose d’à la fois amusant et grotesque à voir le néo-PPM, tant dans ses déclarations orales qu’écrites, commencer systématiquement celles-ci par une citation d’Aimé Césaire. Un peu comme les chrétiens évangéliques ou les fondamentalistes musulmans qui dégainent toujours un verset biblique ou une sourate coranique avant d’oser faire la moindre déclaration. Loin de moi l’idée de questionner la filiation entre le Nègre Fondamental et ceux qui se réclament de lui à travers le parti qu’il a créé suite à sa rupture avec le Parti communiste, mais il convient tout de même de souligner que soit par ignorance soit par duplicité, ces messieurs-dames ne nous servent que les sourates qui les arrangent. En fait, l’œuvre de Césaire est comme la Bible ou le Coran : on peut lui faire dire tout et le contraire de tout. De même que dans ces vénérables ouvrages religieux, on peut trouver des leçons de fraternité et dix pages plus loin, des injonctions d’une férocité inouïe envers les adversaires ou les ennemis, de même dans l’immense masse de discours, d’articles, de textes littéraires écrits par Césaire et autres interviews qu’il a pu accorder au cours de sa longue vie, on trouve de quoi démontrer tout aussi bien qu’il était un autonomiste qu’un…indépendantiste.

  Quelques exemples :

  . « Nous avons un paysage, il faut en faire un pays. Nous avons une population, il faut en faire un peuple. Nous avons un territoire, il faut en faire une nation. »

  . « Si vous voulez savoir ce que je suis, je ne suis pas le maire de Fort-de-France, je suis un Nègre-Marron ! Je refuse les grands frères, je refuse les tontons… »

  . « A titre personnel, en tant qu’Aimé Césaire, si vous me posez la question, je vous répondrai que, oui, je crois que la Martinique sera indépendante. »

  . « J’ai l’esprit anti-bourgeois. Les gens s’imaginent que je suis un nègre gréco-latin parce que j’ai étudié le grec et le latin. Vous croyez que j’ai oublié le créole ? Eh bien non ! » (cette sourate-là c’est pour Edouard Delépine qui, dans une récente tribune de« France-Antilles », reprochait à Claude Lise d’utiliser des phrases créoles dans ses discours au détriment des citations latines)

  . « La Martinique est à la veille de 1789. »

  Ces citations, extraites d’une interview donnée en 1980 au« Journal Guadeloupéen » et 1985 à « Paris-Match », le néo-PPM ne les brandit jamais et pour cause ! De même qu’il feint d’oublier que Camille Darsières avait déclaré dans un fameux discours : « Amis européens, partez avant qu’il ne soit trop tard ! ». Phrase hallucinante que, pour ma part, je n’ai jamais entendu aucun indépendantiste prononcer. Ni Marie-Jeanne ni Saé, ni Carole, ni Malsa ni aucun autre n’ont jamais demandé aux Blancs de faire leurs valises sous peine d’être jetés à la mer. Certes, la « pwofitasion » békée d’une part et la caldochisation« métro » de notre pays est dénoncée régulièrement par eux, mais elle n’a jamais pris la forme d’un brutal ultimatum comme chez l’avocat césairiste.

  Comment comprendre de telles foucades d’apparence ultra-révolutionnaire chez des gens par ailleurs bien sous tous rapports, maniant une langue des plus académiques et nullement disposés à troquer leur costume-cravate contre un uniforme vert olive de barbudo ? Étaient-ce des dérapages verbaux ? des rodomontades ? l’expression d’une certaine lassitude face à une situation bloquée et donc l’expression d’un certain désespoir ? des cris d’amour déçu envers une France qui nous a sans cesse menés en bateau ? Je ne saurais répondre pour Darsières, mais pour Césaire, je pense qu’il y a un peu de tout cela à la fois. J’ai passé trois ans de ma vie à lire tous les discours politiques de ce dernier, tant en Martinique qu’à l’Assemblée nationale, presque tous les livres importants sur sa personne en français et anglais et bien sûr ses œuvres littéraires, afin d’écrire mon ouvrage« Aimé Césaire—Une traversée paradoxale du siècle ». C’était il y a dix-sept ans (1992), au siècle dernier. À l’époque, je fus voué aux gémonies par les césairolâtres au motif que je cherchais « à tuer le père », mais aucun d’eux n’a jamais osé essayer de démontrer que tel ou tel passage dudit livre était erroné. Et pour cause ! Il est bardé de citations peu connues de Césaire et je suis sûr que la plupart des zélateurs du Nègre fondamental n’ont pas lu le dixième de lui et sur lui de ce que moi, j’ai été amené à lire. D’ailleurs, les césairolâtres ont été plus royalistes que le roi puisque Césaire, après la sortie du livre, n’a jamais refusé de me recevoir et de discuter avec moi. De nos entretiens, j’ai tiré un texte qui s’appelle « Conversations avec le Nègre fondamental » que je ne publierai pas parce que sa famille a exigé de l’examiner avant, ce qui à mes yeux n’est pas acceptable. Mais ceci est une autre histoire…

