Les mots chéris des médias et des politiques (8)

On parle du “concert des nations” depuis le Congrès de Vienne. En 1814-1815, des diplomates des grandes puissances ayant vaincu Napoléon s’efforcèrent d’établir un nouvel ordre pacifique après les années de tueries du petit Corse. Intégrée au cours du XIXe siècle, l’expression fut utilisée dans les années 1930 pour désigner des pratiques qui n’étaient pas fondées sur le recours à la force.

 

Aujourd’hui, il est bon de faire partie du concert des nations. Sinon, on est peu fréquentable. L’appartenance n’est pas forcément un gage de démocratie. Voyez la Chine ou l’Arabie séoudite.

 

Les nations au nez morveux sont mises au ban des nations. Elle sont bannies de la bonne société.

 

Le mot “concert” fut particulièrement bien choisi. Il renvoie à la notion d’harmonie musicale. Et puis il y a l’idée de concerter, de se concerter, de réfléchir et de créer ensemble. L’expression “de concert” (travailler de concert) implique que l’on est d’accord, sur la même longueur d’onde. Le mot “nation” était également bien vu car il évacuait les concepts de l’ancien monde : royaume, empire, duché etc.

 

 

Les mots chéris des médias et des politiques (8)

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