Mahmoud Abbas démantèle la démocratie en Palestine

Les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza sont depuis bien longtemps privés de leurs libertés fondamentales ainsi que de leur droit à l’autodétermination ; mais pas comme vous pouvez l’imaginez. Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne règne d'une main de fer depuis 15 ans et aux dernières nouvelles, il n'est pas prêt à céder sa place

La Palestine, une dictature autoritaire

Les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza sont depuis longtemps privés de leurs libertés fondamentales ainsi que de leur droit à l’autodétermination ; mais pas comme vous pouvez l’imaginez.

Leur président, Mahmoud Abbas, a systématiquement démantelé les institutions démocratiques et a fait de l'autorité palestinienne une dictature autoritaire ; Abbas en est à ses 15 ans de mandat. Quinze ans qui aurait dû n'en durer que quatre.

Son refus de quitter ses fonctions est une raillerie face au système d’élections et au  droit de vote.

Alors que les citoyens américains débattent sur les mérites du vote par procuration ou sur le vote anticipé, le peuple palestinien n’a pas eu le droit d’entrer dans un bureau de vote depuis que Danny Hastert était membre de la chambre des représentants des Etats-Unis en 2007.

2007… Nous sommes en 2021, faites le compte.

Mahmoud Abbas fait la pluie et le beau temps électoral

Au moment de la rédaction de cet article, la rumeur sur la prise de décision d’Abbas d’annuler les prochaines élections n’est que la dernière en date d’une longue série de prises de positions et d’abus de pouvoir anti-démocratiques. 

L’ensemble du système électoral des territoires palestiniens a été conçu pour limiter le débat et forcer les électeurs sur une voie prédéterminée.

Prenons cet exemple parfaitement illustratif : en 2004, le gouvernement japonais a financé la construction d’un nouveau parlement pour abriter le Conseil législatif palestinien mais cet établissement est vide depuis que Mahmoud Abbas a dissous le parlement sous décret présidentiel en 2006. Les courriers s’y accumulent depuis…

Lorsque la Cour Constitutionnelle Suprême est intervenue pour ordonner la tenue de nouvelles élections, aucune action, ni aucunes mesures n’ont jamais été mise en place.

Un corps législatif est essentiel au bon fonctionnement de toute démocratie et la corruption prospérera si elle n’est pas freinée grâce à un système judiciaire à la hauteur.

Il aura fallu attendre 2021 pour que Mahmoud Abbas planifie des élections; et encore aujourd’hui, il est peu probable qu’elles aient lieu.

Accuser Israël, la solution de Mahmoud Abbas

Comme nous pouvions nous y attendre, Mahmoud Abbas accuse Israël de le forcer à annuler ces élections ; son excuse la plus récente : le manque de bureaux de vote dans Jérusalem-est annexé, sonne comme un disque rayé.

Mais en réalité, Israël a augmenté le nombre de bureaux de vote depuis les dernières élections de 2006.

Il est donc évident, aux yeux de toute personne objective et sensée que Mahmoud Abbas ne cherche qu’à reporter ou à annuler les élections car il sait qu’il risque de perdre et que cela mettrait fin aux 15 ans de règne et de privilèges qui vont avec. 

L'Autorité Palestinienne joue la carte de la Cyber Police

Pour faire bonne figure, Abbas a décrété une loi sur les crimes électroniques qui prévoit de lourdes amendes et de longues peines d’emprisonnement pour quiconque diffuserait des documents critiques à l’égard de l’État.

L’Autorité palestinienne n’hésite pas à fermer sites internet et comptes sur les réseaux sociaux qui oseraient éclairer sur la corruption ou qui affirment toute forme de critique à l’égard d’Abbas lui-même.

Si jamais les élections se produisent, soyez certain qu’Abou Mazen fera tout son possible pour s’assurer que les règles du jeu ne soient pas équitables pour ses rivaux.  

J Street, concurrent direct de AIPAC

Malgré un CV digne des plus grands tyrans du Moyen-Orient, Mahmoud Abbas maintient en quelque sorte un réseau de partisans dévoués parmi la gauche américaine.

J Street, un soi-disant lobby progressiste de la politique étrangère, a récemment rendu hommage à Abbas lors de leur conférence nationale.

Cette organisation a offert avec le plus grand enthousiasme, une tribune à un dictateur qui est délibérément déterminé à étouffer la démocratie palestinienne et cela, dans ses propres intérêts.

Quiconque prétend se soucier de la démocratie ne devrait considérer Mahmoud Abbas avec rien de moins, que du mépris.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Bassem Eid est né le 5 février 1958 et a grandi dans un camp de réfugiés de l’UNRWA

Bassem est un analyste politique palestinien basé à Jérusalem, pionnier des droits de l’homme, il est également commentateur expert des affaires arabes et palestiniennes pour la télé et la radio israélienne.

Il s'est d'abord intéressé aux violations des droits de l'homme commises par les forces armées israéliennes, avant d’élargir ses recherches aux violations des droits de l'homme commises par l'Autorité palestinienne (AP) et les forces armées palestiniennes sur leur propre peuple.

Suivez-le sur Twitter @eid_bassem et sur Instagram @realbassemeid

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