                                                             Indécision

Pour m’être très profondément plongé dans son œuvre et pour avoir discuté avec lui, j’en retire le sentiment que Césaire aurait condamné la position actuelle du néo-PPM quant à l’article 74. Il n’a jamais, en effet, considéré que l’autonomie fût l’étape finale, l’objectif ultime de la lutte du peuple martiniquais. Je mets au défi le néo-PPM de produire une sourate où il déclare pareille chose. Césaire aimait faire référence aux provinces italiennes ou aux länder allemands pour dénoncer le jacobinisme français, mais il savait pertinemment que quoique autonomes, ces régions participaient de l’histoire de ces deux pays, de leur ethnicité surtout, alors que nous autres, Antillais, sommes en situation de discontinuité et ethnique et géographique et historique et linguistique et culturelle avec la France. Il savait aussi qu’une telle discontinuité ne pourrait jamais être comblée ou effacée, sauf par le génocide par substitution qu’il s’employât à dénoncer par ailleurs. C’est pourquoi le statut d’autonomie n’était dans son esprit qu’un moment de l’histoire du peuple martiniquais. Un moment qui vraisemblablement serait long, mais qui en aucun cas ne saurait être définitif. Or, que cherche à faire le néo-PPM avec son article 73 constitutionnalisé ? Il veut graver l’autonomie martiniquaise dans le marbre de la constitution française. Autrement dit, nous amarrer définitivement à un pays qui, non seulement se trouve sur un autre continent, mais qui a une ethnicité, une histoire et une culture différents des nôtres. À la limite l’article 73 de la Droite est moins pire que l’article 73 constitutionnalisé du PPM car lui au moins, il n’est figé dans aucun marbre. Tellement peu figé d’ailleurs qu’en 2003, les FMP et l’UMP distribuaient des tracts portant le titre : « Article 73 =Indépendance ». Aujourd’hui, ils sont pour !!!

                                                          Misérables arguments

Afin de tenter de crédibiliser sa position, outre l’utilisation biblico-coranique des écrits césairiens, le néo-PPM en est venu à ces temps derniers à utiliser deux arguments dont on a du mal à savoir s’il relève du misérabilisme intellectuel régnant dans ce parti depuis la disparition des Pères fondateurs ou au contraire d’une volonté de prendre les Martiniquais pour des « ababa ». Ces deux arguments sont les suivants :

  . Toussaint-Louverture, qui réclama l’autonomie de St-Domingue, fut un précurseur de Césaire (et Dessalines-mais ce n’est pas dit ouvertement-eut tort de conduire le pays à l’indépendance)

  . La situation de la Martinique (de même que de la Guadeloupe et de la Guyane) est une exception dans l’histoire des peuples du monde

