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Billet de blog 25 sept. 2011

C'en est assez de la stigmatisation des fous, que la loi nous protège comme pour le racisme

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Tout le monde se souvient des propos racistes de nos membres du gouvernement actuel :

Guéant avec les comoriens :

« Il y a une immigration comorienne importante qui est la cause de beaucoup de violences. Je ne peux pas la quantifier. »

Le MRAP a porté plainte pour ces propos inqualifiables qui jettent le discrédit sur une communauté, uniquement parce qu'elle n'est pas française de souche. En effet la communauté n'est pas responsable de tous ses membres et jamais on va dire, voyez tels français ont fait tels infractions, la communauté française est à rejeter. Je pense même que cette phrase doit vous faire sourire comme si en tant que résident du pays on avait alors tout les droits.

Mais les propos racistes de Guéant ne sont pas les premiers, on se souvient de ses propos à propos des musulmans :

« En 1905, il y avait très peu de musulmans en France, aujourd’hui il y en a entre 5 et 6 millions. Cet accroissement du nombre de fidèles et un certain nombre de comportements posent problème. Il est clair que les prières dans les rues choquent un certain nombre de concitoyens. Et les responsables des grandes religions ont bien conscience que ce type de pratiques leur porte préjudice ».

On se souviendra aussi au sujet de Guéant de l'emploi du terme « Croisade » pour désigner la guerre menée en Libye.

On connait aussi la blague raciste d'Hortefeux :

“Quand y’en a un, ça va, c’est quand y’en a plusieurs qu’il y a des problèmes”

parlant d'un français d'origine étrangère. Là encore le MRAP a porté plainte. Condamné en première lecture, il y a eu appel en deuxième lecture c'est la relaxe d'Hortefeux. Cependant il faut lire le pourquoi de la relaxe (blog de Maitre Eolas):

« Dans le cas présent, Brice HORTEFEUX, en prononçant les premiers propos poursuivis : “Ah mais ça ne va pas du tout, alors, il ne correspond pas du tout au prototype alors. C’est pas du tout ça”’, répond à la remarque d’une militante qui juge bon de préciser que le jeune Amine, dont il a été dit qu’”il parle ‘arabe”, est “catholique”, “mange du cochon” et “boit de la bière”. Considérant toutes les personnes d’origine arabe comme pratiquant les préceptes de la religion musulmane, -le “prototype”-, ce qui témoigne d’un évident manque de culture, le ministre, notamment en charge des cultes, s’offre un malheureux trait d’humour destiné à souligner ce qui constituerait une particularité venant bousculer des schémas simplistes et quelque peu réducteurs. Aussi désagréable soit-il, le propos : “ça ne va pas du tout”, qui feint de stigmatiser celui qui ne suivrait pas les préceptes de sa religion “naturelle”, ne présente pas, ainsi que l’a déjà jugé le tribunal, de caractère outrageant ou méprisant à l’égard des personnes d’origine arabe auxquelles est seule imputée la pratique généralisée de l’islam. II en est autrement des seconds propos poursuivis. Répondant à la précision apportée par la militante : “C’est notre petit Arabe”, Brice HORTEFEUX insulte l’ensemble des membres de la communauté d’origine arabe en laissant entendre, certes de façon ironique, que la présence de l’un d’entre eux, pris isolément, peut être tolérée - Quand il y en a un, ça va.”- , mais que leur réunion est source de problèmes. Ne se référant à aucun fait précis, le propos, qui vient conforter 1’un des préjugés qui altèrent les liens sociaux, est outrageant et méprisant à l’égard de l’ensemble du groupe formé par les personnes d’origine arabe stigmatisées du seul fait de cette appartenance, ce qui le rend punissable. »

Donc Hortefeux a bel et bien tenu des propos racistes pour les juges.

Ces propos ont-ils été tenus publiquement au sens de la loi sur la presse de 1881 (qui inclut la diffusion radiophonique ou télévisuelle, ne vous inquiétez pas).

La cour répond non, puisque c'était au cours d'un meeting privé de l'UMP. C'est la raison de la relaxe. Le MRAP a parlé de se pourvoir en cassation.

De même la presse est tenue quand elle rapporte un événement de ne pas donner l'origine ethnique ou raciale des protagonistes. De même qu'en France toutes les études basées sur la race sont interdites. Tout cela a beaucoup fait pour faire reculer le racisme au grand désespoir du Front National et de l'extrême droite pour qui le racisme est un fond de commerce. Il semble malheureusement que ce gouvernement veuille revenir sur cet état de fait et c'est pourquoi il faut sans relâche porter plainte contre tout manquement à ce grand principe. Bon quand on voit tous les scandales qui fleurissent dans cette majorité au pouvoir il est évident que la loi est le cadet de ses soucis et c'est très grave. Il est incompréhensible qu'il puisse encore exercer dans ces conditions.

