Audition de Benalla et Crase : Joker et omertà

Comme par hasard Benalla sort de sa poche un joker qui lui vient de ..L'Elysée ! Et il s'en sert, avec plus ou moins de bonheur certes, mais enfin heureusement qu'il l'avait dans son jeu !

Benalla est soucieux du respect des procédures légales, enfin il le dit, il est courtois, enfin il le dit, et puis, comme c'est bête, et même osons le dire, con ! plus de 20 fois oubliant la loi, et la morale, connement Benalla utilise un passeport auquel il n'a plus droit, et puis il oublie ses obligations concernant celles notamment la commission de déontologie.

Benalla utilise à fond le joker que lui a opportunément fourni la justice : par justice entendez bien, il s'agit de la justice réputée indépendante du Pouvoir exécutif, bien sûr ! Ce joker qui lui permet de ne pas répondre aux questions gênantes qui pourraient surtout gêner  .. l'Elysée ! Comme par hasard, quelques jours avant son audition il est vite mis en examen par la justice après une plainte déposée in extremis par l'Elysée, ça faisait bien quatre mois que l'Elysée dormait et dormirait encore d'ailleurs si des informations n'avaient filtré dans la presse.  Et hop voilà Benalla sous le coup d'une procédure judiciaire le tout ficelé en 48 heures, et hop ça lui permet de sortir son joker : " je ne peux pas vous répondre" ... Ouf on a eu chaud non ? Surtout du coté de l'Elysée.

De plus, comble de désinvolture, il fait un long préliminaire hors sujet puisqu'il aborde de lui même les délits dont il est accusé sans que la commission d'enquête sénatoriale ne lui ait posé la moindre question dessus ; vous pensez, elle s'en serait bien gardé !

Bref on retiendra que Benalla adore la loi, Crase aussi. Benalla est courtois et ce n'est pas une balance, on n'aura le pas le nom de ce "on" de l'Elysée qui lui redonne ses passeports le 4 octobre 2018, mais il fait des "conneries" notre rigoureux Benalla pointilleux sur les questions de procédure, c'est lui qui le dit, des grosses même.

Crase lui ne sait rien, ne voit rien n'entend rien et d'ailleurs n'est pas curieux, ce qui tout de même pose un problème de compétence pour un type naviguant dans les hautes sphères de la sécurité (il précise qu'il n'est pas dans la même catégorie que le petit personnel qui veille près des caisses des supérettes, ne pas confondre torchons et serviettes) mais bon c'est comme ça, ce sourd et muet peu curieux décroche tout de même des affaires juteuses : 300000 € pour la sécurité d'un oligarque russe vendeur d'arme, et ça dans le mois qui suit son licenciement de l'Elysée. Pas mal non ? Et puis cerise sur le gâteau, : une société s'installe à la place de la sienne dans les jours qui suivent sa dissolution, elle porte un nom en rapport avec la société à laquelle il a eu recours pour traiter ce marché de 300000 € pour la sécurité de l'oligarque russe vendeur d'armes, la société qui prend la place de la sienne emploie ... Benalla ... et lui Crase n'en sait rien : Puisqu'il vous le dit ! 

Bon faisons le point :  avec Benalla qui reconnaît quelques conneries et puis en trouvant quelques lampistes adjoints de sous-chefs pour assumer les négligences du coté de l'administration élyséenne expliquants les petits dysfonctionnements (mais rien de grave on vous l'assure) "on" devrait pouvoir se débarrasser sans trop de casse de cette affaire Macron/Benalla, non ?

Bien joué ?  Bien joué qui ? Benalla ? Non pas seulement, à ce jeu là il faut avoir toujours de bons appuis et de bons atouts dans la main pour bien jouer .. D'ailleurs on voit bein qui espère si ce n'est empocher la mise, du moins sauver les meubles !

Visiblement Crase ne bénéficie pas des même atouts, appuis et protections, il n'a pas le même jeu en main, mais il se méfie et évite bien de gêner Benalla et donc ses appuis, car il a tout compris Crase, comme nous d'ailleurs,  et du coup il ne dit rien, se taire, il sait bien que c'est ce qu'il a de mieux à faire ... 

Vous avez dit la "omertà" ah oui c'est ça, ça s'appelle comme ça dans certains milieux: gare aux réactions du parrain ! Dans ce milieu là aussi il y a un parrain !

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