Les mots chéris des médias et des politiques (9)

Plâtrer, c’est déjà bien. Mais replâtrer. Au sens propre, le verbe date du XVIe siècle. Au sens figuré, du XVIIIe siècle. Avec l’idée de quelque chose de maladroit et d’hypocrite: “Il se fit alors, entre les deux époux, de ces replâtrages qui ne tiennent pas” (Balzac). Ou encore Nathalie Sarraute: ”La porte a un air étrange, un air déplacé, du replâtrage, une pièce rapportée, un air de camelote prétentieuse au milieu de ces murs minces d’appartements  construits en série.”

 

Une réforme qui replâtre est le contraire d’une réforme en profondeur, structurelle. Une réforme qui ne fait que ravaler la façade. Replâtrer n’est pas forcément donner un coup de jeune comme pour le faux mot anglais lifting (face-lift en anglais). Replâtrer, c’est plutôt boucher les lézardes. Replâtrer sert donc à masquer la réalité. Un replâtrage n’embellit pas.

 

Les mots chéris des médias et des politiques (9)

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