Pourquoi je l'appelle “ le banquier éborgneur ”

Je ne l’appelle pas par son nom parce qu’il se trouve que j’ai un peu connu ses parents lorsqu’ils étaient étudiants en médecine, deux jeunes gens de mon âge, fort honorables. On a pu observer que, depuis que leur fils est en pleine lumière, eux sont dans l’ombre, quasi invisibles. Il y a là un mystère, un problème de famille que je ne connais pas mais qu’un jour les historiens nous aideront à découvrir.

 

Je l’appelle par cette congruence un peu bizarre, d’abord parce qu’il est banquier. Après avoir suivi des études supérieures qui mènent normalement à la haute fonction publique, il a bifurqué vers la banque, vers un établissement aussi prestigieux que lucratif dont on dit qu’il est la mère – ou le père – de toutes les banques. Pompidou l’a avait précédé, mais après avoir enseigné pendant de longues années.

 

“ Éborgneur ” parce qu’il éborgne ou fait éborgner. Sa police officielle – ne parlons même pas de ses milices – utilise des armes que les lois de la guerre interdisent. Outre des gaz lacrymogènes surdosés les désormais tristement célèbres LBD, dont je sais des source sûre depuis au moins un an qu’ils peuvent, parce qu’équipés de viseurs holographiques, tuer une mouche à trente mètres.

 

L’ordre de viser la tête – et si possible un œil – ne vient pas du minus habens, clients des tripots et actuellement ministre de la police, mais bien du banquier lui-même.

 

Á moins que notre République ne sombre totalement dans le caudillisme, plus tard cela sera jugé, par le Tribunal de l’Histoire ou par un tribunal tout court. Le client des tripots saura se défiler. L’élève des jésuites, baptisé volontairement à l’âge de 12 ans, se retrouvera seul avec sa conscience.

 

Pourquoi je l'appelle “ le banquier éborgneur ”

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