Indignation d'un citoyen.

 Missive envoyée au Maire du 18 ème arrdt face à l'inaction et au mépris des pouvoirs publics.

 

 

 Bernard Kalaora                                                                                           le 24 juillet 2015

 4bis rue l’Olive Paris ,75018

06 14 71 13 31

kala@noos.fr

 

 

 

 

 Monsieur Le maire

 

 Sans doute ma lettre comme toutes les autres restera sans réponse. Vous pouvez me compter parmi ceux que l’on appelle « les indignés » , selon la célèbre formule de l’essai de Stéphane Hessel, « Indignez vous » et qui a suscitée une immense mobilisation des citoyens contre les pouvoirs établis.

 Je suis indigné par les conditions inhumaines réservées aux réfugiés africains ( Soudanais, Erythréens) qui dorment à même le sol le long de la rue Pajol depuis maintenant plus de un mois et dont le nombre grossit tous les jours faute d’une solution viable et digne ( entre 200 et 300 familles dont des femmes et des enfants).

 

 Je suis indigné par l’absence des pouvoirs publics, des représentants de la ville de Paris qui font comme si le problème n’existait pas, se rejetant mutuellement  les responsabilités au mépris des droits humains et des habitants du quartier qui doivent subir et se substituer à la cécité et l’indifférence des pouvoirs publics.

 

Je suis indigné par les conditions sanitaires, absence de toilettes et de points d’eau alors que les facteurs climatiques ( canicule) sont difficiles, tous ces éléments multipliant les risques sanitaires dans un quartier déjà surpeuplé et où de nombreux enfants et adolescent zonent.

 

 Je suis indigné par la fermeture du Parc Rosa Luxembourg qui pénalisent l’ensemble des habitants. Sans doute préfère t-on voir ces pauvres gens à même le trottoir que dans les parcs de la ville de Paris, alors que le besoin s’en fait d’autant plus sentir car de nombreuses familles n’ont dans ces quartiers pas les ressources pour partir en vacances ? Sans doute est-ce la conception de l’égalité républicaine par le bas, on ferme le parc pour éviter qu’il ne soit pollué par ces pauvres gens et on en fait payer les conséquences au citoyen faute de trouver des solutions d’hébergement durables à des réfugiés sans abri.

 

 Je suis indigné par le désintéressement  de la ville de Paris mais aussi de vos services quant à la détérioration générale du quartier, de la sécurité, de l’hygiène, du tapage nocturne, du trafic en tout genre dans la rue de l’Olive et la rue Riquet. Vous vouliez faire de ce quartier la vitrine du développement durable, il devient de fait une « décharge » et une zone de non droit.


Je suis indigné par l’absence de réponse et de propositions des services publiques face à de telles dégradations des conditions de vie dans ce secteur du 18ème, laissé à l’abandon. Je ne peux croire que dans un pays   dit civilisé et éclairé par les Lumières, il n’y ait  pas de réponse possible pour rendre viable des situations, certes difficiles, complexes  mais dont on attend des décideurs qu’ils décident au mieux de l’intérêt public.

 

 

 

 Je suis indigné par le traitement inégal des quartiers, ghettos bourgeois contre ghettos de la misère, les uns suscitant la sollicitude des élus et de leurs représentants, les autres laissés à eux-mêmes.

 

 Sans doute veut-on laisser filer l’été en pensant que les problèmes se résoudront d’eux même. Excuser ma verve mais je n’en peux plus et je ne suis pas le seul. Je comprends mieux au regard de ce qui se passe à ma porte le sens de  « Indignez vous » ? Monsieur le Maire,  je vous fais une requête, partagez cette indignation et agissez, vous êtes notre représentant élu alors nous sommes en droit d’attendre des propositions pour mettre fin  à l’apathie et à l’indifférence tant vis à vis des droits de l’homme que du droit à la qualité de la ville.  Salutations indignées.

 

                                                          B. Kalaora  ( Habitant depuis 20 ans la rue de l’Olive).

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