Laurent Alexandre le Grand Inquisiteur

L’incontournable docteur et créateur de Doctissimo lance des tribunaux populaires fictifs (alléluia) sur twitter. Les accusés ne sont pas les grands prêtres, dieu merci, mais les hérétiques, ceux qui ne croient pas à la toute-puissance salvatrice de tous les vaccins. Vade retro.

La parole divine de Laurent Alexandre s’accommode fort bien des petits mensonges bien calibrés. Normal, pour guider le petit peuple, ce n’est pas la vérité qui compte, c’est le chemin. Ses réquisitoires ne sont que des piteux sondages, fort heureusement. Voyons celui du 6 décembre :

dla-fouche

Louis Fouché est « proche » de Didier Raoult, c’est vrai : il est réanimateur à l’hôpital de la Conception, situé à 300 mètres de l’IHU Méditerranée de Marseille. Mais l’important est que le Dr Fouché n’est pas comme son voisin, un directeur tenu de composer avec les financeurs de son institut. Sa parole est libre, c’est ce qui fait de lui un danger pour l’establishment et ses sbires.

Louis Fouché n’a pas “déclaré à Marseille que le gouvernement organisait“ quoi que ce soit. Il a dit lors d’un rassemblement : « La science elle-même se désagrège […] Les articles scientifiques pleuvent pour dire que la vaccination [covid] c’est une énorme connerie, que c’est toxique, les médecins eux-mêmes commencent à se révolter et à dire mais aller vacciner les personnes âgées en Ehpad, mais vous êtes fous ou quoi.. c’est un génocide ! Avec des trucs dont on n’a même pas commencé à savoir s’ils sont efficaces ou toxiques ! ».

Un inquisiteur devrait savoir la différence majeure qu’il y a entre la volonté de commettre un crime organisé, et le fait de céder à des pressions diverses. La lourdeur de la peine en dépend. Louis Fouché ne tranche pas cette question, on ne sait même pas s’il cite les « médecins » ou s’il parle en son nom. Quand il s’exprime posément, il transmet son savoir sur le caractère expérimental du vaccin à ARN messager développé par Pfizer, qui se rapproche plus d’une thérapie génique que d’un vaccin, et ce qu’il considère comme une folie, l’idée de l’inoculer à une large population alors qu’il n’existe aucun recul sur ce processus. Dans cette vidéo de 37 mn « d’invitation à la prudence », il ne parle pas de génocide. Mais on peut aussi écouter le Pr Éric Caumes, très en lien avec l’industrie, sur France Inter à 6 minutes : malgré sa liberté de parole visiblement bridée, il parvient au finish à délivrer un message de « bon sens ».

Louis Fouché ne « délire » pas, il questionne ce que les croisés du vaccin ne questionnent pas, pas même ce que veut dire « l’efficacité » d’un vaccin, évaluée par un laboratoire juge et partie, dans des conditions peu transparentes, un vaccin censé protéger d’un coronavirus dont la particularité est de muter à toute vitesse.

Quand face à un Morandini médusé, Laurent Alexandre « peut imaginer qu’on rende pour les personnes âgées la vaccination obligatoire », en dépit des risques et sans recul, parce que « leur espérance de vie est résiduelle », nage-t-il en plein délire ?

dla-pfizer

Le « fan de Georges Orwell » piaffe d’impatience. Les données du vaccin Pfizer sont tellement « rassurantes » que le lendemain même, les anglais avertissent qu’il ne « faut plus le donner aux allergiques » (Pfizer ne s’en était pas aperçu ?!), avec l’écho du Pr Caumes qui redouble de vigilance, mettant en garde contre les effets secondaires du vaccin :

pfizer-probleme

Laurent Alexandre a « Zéro conflit d’intérêt » avec Pfizer, peut-être, mais certainement pas avec les manipulations génétiques : président de DNAVision, une société belge de séquençage d'ADN, il investit tous azimuts dans les NBIC, les technologies hybrides biologiques et électroniques, trustées par les transhumanistes de Google et Cie. Il est donc intéressé à plus d’un titre dans l’expérience Pfizer d’un ARN génétiquement modifié balancé dans le sang de toute une population : cela pourrait ouvrir (ou fermer, d’ailleurs) la voie à de multiples applications qui font rêver les mystifiés de l’homme augmenté.