Il faut noter aussi que dans le racisme, tel qu'il est pratiqué par le gouvernement et l'extrême droite, c'est une volonté de donner en pâture la raison de l'origine étrangère, plutôt que de s'attaquer à la véritable raison qui est le traitement de la crise sur le dos des pauvres au profit des riches et ce n'est pas juste de l'idéologie, on peut le vérifier tous les jours dans les faits (taxation toujours augmentée des revenus faibles, plutôt que les hauts revenus, refus de taxer les transactions financières, déremboursement de plus en plus généralisé des soins, tandis que l'on détaxe les heures supplémentaires et le travail, on ne fait rien pour obliger les communes à avoir leur part de logements sociaux etc, etc, la liste est interminable et révoltante).

Derrière tout ceci il y a la stigmatisation. Définition de la stigmatisation (WIKIPEDIA): La stigmatisation est un sérieux désaccord social de caractéristiques ou croyances personnelles qui sont perçues comme allant à l'encontre des normes culturelles. Selon Erving Goffman, la stigmatisation d'un individu intervient lorsqu'il présente une variante relative par rapport aux modèles offerts par son proche environnement1. Le trois formes de stigmatisations reconnues par Goffman incluent : l'expérience de troubles mentaux (ou l'imposition d'un tel diagnostic) ; une forme physique déformée ou une différence non-désirée ; ou l'ensemble d'une race, religion, croyance, etc.2. Les troubles mentaux, les infirmités physiques et maladies telles que la lèpre (ou herpès), l'illégitime, l'orientation sexuelle, la couleur de la peau ou affiliation avec une nationalité spécifique, religion (ou manque de religion3), se proclamer être supérieur à une autre ethnie sont également des formes de stigmatisation sociale. La perception ou attribution, qu'elle soit vrai ou fausse, d'une criminalité est une forte stigmatisation sociale. Il existe trois formes de stigmatisation4. La première, la présence de déformations externes, telles que les cicatrices et les manifestations physiques d'anorexie mentale, de lèpre, d'infirmités physiques ou handicap social, telle que l'obésité. La seconde, les déviations de traits personnels, incluant troubles mentaux, toxicomanie, alcoolisme et antécédents criminels. La troisième, les groupes ethniques et nationalités, ou religions perçus comme étant hors des normes sociales.

Donc on voit que la loi n'a protégé qu'une forme de stigmatisation, celle sur l'ethnie ou la race. Et ça c'est très dommage. Pour ne pas dire inadmissible. En effet pourquoi avoir oublié les autres. C'est incompréhensible. Pourtant les malades mentaux ont aussi connu les camps de concentration (100 000 malades mentaux mort en déportation dans les camps nazi).

En France entre 40 000 et 60 000 malades mentaux sont morts de froid, de faim (sur une population de 105 200 malades soit plus de 50%) c'est à dire de misère dans les asiles français pendant la deuxième guerre mondiale, peut de gens le savent, pourtant c'est une réalité qui se doit d'être connue. S'il ne s'agit pas d'une extermination, alors il faut que l'on me dise de quoi il s'agit.

Ne pensez vous pas que la maladie

mentale a assez souffert de la

stigmatisation pour que toute

stigmatisation de la maladie mentale

soit punie par la loi au même titre que

le racisme?

Que penser d'un président de la république stigmatisant les schizophrènes lors de l'affaire de Grenoble. Rendez vous compte 70 million d'euros débloqué, juste pour l'affaire de Grenoble. Toute la psychiatrie revue de fond en comble pour une affaire. Vous ne me croyez pas ? Relisez le discours de Sarkozy à cette adresse . Tout s'articule sur et uniquement sur l'affaire de Grenoble. C'est complètement hallucinant, il n'y a pas d'autre mots.

On ne peut pas y croire, dans ce cas, on voit bien que c'est uniquement un prétexte, pour répondre aux demandes de l'UNAFAM (je ne vois qu'eux pour être demandeur de pareil chose, là encore si vous avez des suggestions, je suis preneur), sinon comment l'expliquer autrement ? J'attends vos suggestions.

Vous verrez aussi que la stigmatisation des schizophrènes est bien là avec cette phrase :

« Un schizophrène est, avant toute autre considération, une personne malade »

En effet Sarkozy après avoir parler de l'affaire de Grenoble sans jamais parler de schizophrène, lâche le mot de façon insidieuse, et telle qu'il est dit, il sous entends que tous les schizophrènes sont comme le meurtrier de Grenoble des malades dangereux puisqu'on a parlé que de l'affaire de Grenoble.


L'analyse de Lana sur cette phrase de Sarkozy

Autre exemple, cette fois par le traitement qu'en fait la presse, pris dans le blog très intéressant de Lana sur la schizophrénie :

Infanticide d’Alost

Donc ce que je demande c'est que soit

appliqué à ceux qui stigmatisent les

malades mentaux les mêmes textes de

loi qu'aux racistes. Pour moi, il n'y a

aucune différence. D'ailleurs à toutes

stigmatisations n'en déplaise au gens

avec leur soit disant parler vrai.

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