Dangereux le nucléaire ? Meuh non (1985) Heu (1990) Y a des risques (2000)

A la question de toujours, le Nucléaire est-il dangereux ? les instances gouvernementales ont eu des réponses fluctuantes, au gré des accidents accumulés en 50 ans. Petites réflexions sur la notion de risque.

J'ai toujours été dès mes 20 ans anti-nucléaire, cette technologie qui "manipule" des produits très dangereux (toxiques chimiquement, radiologiquement, génétiquement en prime) à durée de vie illimitée et qui prétend "en même temps" dirait Macron qu'il s'agit là d'une technologie sans risques.

C'était la thèse officielle à l'époque, aujourd'hui après les catastrophes de Tree Miles Island aux States, de Tchernobyl en Ukraine, et de Fukushima au Japon, le discours officiel s'est nuancé, et on admet officiellement du bout des lèvres que "peut-être" il peut y avoir des risques liés à cette technologie, si elle est mal maîtrisée, La Palice n'aurait pas dit mieux. Faux culs !

La notion de risque elle même mérite qu'on s'y attarde un peu : dans les domaines industriels que j'ai fréquentés, le spatial et l'automobile, on ne se contente pas d'évoquer le "risque" au sens large.

Il est vite apparu pertinent de distinguer le risque d'accident que l'on encourt en circulant sur route avec sa voiture du risque lié à un voyage au Maroc empruntant un Airbus 380. Pourquoi ? A cause des conséquences d'un accident, très différentes selon qu'il met en cause, l'accident, une personne et sa voiture ou 870 personnes, les pertes humaines et financières sont telles que les précautions pour éviter un tel accident sont beaucoup plus poussées pour l'Airbus que pour la voiture particulière.

De même, le risque lié à l'utilisation d'un désherbant sur votre terrasse est infiniment moins élevé que le risque encouru par la manipulation de virus Ebola dans le laboratoire de recherche biologique voisin : par un mauvais usage du désherbant vous risquez de vous intoxiquer, vous, et au pire vos proches, au moment de l'erreur d'usage ;

dans le second cas une population entière va être impactée et pour le virus va se propager et tuer des milliers ou des millions de personnes, et reste dangereux des années.

On voit bien sur ces quelques exemples que la notion de risque doit être affinée pour prendre en compte les réalités des conséquences et effets des accidents possibles, y compris dans la durée.

Les instances dirigeants le savent bien, dont le BARPI (Bureau d’Analyse des Risques et Pollutions Industriels) a édité une Échelle Européenne des Accidents Industriels, mais bizarrement le nucléaire y est absent, la grande exception.

Pourtant, la toxicité des matériaux est extrême, et leur durée d'action presque illimitée, ce qui en fait objectivement la technologie la plus mortifère que l'homme, champion en la matière, n'ait jamais inventée.

Un critère non pris en compte mais qui a son importance est la visibilité des effets, un produit chimique brûle votre peau, ça se voit, une explosion vous arrache un bras, c'est visible, certains produits chimiques et la totalité des produits nucléaires ont des effets insidieux, invisibles sur le moment, parfois même invisibles longtemps, ce qui conduit les "autorités" à nier leur dangerosité. Méfiance, l'eau qui dort peu faire des tsunamis.

Pensez braves gens !

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.