Villepin est-il fou ?

En ce misérable automne, pour le vulgaire qui a encore un peu d'amour pour la politique, les occasions de rire devant le spectacle de la chose publique sont aussi rares qu'une bonne idée dans le cerveau d'Alain Minc. Alors, quand un ex Premier-Ministre "lâche la rampe" contre son ennemi intime Président de la République, il serait indécent de bouder notre plaisir.
Sarkozy un petit cochon ? De Villepin se lâche ! © thony911

En ce misérable automne, pour le vulgaire qui a encore un peu d'amour pour la politique, les occasions de rire devant le spectacle de la chose publique sont aussi rares qu'une bonne idée dans le cerveau d'Alain Minc. Alors, quand un ex Premier-Ministre "lâche la rampe" contre son ennemi intime Président de la République, il serait indécent de bouder notre plaisir.

« Nicolas Sarkozy est un des problèmes de la France », cette phrase de Dominique de Villepin prononcée une première fois sur Europe 1 dimanche et réitérée mardi au micro de France Info marque un aboutissement. Car cette séquence politique que nous fait vivre l'inénarrable Dominique de Villepin depuis qu'il a repris sa carte UMP pour entrer dans l'opposition (un premier indice de sa folie?) est de celles qui resteront dans les mémoires. Dans la ligne de mire de l'ex Premier ministre, Nicolas Sarkozy. On le sait, les deux hommes s'exècrent de longue date et le climax que représente le procès Clearstream est la manifestation la plus triste du spectacle de la haine entre deux hommes publics qui, s'ils avaient vécu au temps du fard à la poudre de riz se seraient certainement provoqués dans un duel au fleuret, le Comte Galouzeau de Villepin ayant l'avantage de la taille sur le baron de Nagy Bosca -encore que ce dernier a le bras long, mais c'est une autre affaire, et de toute façon, le baron préfère le croc de boucher au fleuret. Malheureusement, foin de ce romantisme écheveulé, aujourd'hui le spectacle se passe au prétoire suivant un scénario aussi indigeste qu'une soupe Leader Price vantée par Jean-Pierre Coffe.

En réalité, il vaut mieux, et de très loin, se pencher sur les saillies du renégat de l'UMP. On sent dans les sorties de Dominique de Villepin un manque de retenue politique évident, une sorte d'irrépressible envie de tout foutre en l'air. A commencer par sa carrière politique. D'ailleurs, Dominique de Villepin est-il vraiment un homme politique? A mon humble avis, Dominique de Villepin n'est pas plus un homme politique que la Reine d'Angleterre est ceinture noire de karaté encore que je n'ai jamais vu sa majesté casser des briques, ce qui peut laisser le bénéfice du doute. Entre la dissolution de l'Assemblée Nationale, l'Affaire Clearstream où il s'est certainement fait piéger comme un bleubite et le CPE, on ne peut pas dire que le poète (qui a aussi soufflé le rimbaldien abracadabrantesque à Jacques Chirac) ait été un homme politique inspiré. "Oui, mais, et l'Irak, alors?" me souffle-t-on dans l'oreillette. Oui, c'est vrai, l'Irak est un coup de génie. Un "Tournesols" parmi des myriades d'oreilles coupées. Certes...

Mais c'est lors d'une visite dans une stabulation porcine en Bretagne que tout a basculé. Blouse enfilée, charlotte vissée sur l'impeccable brushing, Galouzeau sort l'artillerie lourde dont le petit porcelet qu'il empoigne avec fermeté et amour (comme il prendrait sa France par le bas rein) n'est qu'une victime innocente. Avec un art consommé de l'ellipse son "Il vous rappelle quelqu'un ?" devant le petit pourceau agité lance le début du grand trouble de l'Humeur de Galouzeau. Si le Président de la République emprunte ses symptôme à Gilles de la Tourette, Dominique invente la folie de Villepin.

"La gravité est le bonheur des imbécile" aimait à rappeler Montesquieu qui, lui, avait oublié d'être fou, même s'il n'était pas le plus grand des rigolards. Et c'est dans ce monde de gravité que résonnent les derniers soubresauts de la crise de folie de DdeV. "Sarkozy est un des problèmes de la France" a-t-il lâché dans une de ses saillies drolatiques. Une folie clairvoyante accueillie par les hauts-le-cœur pudibonds d'une UMP drapée dans sa gravité comme un enfant se vautre dans sa couche maculée.

Alors que Dominique, tout ce qu'il veut, c'est nous faire marrer...

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