L’éthique à géométrie variable de l’abonné des commissions d’éthique parlementaires (en tant qu’expert ou lobbyiste, telle est la question), n’a pas fini de nous épater avec ce tweet-sondage qui crève les plafonds du cynisme :

dla-fourtillan

Jean-Bernard Fourtillan fut entre autres Professeur agrégé de chimie thérapeutique et de pharmacocinétique, pharmacien hospitalier, expert toxicologue auprès du Ministère de la Santé, responsable en recherche biomédicale, fonction au cours de laquelle il invente un patch hormonal nommé Valentonine, qui aurait un effet régulateur étonnant sur le système veille-sommeil de l’organisme. Vingt ans plus tard, il engage des essais avec des volontaires atteints des maladies d’Alzheimer et Parkinson, avec des améliorations qui sembleraient radicales, selon des témoignages de patients. Sans l’autorisation de l’ANSM, dont la dépendance vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique est de moins en moins contestable, ces soins ne bénéficiaient pas d’un cadre réglementaire adéquat. L’ANSM stoppe donc ces essais en 2019 et engage des poursuites en justice contre le professeur Fourtillan.

C’est lors d’une convocation dans ce cadre qu’il s’est fait interner en psychiatrie sur une « décision de justice » incompréhensible en l’état. Venu protester devant l'asile, son ami le Dr Jean-Philippe Labrèze déclare : « On fait taire quelqu’un qui est tout à fait sain d'esprit, mais qui dérange par ses paroles et son travail qui ne reflètent pas la ligne officielle en terme médicaux et de méthodes de lutte contre le Covid-19 ».

Qu’il dérange, c’est le moins qu’on puisse dire : il venait d’annoncer avoir déposé plainte contre l’institut Pasteur, qu’il accuse d’avoir participé à l’élaboration d'un virus artificiel (SARS-COV-1 et/ou SARS-COV-2 ? La plainte ne semble pas publiée. Une “plainte“ non signée circule sur le net, elle est peu cohérente avec les analyses du mois d'aout).

I, lequel serait donc une construction de laboratoire.

L’institut Pasteur a d’abord clamé qu’il porterait plainte contre X pour diffamation, mais il n’est pas passé à l’acte.

Il a publié un démenti détaillé donc voici les grandes lignes :

« L’institut Pasteur n’a pas inventé le Covid-19 ni le virus à son origine, le Sars-CoV-2 ».

« Le brevet de 2004 décrit la découverte du virus SARS-COV-1 puis l’invention d’une stratégie vaccinale contre ce virus ».

Les outils décrits dans ce brevet servent « notamment en tant que réactifs de diagnostic et/ou comme vaccin ».

Commentaires :

. Réactifs et vaccin ne sont pas les applications exclusives (“notamment“), toute autre utilisation est donc ouverte.

. Dans le brevet de 2004, on peut lire : « L'invention concerne également les fragments modifiés, par rapport aux précédents, par retrait ou ajout de nucléotides d'environ 15%, par rapport à la longueur des fragments ci-dessus et/ou modifiés en termes de nature des nucléotides… ». Les fragments modifiés proviennent de « l’isolat », c’est-à-dire l’ARN du SARS-COV-1 isolé en laboratoire. Cette manipulation génétique peut servir à un vaccin, mais peut-être à autre chose, comme ce que les scientifiques appellent un “gain de fonction“ à partir d’un virus existant.

. Le démenti précise : « Un inventeur est une personne physique qui a contribué à l’invention, c’est-à-dire qui a joué un rôle essentiel dans l’analyse du problème à résoudre et dans la solution technique à y apporter » ; le « rôle essentiel » laisse une latitude. Il ne suffit donc pas de dire que « L’institut Pasteur n’a pas inventé le Covid-19 ni le virus ». Pour prononcer clairement sa non-responsabilité, l’institut Pasteur devrait déclarer qu’il “n’a participé en aucune manière à l’élaboration d’un virus artificiel“.

« Ce candidat-vaccin n’a pas été expérimenté chez l’homme car quand il était prêt pour ces premières études chez l’homme, l’épidémie était heureusement terminée, et il n’y avait plus de patients sur lesquels tester ce candidat vaccin ».

--> C’est logique ; mais l’institut Pasteur omet de préciser qu’il a déposé un deuxième brevet en 2011, très similaire à celui de 2004, mais possiblement avec des différences dans les manipulations de l’ARN, à partir du même prélèvement SRAS prélevé à Hanoi. Or, en 2011, le but ne pouvait pas être de vacciner contre le SARS-COV-1. Il est donc légitime que le professeur Fourtillan pose la question de l’existence de ce 2ème brevet : c’est une question d’intérêt général de première importance.

