Le DMP: pas si partagé que son nom l'indique

La technologie s’insinue aussi dans le fonctionnement des structures de soins et dans la pratique journalière. Le dossier médical dit partagé (DMP) est le dernier né de cette fusion de la médecine et de la technique, que nous dénommerons technomédecine. Il n'aura pas que des avantages...

Dans la médecine contemporaine, l’ordinateur et son écran deviennent la caution du contrat de soin qui engage le patient et le médecin. L’ordinateur partage avec le patient et le médecin le secret médical ; la machine est dans le secret. Avec le DMP le partage ne sera plus équitable. Paradoxalement, en effet, l’ordinateur, dépositaire du secret médical, le mutualise avec le patient, mais le patient peut empêcher une partie ou la totalité de l’accès au médecin dans le Dossier Médical Partagé (DMP), excluant le médecin d’une partie du secret mais n’excluant pas la machine qui doit préserver le secret en « cryptant » les données… L 'exercice de la médecine devient périlleux et le mythique dialogue singulier devient alors difficile voire impossible ! En revanche, Internet, voie royale de l’information et de la discussion transforme ce dialogue singulier en conversation conviviale, entre patients dans les forums en particulier, et entre médecins dans les listes de diffusion par exemple, l’ordinateur étant chaque fois pris à témoin. La confiance change de main, elle passe dans celles des machines! Espérons que nous ne serons pas déçus!La praxis va devoir s'adapter !

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