La cathédrale de York en feu

 L’incendie qui a partiellement détruit Notre-Dame de Paris m’a remis en mémoire celui de la cathédrale de York (York Minster) en 1984.

 

 

Un éclair frappa un boîtier électrique, ce qui déclencha un incendie d’une violence et d’une rapidité phénoménales. Le transept sud s’enflamma comme de l’amadou. La rosace atteignit une température de 450 degrés.

 

 

Dans les heures qui suivirent la catastrophe de Notre-Dame, des torrents de tweets écrits par des jeunes musulmans se sont déversés sur la toile, en allant tous dans le même sens : il s’agissait d’une vengeance d’Allah réagissant aux insultes que des Français « de souche » avaient cru proférer contre l’Islam les jours précédents.

 

 

Il y eut un peu le même type de réactions lors du désastre de York. Il faut dire que, deux jours auparavant, David Jenkins avait été consacré évêque de Durham dans la cathédrale. Ce David n’était pas n’importe quel chrétien. Il avait remis en question la virginité de la mère du Christ, les capacités de ce même Jésus à marcher sur l’eau et sa résurrection physique. Pour lui, ces phénomènes miraculeux n’étaient pas à prendre de manière littérale mais symbolique.

 

 

Les courriers des lecteurs des journaux britanniques reçurent des tonnes d’appréciations du genre : « C’est la colère de Dieu qui a fait brûler la cathédrale ». Le premier prélat de l’Église anglicane, Robert Runcie, archevêque de Cantorbéry, calma les esprits, arrondit les angles en reprenant à son compte l’analyse du chef des pompiers pour qui « Dieu s’est rangé de notre côté alors que nous combattions le feu ».

 

 

Quatre ans après l’incendie, un an avant les prévisions des architectes, le transept était entièrement restauré, dans le respect scrupuleux de l’architecture originelle. Des dons privés et l’argent des assurances avaient couvert la totalité des dépenses.

 

 

PS : je ne sais exactement à quoi joue Dieu en ce moment mais je rappelle qu’il y a un mois, un incendie s’est déclaré dans l’église Saint-Sulpice à Paris. Cette église est, à Paris, la deuxième en taille après Notre-Dame. Elle est l’un des lieux de l’action du roman Da Vinci Code.

 

 

La cathédrale de York en feu

La cathédrale de York en feu

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