En outre, l’application de « réactifs de diagnostic » rappelée dans le brevet de 2011, pourrait être utilisée dans certains kits de tests RT-PCR de la campagne de dépistage massive, totalement irraisonnée dans sa mise en œuvre, dénoncée vigoureusement par 500 médecins allemands montés en collectif. Dans ce cas, l’institut Pasteur toucherait des royalties, et les deux membres de l’institut nommés au conseil scientifique du gouvernement, Bruno Lina et Simon Cauchemez, seraient en situation de conflit d’intérêt financier et direct.

Selon Jean-Bernard Fourtillan, ce brevet est à l’origine du SARS-COV-2. S’il se trompe, l’institut Pasteur a tout intérêt à porter la confrontation au tribunal. La plainte contre X en diffamation, ou mieux, contre le Pr Fourtillan, est un excellent moyen que l’institut semble hésiter à mettre en œuvre.

La plainte déposée par le Pr Fourtillan est une autre possibilité, mais son internement au centre psychiatrique d’Uzès retarde, ou remet en cause, la possibilité de confrontation offerte à Pasteur et à Frédéric Tangy, cosignataire des brevets et éminent spécialiste.

De son côté, Laurent Alexandre ne craint pas les décisions arbitraires. Sa question inique, « approuvez-vous l’internement psychiatrique du professeur Fourtillan », mélange d’ignorance, d’étroitesse et de sadisme, ne lui sera pas reprochée par les autorités. Les détentions psychiatriques arbitraires ne sont malheureusement pas choses nouvelles.

Le professeur en économie Jean-Louis Caccomo a réchappé, par miracle, à plusieurs années d’internement et de camisole chimique. Sa faute ? Dénoncer des faits de corruption aux universités de Toulon et de Perpignan…

Après quinze jour de régime de cheval, « Valium, Xanax, Xéroquel, Abilify », il eut droit à une visite de contrôle, où le « diagnostic » psychiatrique fut « confirmé ».

Simple citoyen, Jean-Louis Caccomo croupissait à l’ombre. Le Pr Fourtillan est connu, c’est une protection relative. La presse n’y voit évidemment aucune inquiétude, rester silencieuse suffira à éluder la question de son internement qui présente tous les signes de l’arbitraire. Il existerait des centaines voire des milliers d’internements arbitraires en France, contre des personnes qui agissent contre la corruption ou les crimes, des personnes coupables de leur honnêteté. La presse française n’en fait pas un scandale d’ampleur nationale, allez savoir pourquoi.

Pour ceux qui ont arrêté de penser que le couperet de l’arbitraire ne les concerne pas, un premier pas possible consiste à demander des comptes soit au ministère de l’Intérieur, soit au préfet de Nîmes Didier Lauga (prefecture@gard.gouv.fr), responsable local de la situation du professeur Fourtillan. 

 

Post Scriptum : Edwy Plenel, gardien de la « charte participative » arbitrairement extensive.

Le 29 octobre, Basicblog a été puni d’un mois de suspension de « droits de participation », à cause notamment de ma « re-publication de commentaires déjà modérés ». J’ai effectivement re-publié le lien d’une vidéo de l’anthropologue de la santé Jean-Dominique Michel, citoyen Suisse qui s’adressait au président Macron lors du re-confinement (que de “re-“), en précisant pourquoi je ne voyais aucune raison valable à cette « modération ».

Leur argument est le suivant :

capture-d-e-cran-2020-12-14-a-15-43-38
 

Cette « chaîne complotiste » est la propre chaine Youtube de Jean-Dominique Michel, qui est donc visé directement. Bref, voyons maintenant les règles de la charte rappelée par « l’équipe de modération » :

capture-d-e-cran-2020-12-01-a-22-29-49

Depuis quand le « complotiste », terme fourre-tout signifiant tout et son contraire, aurait à voir avec les propos délétères rappelés dans la charte ? 

Je considère personnellement que le terme de « complot », au-delà d’une certaine dimension, ne correspond à aucune réalité : il existe depuis toujours des convergences d’intérêts ou d’idéologies, des cercles de pouvoir financiers ou industriels plus ou moins connectés entre eux, des ONG et des instances internationales, des ententes implicites et explicites, des alignements de planètes, des conjonctures mêlées à tout ça…

Mais bon : imaginons juste qu’à un moment donné, des directions soient prises, radicales et fortement déconnectées de la volonté d’une grande majorité de la population. Il semblerait que les bien-pensants considèrent ça comme un « complot », soit. Alors donc, il serait interdit de s’exprimer sur ce « complot » qui n’en n’est pas vraiment un, mais peut aussi bien être bien pire ???

Elle est passée où, la démocratie, camarades ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dladla

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.