Ma “ Marseillaise ”

Un universitaire français s’est récemment permis de corriger Jean-Paul Sartre dans le texte, au nom du politiquement correct : « J'ai pris partie pour des hommes [personnes] qui n'étaient sans doute pas mes amis au temps où le Vietnam se battait pour la liberté. Mais ça n'a pas d'importance parce que ce qui compte ici, c'est que ce sont des hommes [personnes] en danger de mort. » Bientôt il s’attaquera à Ronsard et à Rimbaud. Ce professeur est par ailleurs un spécialiste hors-pair de l’écriture inclusive, ce nouveau fascisme qui croit faire avancer la cause des femmes.

 

Et s’il avait raison ? Je vous propose donc la seule version acceptable de “ La Marseillaise ” (pardon : “ Le.a Marseillais.e ”). Il vous est demandé de lire ce texte, mais aussi de le chanter.

 

 

Allons enfant.e.s de la P.M.atrie
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie
L'étendard sanglant est levé
Entendez-vous dans nos campagnes
Mugir ces féroces soldat.e.s ?
I.e.l.l.es viennent jusque dans vos bras.
Égorger vos fil.lle.s, vos compagne.on.s !

 

Aux armes citoyen.ne.s
Formez vos bataillons
Marchons, marchons
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons

 

Que veut cette horde d'esclave.e.s
De traître.e.s, de roi.eine.s conjuré.e.s ?
Pour qui ces ignobles entraves
Ces fers dès longtemps préparés ?
Français.e, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter?
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage!

 

Quoi ces cohortes étrangères !
Feraient la loi dans nos foyers!
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fil.le.s guerrie.è.r.e.s !
Grand Dieu! Par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vil.le.s despotes deviendraient
Les maîtres.ses des destinées.

 

Tremblez, tyran.e.s et vous perfides
L'opprobre de tous les partis
Tremblez ! Vos projets p.m.arricides
Vont enfin recevoir leurs prix !
Tout est soldat.e pour vous combattre
S’ i.e.l.l.es  tombent, nos jeunes héro.ine.s
La France en produit de nouve.lles.aux,
Contre vous tout prêt.e.s à se battre.

 

Français.e.s, en guerrier.ère.s magnanimes
Portez ou retenez vos coups !
Épargnez ces tristes victimes
À regret s'armant contre nous
Mais ces despotes sanguinaires
Mais ces complices de Bouillé
Tous ces tigre.esse.s qui, sans pitié
Déchirent le sein de leur mère !

 

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aîné.e.s n'y seront plus
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus
Bien moins jalou.x.se de leur survivre
Que de partager leur cercueil
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre !

 

Amour sacré de la P.M.atrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie
Combats avec tes défenseur.euse.s !
Sous nos drapeaux, que la victoire
Accoure à tes mâles.femelles accents
Que tes ennemi.e.s expirant.e.s
Voient ton triomphe et notre gloire !

 

PS : Á propos de Rimbaud, Maxime Vivas a retrouvé, au fond d'un tiroir à Charlotteville, ce texte de l'auteur de “ Le.a dormeur.e du.de la val.lée ” :

“ Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleur-se-s : Des Peaux-Rouges criard.e.s les avaient pris.es  pour cibles Les ayant cloué.e.s nu-e-s aux poteaux de couleurs ”.

 

 

 

Ma Marseillaise

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