Gabon / Ali Bongo a déployé la force et un hélicoptère devant nous contre des élèves mineurs ...

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Oui, le moment est venu où nous devons assumer dignement nos responsabilités devant l’Histoire immédiate de notre pays. Les gens souffrent trop et depuis trop longtemps.

Aujourd’hui 14 novembre 2013, nous avons soutenu les élèves en grève dans Libreville des bureaux du Premier Ministre au bord du Boulevard Triomphal au Carrefour de Nombakélé, en passant par le grand Stade de Libreville. Nous l’avons fait comme homme politique (à titre personnel) et comme citoyen de façon spontanée. Mais, ce que nous avons vu est inquiétant pour l’avenir immédiat du Gabon : des Forces de Sécurité qui frappent des enfants de 6e ou 5e à coups de matraques, des policiers qui chargent des enfants mineurs qui revendiquent leurs droits et des hélicoptères qui tournoient dans la ville pour des gamins qui représentent l’avenir de tout un pays. 

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Nous avons rejoint les enseignants puis les élèves sous les bureaux du 1er Ministre

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Un dispositif de gendarmerie a été mis en place

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A Soweto, le régime de l’apartheid s’est discrédité définitivement à travers une répression contre des élèves qui protestaient contre le système scolaire et au Gabon : le fait de réprimer brutalement les revendications d’enfants pour la plupart mineurs démontrent que l’Etat-PDG ne représente plus rien car il ne repose plus sur le droit mais la force. Or, la force ne suffit pas et personne ne pourra accepter durablement que ses enfants soient violentés. Cela n’existe nulle part, même dans la nature sauvage.

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Des milliers d'élèves sont toujours sen train de protester au cri de "on veut des profs" dans Libreville.

Les élèves gabonais ont des revendications légitimes en ce moment, à commencer par le droit d’avoir des professeurs qui leur donnent des cours. Toutefois ces professeurs sont en grève depuis des semaines parce que le Gouvernement ne veut pas respecter son engagement du 10 décembre 2012 (Numéro 001665/ PMCG/GAB/DCA2.) par lequel le pouvoir gabonais a fait la promesse de « régulariser les situations administratives des fonctionnaires et contractuels de l’Etat).

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En quoi ces patits gamins menacent t-ils la sécurité nationale pourt qu'on leur envoie des forces de sécurité armées jusqu'aux dents ?

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Au Gabon, nombreux sont les enseignants qui travaillent depuis six ans, dix ans ou quinze ans sans salaires (et donc comme des vacataires) … et qui ont largement dépassé la période de stage probatoire qui ne doit pas excéder un an. Les jeunes ont bien le sentiment d’être sacrifiés depuis des années par des réformes hasardeuses (des élèves de classe de 3e médiocres qui passent en 2e parce qu’ils ont eu le BEPC et des élèves méritants qui redoublent parce qu’ayant raté le concours du même BEPC. Des élèves de 1ère qui sont rétrogradés en 2e quand ils viennent du privé et le désordre généralisé de la classe de 1ère à la classe de Terminale avec un pseudo BAC 1 et un BAC 2 sans équivalent dans les sociétés efficaces.

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528242_10151796341611032_53213474_n.jpgL'Etat-PDG commence à agacer les nouvelles générations d'une manière opressante.

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Tous les enseignants ont été recrutés directement conformément aux dispositions de l’article 39 de la loi 8/91 du 26 septembre 1991 portant statut des fonctionnaires. Les dispositions de l’article 78 de la loi 1/2005 du 04 février 2013 portant statut général de la Fonction Publique et les dispositions de l’article 47 de la loi no 14/2005 du 08 août 2005 portant code de la déontologie de la Fonction Publique qui dispose que : « L’agent public a droit, après service fait, à une juste rémunération. »

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Ou va le Gabon d'Ali BONGO avec ses marathons, des matchs de foot ou ses courses de bateaux à plusieurs milliards quand la jeunesse se meurt ?

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Si le Gabon est réellement un Etat de droit, un Etat démocratique, et si selon les dispositions de l’article 13 du code de déontologie de la Fonction Publique : « L’usager ne saurait souffrir des turpitudes de l’administration », le gouvernement doit régulariser la situation administrative et financière des enseignants. Et nous sommes tentés de dire que le gouvernement doit absolument revoir la copie de ses réformes maladroites qui ont mis le secteur de l’éducation dans un désordre à nul autre pareil, depuis des années.

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C'est au Carrefour de Nombakélé que la police a chargé des enfants mineurs et arrêté un certain nombre d'entre eux sous nos yeux ...

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Les enfants ont été violemment réprimés sous nos yeux à Nombakélé. Que les élèves du secteur de l’enseignement public manifestent à Libreville et à Port-Gentil au cri de « On veut des profs », quoi de plus normal ? Les gens s’exprimeront de plus en plus de cette façon car le niveau de saturation auquel est parvenue la société gabonaise est trop élevé. De plus, la classe politique est entrée dans une catalepsie sans précédent. En ce qui nous concerne, nous ne pouvons qu’être clairs : il n’y a pas d’autre alternative au Gabon que la fin de l’Etat-PDG par une révolution pacifique mais généralisée.

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Mais, ce que nous avons vu est inquiétant pour l’avenir immédiat du Gabon : des Forces de Sécurité qui frappent des enfants de 6e ou 5e à coups de matraques, des policiers qui chargent des enfants mineurs qui revendiquent leurs droits et des hélicoptères qui tournoient dans la ville pour des gamins qui représentent l’avenir de tout un pays.

Bruno Ben MOUBAMBA / bruno@moubamba.com / +241 04 86 90 16



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