Les mots chéris des médias et des politiques (5)

Êtes-vous sensibles au réchauffement climatique ou êtes-vous climato-sceptiques (on finira par être omeletto-sceptique ou boîte-de-vitesse-automatico-sceptique) ?

 

Le mot “climat” est mis à toutes les sauces. Un peu comme “météo” : on ne demande plus : “quel temps fait-il ?” Mais “quelle est la météo aujourd’hui ?”, alors que la météo est la science du temps et non le temps lui-même. Sarkozy s’y était emmêlé les pinceaux dans son anglais niveau sixième de transition lorsque, en accueillant Madame Merkel sur le perron de l’Élysée, il avait sorti à cette dame qui parle couramment l’anglais et le russe : “ Beautiful time, today”.

 

Á l’origine, le climat est une notion géographique. Le mot grec dont il est issu signifie « l’inclinaison de la terre vers le pôle ». Quand nous étions enfants, nous apprenions que la France jouissait d’un climat tempéré, océanique à l’ouest, plus continental à l’est. Aujourd’hui, mondialisation oblige, le climat est devenu un concept – pour ne pas dire un problème – mondial. L’expression anglaise global warming n’a pas pris chez nous alors qu’elle a fortement influencé les Allemands (globale Erwärmung).

 

« Sceptique » associé à « climato » implique que l’on n’impute pas à l’activité humaine le réchauffement de notre planète. Mais cela ne va pas bien loin. Rien n’est vraiment étayé. On sent bien que pour Donald Trump, le sceptique en chef de notre monde en chaleur, la position est bien plus idéologique que scientifique. Il est donc plus radical que les sceptiques de base qui doutent mais ne nient pas franchement.

 

Les mots chéris des médias et des politiques (5)

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