  Le premier argument est frappé du sceau de l’anachronisme et quand on le voit utilisé par des gens qui se prétendent historiens, on a de quoi se poser des questions quant au titre dont ils se parent. Je ne ferai pas l’injure aux lecteurs de rappeler que la Saint-Domingue coloniale n’a strictement rien à voir avec la Martinique d’aujourd’hui. La première était la plus riche colonie du monde avec laquelle la métropole coloniale faisait 40% de son commerce extérieur. Ensuite, cette île était peuplée d’…Africains. En effet, sur les 450.000 esclaves noirs qui travaillaient dans ses plantations, 400.000 étaient nés en Afrique. Les Noirs créoles n’étaient donc qu’une petite minorité de 50.000 personnes. Nulle part sur le continent américain on ne trouvait un tel déséquilibre entre « bossales » et « créoles » ! Et si la révolution haïtienne a été un succès, c’est en grande partie grâce à cette particularité, un esclave né en Afrique étant bien évidemment plus rétif à l’esclavage que son alter ego créole. Toussaint était un esclave créole, un officier de l’armée française, un homme qui effectivement n’était pas prêt à la rupture avec la France et qui tenta en vain de transformer St-Domingue en un dominion français. On n’a pas la place ici pour développer davantage mais quel rapport entre cette St-Domingue-là et la Martinique d’aujourd’hui ? Déjà la Martinique de l’époque de Toussaint était très différente de St-Domingue, allez voir celle d’aujourd’hui !!! Quant aux personnalités de Toussaint et Césaire : rien à voir. Le premier était un esclave, d’abord analphabète, puis autodidacte, qui de par sa naissance à l’île de Grenade, avait un tropisme antillais assez développé alors que Césaire est un normalien et écrivain de renom ayant développé un tropisme français et africain qui le poussa à ignorer la Caraïbe (hormis Haïti où De Gaulle l’envoya en mission). J’ai posé la question à Césaire de savoir pourquoi il n’a jamais visité vraiment la Caraïbe. On lira sa réponse dans mon livre si jamais il paraît un jour.

  Justifier donc la reculade actuelle du néo-PPM en ayant recours à la position d’un Toussaint Louverture qui date de la fin du…18è siècle et comparer une colonie de production telle que St-Domingue à une colonie de consommation telle que la Martinique du 21è siècle est tout à la fois scabreux et hilarant.

                                                                 Exceptionnalité

Autre argument risible utilisé par le néo-PPM : la trajectoire historique de la Martinique serait radicalement différente de celle de tous les autres peuples colonisés de la planète, ce qui expliquerait qu’elle soit vouée à un destin particulier, celui d’être définitivement intégrée à la France. On se demande d’où provient cette extraordinaire exceptionnalité ? La Martinique serait-elle « l’île élue » comme d’autres se prétendent « le peuple élu » ? Outre l’hypertrophie de l’ego assez comique que dénote une telle affirmation, on se rend compte qu’elle relève d’une imposture intellectuelle : en fait, rien dans notre histoire de colonie de plantation ne nous distingue radicalement des îles anglophones voisines, par exemple. Et notre prétendue exceptionnalité n’a démarré qu’en 1946, pour ne se concrétiser qu’à compter des années 1970. Hier, quoi ! L’autre jour. Ben oui, ça ne fait pas très longtemps qu’on est exceptionnels. Tiens, pour les sceptiques, voici une sourate césairienne :

  « Je crois que la Martinique a vocation à l’indépendance. C’est dans l’ordre de l’idée, de la philosophie historique…ça me paraît vraisemblable et Grenade, Sainte-Lucie, la Dominique sont indépendantes. Croyez-vous que la Guadeloupe et la Martinique sont d’éternelles parenthèses et indéfiniment jusqu’à la fin des temps ?...ou jusqu’à l’extinction naturelle car, au train où ça va, nous disparaîtrons ! » (in « JOUGWA »,1980)

  Donc, non, Césaire ne pensait pas du tout, comme ses incultes zélateurs d’aujourd’hui, que la Martinique fut si différente du reste du monde. Il croyait qu’elle était une nation qui comme toute nation à vocation à être souveraine et à s’autogouverner.

  Dans 6 ans, les trois-quarts du si peu qui nous reste de terres agricoles auront disparu sous le béton et le bitume. Dans 6 ans, notre littoral sera complètement privatisé. Dans 6 ans, le nombre de non-Antillais s’installant chez nous sera multiplié par deux ou trois. Dans 6 ans, notre langue et notre culture créoles seront définitivement folklorisées.

  Dans 6 ans, nous commencerons à ne plus exister comme peuple. Nous ne serons plus qu’un assemblage hétéroclite de petits négros franchouillards. Holà ! Il pousse loin le bouchon, ce provocateur de Confiant. Mais non ,les amis, lisez-moi attentivement une dernière sourate césairienne et vous verrez que je n’exagère pas du tout. Attentivement, s’il vous plaît :

  « Si les Caraïbes ont disparu, je ne vois pas pourquoi 600.000 Martiniquais-Guadeloupéens ne disparaîtront pas. Ils seront absorbés, déglutis ! Il y aura toujours une Soufrière ou une montagne Pelée, une Guadeloupe ou une Martinique peut-être, mais il n’y aura plus ni Guadeloupéens ni Martiniquais…Il restera quelques personnes plus bronzées que les autres… »

  Amen.

 

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