Les agents des impôts en grève contre la baisse des effectifs

 

Depuis des mois, diverses grèves se sont déroulées dans des services des impôts. On n’en parle jamais dans les grands médias qui ne se réveillent que lorsqu’il y a un mort, une charge violente de CRS ou des poubelles qui brûlent.

 

Ce qui motive principalement ces luttes, c’est, dans le contexte de la dégradation du service public, une pressurisation désormais insupportable des agents et, pour les moyen et long termes, une réduction massive du nombre de fonctionnaires qui seront éventuellement remplacés par des employés sans statut. Pourquoi ces attaques massives contre les agents des impôts ? Simplement parce que, avec le jeu des primes, ils sont les fonctionnaires les mieux payés de France.

 

L’administration centrale souhaite dématérialiser totalement et au plus vite les relations entre les usagers et les services. Lorsque l’on se rend dans les centres, on attend certes moins qu’aux urgences hospitalières où des délais de 5 à 10 heures sont choses courantes, mais on doit tout de même patienter facilement deux heures. Les usagers (clients ?) se retrouvent alors dans une position schizophrène : la propagande gouvernementale et les grands médias leur font croire qu’il faut moins de fonctionnaires mais, sur le terrain, ils comprennent leur douleur lorsqu’ils ne sont reçus qu’après plusieurs heures d’attente par des fonctionnaires épuisés qui sont obligés de les expédier en trois coups de cuiller à pot.

 

La Direction des impôts justifie les réductions des effectifs par la déclaration et le paiement des impôts sur internet. Le ministère des Finances se contrefiche de la disparition du lien humain. La seule chose qui l’intéresse vraiment c’est la réduction de la dette, cette invention artificielle du capitalisme financier.

 

On ne doit pas s’étonner, dès lors, d’assister à un mouvement dur. Ainsi, en février, le centre des finances publiques de la cité administrative de Toulouse a observé une grève de plusieurs jours. Le centre d’impôt de Saint-Gaudens, Murets, Colomiers, Rangueil et du Mirail ont également été fermés par le personnel en grève, avec le soutien de l’intersyndicale CGT, Solidaires, FO et CFDT.

 

Si les salariés ne font pas plier les autorités – et l’on vient de voir que le banquier éborgneur est parfois capable de rebrousser chemin – 2 emplois sur 3 ne seront pas remplacés. Déjà, en Haute-Garonne, 200 emplois ont disparu en moins de 10 ans.

 

Les agents des impôts en grève contre la baisse des effectifs

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