Connaissez-vous Cédric O ?

 

 

Non, il ne s’agit pas d’une histoire d’O ou d’un personnage de fiction proche de James Bond. Cédric O existe et, comme la plupart des membres du gouvernement du banquier éborgneur, il est dangereux. Pas comme ses collègues larbins de la finances ou de grandes sociétés privées qui s’accaparent progressivement les domaines jusqu’alors réservés de l’État. Non, Cédric O est dangereux parce qu’il poursuit, de manière monomaniaque, un objectif : restreindre les libertés individuelles.

 

Est-ce parce qu’il est, de par son père d’origine coréenne, proche des pays aux matins calmes où l’on ne plaisante pas avec l’ordre ?

 

Lui, en tout cas, est né en France, dans le département du Rhône en 1982. Il a fait ses études à Lyon, au lycée du Parc, l’établissement de la bonne bourgeoisie lyonnaise. Sa sœur, Delphine, O bien sûr, est particulièrement brillante. Normalienne, diplômée de Harvard, elle est, à 34 ans, la plus jeune ambassadrice de l’histoire de la diplomatie française. Elle adhère à La République en Marche dès sa constitution et milite aux côtés de Kim Jae Duk, alias Joachim Son-Forget, l’ami de Benalla. Ah, la Korean connection !

 

Mais revenons à Cédric. De par sa profession, il est “ communicant ”, ce qui n’étonnera personne.

 

Il fait ses armes militantes au parti socialiste (directeur adjoint de la campagne présidentielle de François Hollande en 2012). On sait que, comme à la Samaritaine, on trouve de tout au PS puisque même le préfet Lallement en fut membre (tendance Chevènement !). Il est proche de DSK, de Moscovici, de Terra Nova, des socialistes durs de dur. Il est l’un des organisateurs de la soirée French Tech à Las Vegas en 2016, qui sert de point de départ à la campagne présidentielle du futur éborgneur. En 2017, il est chargé d’une mission étrange puis qu’il est conseiller conjoint du président de la République et du Premier ministre, chargé des participations publiques et de l’économie numérique. Il supervise également le dossier de la privatisation d’Aéroport de Paris. Il est membre de la commission d’investiture de LREM pour les élections législatives de 2017.

 

Le 31 mars 2019, il est nommé secrétaire d’État chargé du numérique. En remplacement de Mounir Mahjoubi.

 

Il soutient la proposition de loi de Laetitia Avia (la femme politique qui mord les chauffeurs de taxi) contre les contenus haineux sur internet, refusant de voir que ce texte est quelque peu liberticide.

 

Il va plus loin : en juin 2019, il défend la création par l'État d’un “ Conseil de l’ordre des journalistes ” – si ceux-ci ne l’organisent pas d’eux-mêmes – afin de combattre la circulation de fausses informations et envisage des sanctions contre la diffusion de fausses nouvelles, émises par une autorité indépendante nommée par l’État. Face aux protestations véhémentes des journalistes, il conseille à ces derniers de s’organiser contre les ingérences étrangères, celles de Russia Today en particulier. Cédric O considère que des médias comme RT, sous influence russe, fragilisent volontairement la démocratie « pour aboutir à l’arrivée au pouvoir de tel ou tel parti politique. Et cela marche. Aujourd’hui, sur YouTube, la chaîne qui a le plus de visibilité ce n’est pas BFM, ce n’est pas CNEWS, c’est RT. Les Gilets jaunes ne s’informent que par RT ». Il est vrai que s'ils attendent Lacarrau ou les grands médias propriétés de quelques milliardaires pour s'informer...

 

En octobre 2019, il annonce vouloir créer, sous la pression des forces de police, en coordination avec la CNIL, une instance de supervision et d’évaluation de la reconnaissance faciale, alors que la Commission européenne envisage un moratoire de trois à cinq ans sur l’utilisation de cette technique.

 

Après l’affaire Griveaux, il envisage une « supervision » et un « contrôle systémique » des réseaux sociaux. Il estime qu’« il y a en ligne une quasi-impunité ». Il souhaite « rétablir la peur du gendarme » sur internet, et en particulier sur les réseaux sociaux, qui ont en partie permis à ces vidéos de devenir virales. O explique que l'Etat serait en train de mettre en place des dispositifs permettant le dépôt de plainte en ligne et la création d'un parquet spécialisé dans le numérique : « Nous devons mettre à jour nos processus judiciaires, ce n'est pas qu'un problème français c'est un problème dans le monde entier. [...] Les réseaux sociaux doivent se voir appliquer un contrôle systémique. » Mais le bon O pense néanmoins que le combat contre l’anonymat est vain :  « la crise actuelle, comme d’autres, interroge sur le respect de l’Etat de droit dans un monde numérique. Nous avons besoin d’une réflexion collective sur ce sujet. Mais la fin de l’anonymat (qui n’est souvent qu’un pseudonymat) est un mauvais combat, dangereux et probablement vain. »

 

 

Connaissez-vous Cédric O ?

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